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De la confusion entre démocraties républicaines, et anglo-saxonnes

De la confusion entre démocraties républicaines, et anglo-saxonnes

Tout conte de fée – comme tout mensonge d’État, et toute religion d’ailleurs – repose sur un principe moral bien définie. Un concept apparemment logique, apte à satisfaire les plus curieux comme les plus ignorants, puisqu’on nous demande de « croire » à un nombre infini d’invraisemblances souvent qualifiées de miracles, fatalités divines, hasards, et autres décisions « incompréhensibles » …
En deux mots, un mensonge en mesure de contenter la curiosité des Peuples, se doit de reposer sur un principe dramaturgique que chacun pourra d’autant plus aisément adopter qu’il sera nébuleux.

Or, quels sont les deux principes fondamentaux ? Le Bien et le Mal.

Le problème étant qu’il faut les définir.

Pour ce qui concerne ce second conflit mondial on choisit donc d’opposer « démocratie et dictature », ce qui peut se comprendre, à condition toutefois de ne pas écarter le fait que le second de ces concepts fut commun à deux idéologies apparemment contraires : « communisme » et « fascisme ».

Et en ce cas, quel sens accorder à ces deux mots ?

Pour ce qui est du communisme, il est couramment admis qu’il serait basé sur l’idée de solidarité : On met tout en commun, afin que personne ne soit laissé pour compte. Soit apparemment le principe républicain de fraternité.
À contrario le fascisme propose que chacun ait sa chance dans un monde qu’il aura organisé pour servir ses intérêts propres. Soit la logique impérialiste par excellence du « chacun pour soi et que le meilleur gagne ». Ceci même si, à leur début, le fascisme italien et le nazisme surent se parer de couleurs socialistes. Prétentions républicaines de solidarité vite abandonnées pour ne plus servir qu’une logique autoritaire basée sur la force.

Reste la seconde question : Quelle est la valeur communément accordée au mot « démocratie » ?

Question infiniment délicate de nos jours, car nous ramenant à l’Empire britannique, dont l’étonnante cohésion depuis des siècles résulte de son aptitude à s’adapter aux bouleversements, puisqu’il est parvenu à unir ses colonies et dominions autour d’une absence totale de principes politiques.

En effet, contrairement aux démocraties républicaines, l’Angleterre n’a jamais exprimé clairement l’idéal vers lequel elle tend en rédigeant une Constitution, se contentant de prétendre qu’une suite de décrets ayant modifié les rapports de force entre le Roi, le Parlement et le Peuple depuis l’an 1215 jusqu’à nos jours serait largement suffisant pour exprimer sa conception du monde.

Petit arrangement avec la logique politique, qui n’allait pas être sans conséquences …

L’Angleterre, un royaume à la morale fluctuante

Tout commence en 1649, lorsque les nobles et les bourgeois anglais coupèrent la tête du roi Charles 1er, puis rétablirent la royauté, inventant ainsi une sorte de démocratie, très particulière : Le roi ne serait plus qu’un paravent, les puissances militaire, religieuse, et d’argent prenant de fait le contrôle du pays.

Ainsi, en sauvegardant au bout du compte le rôle du roi, le principe directeur restait celui de la Monarchie de droit divin : « Dieu est mon droit », impliquant que naître riche ou pauvre serait une volonté divine qu’il importe de respecter, sans chercher à changer l’ordre établi.
Ce qui permit, au cours des siècles, d’oublier de rédiger une quelconque constitution qui lierait moralement le système politique, ne serait-ce qu’en définissant nettement les principes censés être appliqués.

C’est donc dans ce montage hybride visant à impliquer le Peuple dans les décisions d’un Parlement légitimé par la personne du roi, donc par Dieu, que l’on décida d’agrandir le cercle des puissants afin de renforcer encore le pouvoir exécutif.
Selon ce principe, aussitôt qu’une personne, quelles que soient ses origines, contribuait d’une manière ou d’une autre à la fortune ou à la renommée de l’Empire, elle se retrouvait anoblie, puis intégrée à l’élite. À une échelle plus modeste, on lui donnait accès à quelques clubs très fermés, ou à certains réseaux tels la Franc-maçonnerie.

De nos jours, ce mode de gouvernement est maintenu par ce que les Britanniques revendiquent comme une « tradition », un respect du passé et autres arguments populistes. En réalité, une manière bien à eux de ne se lier à aucun principe autre que l’intérêt immédiat, puisque le Parlement conserve juridiquement le pouvoir de modifier par une simple loi les institutions du royaume ainsi que les droits fondamentaux des sujets, sans être astreint à respecter une constitution nettement établie.

Soit ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui, de manière plus fleurie, les impératifs de la « real politic » qui allait lui donner le prétexte moral nécessaire à la construction d’un Empire.

Un Empire indispensable au développement du pays puisque la Grande Bretagne n’a dû sa prospérité qu’à sa capacité à s’enrichir au détriment des autres. Sans cette manne ses populations étaient réduites à la famine, ou à l’exode.

Le fait d’habiter une île sans grande ressources avait donc d’abord poussé les Anglais à envahir la France au cours de la Guerre de cent ans, puis à construire une flotte qui leur donnerait enfin un accès sans limite à ces richesses qui leur manquaient tant.
Il ne faudra donc jamais perdre de vue que l’Angleterre était, et demeure, une monarchie agressive. Le fait qu’elle soit devenue au fil du temps une monarchie parlementaire et que son souverain n’ait plus le pouvoir de décider seul de son destin ne changeant strictement rien à l’esprit de son gouvernement, puisqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale les parlementaires des deux Chambres étaient toujours, pour la plupart, soit aristocrates de vieilles souches, soit des industriels ou financiers anoblis, ou distingués par leur rang de fortune.
Ceci même si le Parliament Act, adopté en 1911, réduisait notablement le pouvoir de la Chambre des Lords pour accorder le pouvoir législatif à la Chambre des Communes – dont les membres représentant chacun une circonscription sont toujours élus au suffrage universel – puisqu’en réalité l’accès en politique restait, sinon en principe du moins en pratique, interdit aux gens du peuple, en tous cas sans grande ressources, car il fallait payer de lourdes charges pour pouvoir se présenter à des élections.

La société anglo-saxonne des deux côtés de l’Atlantique fonctionnait donc, et fonctionne toujours, sur ce qu’il est convenu d’appeler « la méritocratie ». En d’autres termes : Seul celui qui, par ses talents quels qu’ils soient, pourra renforcer le système survit. Et tant pis pour les autres !

Ce qui nous amène à résumer cette forme très particulière de gouvernement comme la volonté clairement affichée de maintenir les privilèges des « plus forts », ceux qui « ont réussi ».

En un mot : Une ploutocratie.

Religions, démocraties, républiques

  • Autre nuance totalement estompée par les médias formateurs de pensée unique : La différence, pour ne pas dire le manque total de correspondance, entre ce qu’ils appellent communément les « pays protestants », mélangeant dans un volontaire contre-sens la religion protestante réformée luthérienne ou calviniste, issue d’une contestation des dérives de l’église catholique à l’époque de la Renaissance ; et l’Anglicanisme, dont l’origine remonte à la décision du roi Henri VIII d’Angleterre de séparer son pays de l’église catholique et de faire du roi le chef suprême de l’église d’Angleterre, suite au refus du Pape de lui accorder le divorce d’avec sa femme Catherine d’Aragon, pour épouser Anne Boleyn.
    En réalité, ce schisme d’avec l’église catholique lui permit surtout de confisquer les biens de l’Eglise de Rome – possédant en ce temps près d’un tiers des terres – et de réduire notablement sa puissance politique, sans pour autant reconnaitre pour sienne l’église protestante réformée qu’il condamna également sans ambiguïté.

En fait, il s’agissait surtout d’affermir son pouvoir personnel en se débarrassant du contre-pouvoir religieux, soit une forme subtile de dictature.

Pour bien comprendre la portée de cette décision d’Henri VIII, il convient de rappeler que, tout comme le Sénat de la Rome républicaine s’appuya sur les prêtres pour légitimer l’avènement du système impérial et la divination de la personne de l’Empereur, donc la fin de la République, la société chrétienne avait amené la même perversion du système afin de spolier les Peuples de leurs droits légitimes à la démocratie.

En effet, si l’on veut bien se souvenir que les principes essentiels de gouvernement des sociétés humaines furent, depuis le début de l’humanité, appuyés sur trois pouvoirs : Celui du Roi, celui du Peuple et enfin le pouvoir religieux censé servir d’arbitre impartial, le fait d’unir durablement royauté et religion par une convergence d’intérêts n’avait rien d’innocent, car le fait de laisser face-à-face deux pouvoirs, – d’un côté Royauté et Religion et de l’autre le Peuple – amène systématiquement une confrontation dans laquelle ce dernier est rarement vainqueur …

Or, Henri VIII en instituant une religion d’État, donc lui étant entièrement soumise, allait encore plus loin dans sa quête de pouvoir absolu et de domination sans partage sur son Peuple.

Et nous constatons qu’avec la réforme protestante « luthérienne » il s’agit par opposition à cette sorte de « coup d’état » d’Henri VIII, d’une remise en question de cette déviation que fut l’alliance de l’église catholique, en théorie puissance uniquement spirituelle, avec une puissance matérielle telle la royauté.
N’oublions pas en effet que cette notion de royauté héréditaire « de droit divin » n’existait pas dans l’organisation politique originelle des peuples d’Europe. Avant cette déviation, tout comme au temps de la république romaine, le chef était élu.

Et personne ne s’étonnera de ce que cette réforme ait vu le jour dans les anciennes contrées païennes dites « barbares » de tous temps opposées à la Rome impérialiste … 

Car en histoire, tout est lié. Sans cesse.

Retenons donc de ses leçons que n’ayant que les apparences du protestantisme réformé  – puisque l’idée essentiellement catholique de  « droit divin » et de prédestination est préservée – ce protestantisme de circonstance instauré par Henri VIII – puis encore développé par la Reine Elisabeth 1ère qui dosera soigneusement les apports de la Réforme et les principes catholiques afin de ne pas nuire aux principes de monarchie héréditaire – doit être considéré comme une autre différence essentielle entre les pays anglo-saxons et les pays réellement protestants réformistes en majorité d’Europe du Nord, puisque même si les fondateurs du mouvement tels Luther, Calvin, ou Zwingli, ne remirent que partiellement en question l’idée de légitimité divine, leurs successeurs, après la Guerre de trente ans, amenèrent le concept d’égalité de chacun au regard de Dieu et entre les hommes.

Soit une remise en cause progressive, mais sans équivoque, de l’idée de prédestination, donc de droit de succession monarchique, et fondement des principes républicains.

Puis vint le 18ème siècle, dit « des Lumières », au cours duquel les Rois accordèrent de plus en plus de pouvoirs aux représentants des Peuples.

À l’issue de ce changement profond, on rédigea en 1776 la déclaration d’Indépendance des États-Unis puis, avec la Révolution française de 1789, la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

Moment de l’Histoire des civilisations, où commencèrent à s’affronter deux conceptions du monde :

–  D’une part, celle de la Démocratie républicaine basée sur un principe de solidarité : « Liberté, égalité, fraternité » et sur les droits de l’Homme.

Modèle de pensée impliquant l’idée, d’influence protestante mais également suivie par une catégorie importante de catholiques, selon laquelle l’homme est responsable de son prochain et ne peut s’en remettre uniquement à la volonté de Dieu. Qu’il n’y a aucune « fatalité » ou punition divine, et que son devoir est d’élever les autres jusqu’à les amener à un pied d’égalité. Principes de solidarité suivis à ses débuts par la toute jeune République américaine.
– Et de l’autre les conceptions royalistes, selon lesquelles Dieu, en régisseur éclairé, aurait donné à chacun selon ses mérites : Au Roi un trône, au Misérable sa charge, et au Puissant la fortune. Et qu’il n’y aurait rien à changer à cette règle du « Chacun pour soi et Dieu pour tous ».

Cette différence essentielle dans la conception même de la politique et des rapports humains fut, pour bonne part, à l’origine des guerres du 20ème siècle car la logique anglo-saxonne qui finit par s’imposer aux États-Unis, basée sur la philosophie darwiniste et eugéniste selon laquelle « seul le plus fort survit », mais également sur la légitimité divine également accordée par extension aux gouvernements dits « démocratiques », ne pouvait que s’opposer aux notions de solidarité et de laïcité proposées par les Républiques.

Ainsi, même si l’on peut avancer que l’Angleterre « protestante » fut le « berceau de la Démocratie » car dans l’Histoire récente elle fut la première à avoir coupé la tête de son souverain pour imposer l’autorité d’un Parlement, elle ne devint jamais une République au sens français du terme, puisqu’elle s’abstint toujours de trancher sur les questions essentielles de « Fraternité » donc de solidarité,  mais également « d’Égalité » entre les hommes et les races devant la Loi, pour revenir très rapidement aux conceptions catholiques de droit divin et de pouvoir héréditaire, mais également impérialistes de « suprématie de la race blanche » sous couvert de christianisme et du « devoir » de civiliser.

En effet, la seule notion commune adoptée fut celle de « Liberté » car, nous l’avons vu, celle-ci est adaptable à toutes les sauces, notablement lorsqu’il s’agit de faire la guerre à un pays, ou d’y fomenter une révolution, au nom de la « liberté d’entreprendre ».

D’ailleurs comment l’Angleterre aurait-elle pu adopter des principes d’égalité, ou abandonner l’excuse d’une « mission civilisatrice » soi-disant chrétienne, puisqu’elle entrait avec Oliver Cromwell, grand apôtre de cette « démocratie » de circonstance, dans l’ère de ses conquêtes coloniales, donc de l’esclavage ?
Une conception du colonialisme que ne renia pas la droite française, tout aussi anti républicaine et royaliste que les Britanniques.

Et nous avons dans cette communauté d’intérêts impériaux la genèse de la future alliance des partis de droite européens, lorsqu’il s’agira d’amener Hitler à déclarer la guerre à l’URSS. Et donc les raisons pour lesquelles il fallait absolument éviter de voir sa faible armée détruite dès la Bataille de France. Mais n’anticipons pas.

Voyons plutôt de quelle manière les philosophes parvinrent à traduire cette opposition fondamentale dans l’esprit des Peuples, car on aura bien compris que, sans une propagande parfaitement orchestrée autour d’une idéologie définie, il est difficile de s’en faire obéir.

Les intellectuels prennent position

Pour ce qui concerne les Démocraties anglo-saxonnes s’imposa donc fort logiquement l’idée selon laquelle l’intérêt de tous serait l’addition des intérêts particuliers.

Thèse s’appuyant sur les écrits du philosophe et économiste du 18ème siècle Adam Smith soutenant que l’Homme, étant essentiellement motivé par la perspective d’améliorer avant tout son propre sort, agirait In fine quand même pour le bien de la société toute entière, puisque les humains étant dépendant les uns des autres, chacun est utile à tous.

Ce qui revient à dire que le colonialiste ou l’esclavagiste finit de toute façon, au bout du compte, par faire évoluer dans le bon sens les peuples soumis, ou que le puissant, même s’il tient ses ouvriers dans la misère, le fait pour leur bien, puisqu’il leur offre la possibilité de travailler, donc de survivre.

Soit, là encore, la logique impérialiste dans sa plus belle conception.

Conception contredite par la Démocratie républicaine d’Europe continentale, défendue à la même époque par Jean Jacques Rousseau, pour laquelle l’intérêt général prime sur le particulier.
Soit une des idées fondatrices de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen qui dans son article six précise : « La Loi est l’expression de la volonté générale. »

Ce qui implique évidemment un consensus autour d’une morale bien définie interdisant d’aller contre l’intérêt général, et ramène à son article deux : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

Texte évidemment complémentaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. »

C’est donc sur ces principes affirmant que le citoyen est au service d’un État, lui-même garant de la Constitution, que le grand mouvement démocratique républicain ayant enthousiasmé les États-Unis et l’Europe en portant haut les idées humanistes de paix universelle, de justice sociale, d’égalité des droits et de respect du droit des Peuples – donc anti-esclavagiste et anti-impérialiste – animé par des idéalistes puissamment soutenus par leurs opinions publiques, mais également par le grand capital national, fut fondé.
Et l’on ne s’étonnera pas qu’il déplaisait tant – et déplait toujours malgré les apparences – au Grand capital international apatride bien plus partisan des principes : « Dieu est mon droit », « Moi d’abord » « le plus fort a raison » et tout ce que l’on commence à si bien connaître, en ce début de 21ème siècle, de la morale anglo-saxonne.

Pour résumer : Le concept de Démocratie n’a pas, pour les Anglo-saxons, le même sens que celui que nous lui donnons en France, et plus largement dans nos vieilles sociétés européennes : Un Anglais ou un Américain, raisonnera selon le principe darwinien de la sélection naturelle et de volonté divine, alors que dans notre conception, largement influencée par l’idée républicaine d’égalité et de fraternité, mais également dans l’esprit des démocraties protestantes des pays nordiques, même monarchiques, ou encore de certaines Républiques, même à majorité catholique, il convenait, et c’est d’ailleurs toujours vrai aujourd’hui car trop l’ont oublié, d’aider le plus faible en l’éduquant et en l’élevant. De se montrer solidaire, afin de lui permettre d’être votre égal.

Tout ceci en respectant la part du pouvoir spirituel comme indépendant des deux autres, puisque concernant uniquement la conscience des Peuples censés avoir un droit de vote débarrassé de toute influence « divine ». Ce principe de laïcité, inscrit dans la Constitution, remplace donc le pouvoir politique d’une Église réputée trop investie dans la sauvegarde des principes monarchiques.

Le principe de « monarchie de droit divin », selon lequel Dieu ordonnerait le monde selon Sa volonté, que la richesse comme la pauvreté des sujets dépendrait de Son unique autorité et qu’il n’y aurait pas à s’y opposer, disparait.
Ainsi l’église catholique, en tant que soutien de la monarchie et de « l’ordre divin », a perdu son pouvoir à la Révolution française, et le général Bonaparte, propagateur de cette idéologie nouvelle en Europe, a immédiatement été considéré comme l’ennemi à abattre par les tenants des principes monarchiques.

En tous cas, jusqu’à ce qu’il se fasse couronner Empereur par le Pape… »

Fin de citation Le Grand mensonge du XXe siècle Tome 2 Controverses sur quelques trahisons « oubliées »

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La vérité sur la supériorité de l’industrie militaire du Reich

La vérité sur la supériorité de l’industrie militaire du Reich

Suite aux dispositions du traité de Versailles, l’Allemagne ayant perdu ses colonies et de vastes territoires en Europe, les matières premières lui faisaient cruellement défaut.
Sur
les 30 matières nécessaires à la fabrication d’armes, le Reich n’en possédait que sept en quantité suffisante, tandis que nickel, zinc, tungstène, molybdène, chrome, béryllium, platine et bauxite manquaient totalement.

Il manquait également chaque mois 600 000 tonnes d’acier ce qui amena, en décembre1939, le général d’infanterie Karl-Heinrich von Stülpnagel, chef de la Section logistique de l’état-major de la Wehrmacht, à rédiger un mémoire spécifiant qu’aucune attaque contre le front fortifié franco-belge n’aurait la moindre chance de réussite avant le printemps de 1942.
Voici ce qu’écrit Mr. Tooze sur ce sujet délicat : « La production de munitions pour l’infanterie dégringola. La fabrication de bombes à mortier cessa carrément au printemps de 1939. La production d’obus d’artillerie continua mais sans bande de guidages en cuivre.
Et la production de munitions ne fut pas la seule touchée.

La pénurie d’acier de construction était telle à la fin de 1939 que 300 bataillons d’infanteries n’avaient pas de baraques ou de garages dignes de ce nom. L’armée allemande avait pris de telles dimensions qu’on ne pouvait plus la loger que sous la tente. En juillet 1939, les coupes touchèrent même les programmes d’armes de l’armée de terre.

Les plans originaux pour 1939 – 1940 prévoyaient la production de 61 000 mitrailleuses modèle 34, la nouvelle mitrailleuse légère qui devait donner aux escadrons d’infanteries leur puissance de feu de base. Après la réduction du quota d’acier de l’armée de terre, cet objectif fut ramené à 13 000 seulement.

De même, les objectifs pour l’obusier de campagne léger de 10,5 cm, la pièce maîtresse de l’artillerie allemande, furent ramenés de 840 à 460. La production de la carabine 98K classique de l’infanterie devait complètement cesser à compter de l’automne 1939.

Le plus spectaculaire, peut-être, à la lumière de la suite des événements, concernait le programme de chars qui prévoyait de produire 1200 chars de bataille entre octobre 1939 et octobre 1940 et qui fut alors réduit de moitié. Au total 34 des 105 divisions du temps de guerre seraient gravement sous-équipées. S’agissant des unités de remplacement responsable de la formation de nouvelles recrues, 10 % seulement avaient des armes. (-)

Les stocks de munitions de la Wehrmacht ne couvraient que 14 jours de combats intenses. La Luftwaffe fut pareillement touchée.
En contraste avec les visions expansives de 1938, 1939 fut une année de marche arrière. (-) Les objectifs de 1939-1940 furent progressivement réduits, tout comme la gamme des avions inclus dans les plans. (-) À compter de janvier 1939, le plan 10 ramena l’objectif à 8 299. Élaboré en juillet 1939, le plan 12 le réduisit encore de 20 % pour tous les appareils autres que le JU 88. Afin de préserver ce dernier programme, le plan 12 envisageait l’élimination accélérée des modèles plus anciens comme le JU 87 Stuka. »

Et cette situation catastrophique début 1939, va encore se dégrader : « Au lieu d’un maximum « idéal » de 375 millions de cartouches de munitions pour l’infanterie par mois, l’allocation de matières premières, à compter de juillet 1939, permettrait la production de moins de 37 millions. Au lieu de 650 000 cartouches antichars de 3,7 cm par mois, l’industrie allemande n’en produirait que 39 000. Au lieu de 450 000 obus par mois pour les obusiers légers, 56 300.

Le graphique (-) qui fut présenté à Hitler en juillet 1939 démontre que si la production d’armement était arrivée à un pic maximum de 80 en Mars 1939, elle était retombée à 15 en Juillet et qu’il n’y aurait aucune possibilité de l’augmenter au vu de l’état actuel de l’approvisionnement en matières premières et au vu des finances de l’État.

L’Allemagne ne produit donc pratiquement plus d’armes à partir de juillet 1939 et n’aura plus les moyens d’en produire avant très longtemps. Elle est en faillite. Et Hitler le sait parfaitement. (-)
Entre septembre 1939 et janvier 1940, après une première remontée depuis le creux atteint dans l’été 1939, la production allemande de munitions stagna. La situation des secteurs de la Luftwaffe, où les coupes claires de l’été 1939 ne tardèrent pas à manifester leur plein effet, était pire encore. »

Fin de citation (Tooze Le salaire de la destruction Pages 304, 305, 314, 341)     

Selon le colonel Goutard : « À cela s’ajoutait dans l’industrie aéronautique une méconnaissance complète des règles les plus élémentaires de la production nationale, écrit le colonel Werner Baumbach[1]. On aurait pu imaginer qu’en régime de production dirigée, chaque entreprise fut spécialisée : Messerschmitt construisant des chasseurs, Junkers des bombardiers lourds, Heinkel des bombardiers moyens etc. Or chaque constructeur mettait son point d’honneur à figurer dans tous les compartiments ! Messerschmitt construisait à la fois des chasseurs, des avions de transport « géant », des appareils de reconnaissance, des bombardiers, des planeurs etc.…

Chez Junkers, la dispersion était encore plus effrayante ! L’effort se répartissait sur de multiples modèles : 17 types et trois variantes pour 1939 ! » Et Goutard de conclure : Si des erreurs ont été commises dans la production française, ils ont été largement compensés par les erreurs de la production allemande ! »

Fin de citation (Colonel Goutard La guerre des occasions perdues page 63)

La question est donc : Comment cette légende de la supériorité de l’armée allemande a-t-elle pu perdurer si longtemps ?

Les sornettes officielles fondées sur les déclarations des généraux responsables de la défaite

Pour le savoir, tournons-nous vers les artisans de la fable, ceux qui fondèrent l’histoire officielle en écrivant la partition à partir de laquelle les historiens devaient accorder leurs plumes.
Je cite ici le général Georges, N° 2 de l’armée française, en charge du front Nord-Est en mai 1940, mais également, nous le verrons, principal artisan de la trahison.
Dans sa préface au livre de « Souvenirs » du général Roton, son chef d’état-major, il affirme : « Je l’ai dit et le confirme : L’Allemagne disposait en 1940 d’une large supériorité en division blindée et d’une supériorité plus encore écrasante en aviation (chasse et surtout bombardement). Il eût fallu pour y répondre disposer de moyens de même ordre. Mais nous étions pauvres en formations blindées, plus pauvre encore en aviation. Bien plus, l’absence de matériel blindé de réserve, le rendement de nos fabrications, insuffisant dès l’abord et progressivement réduit au fur et à mesure de l’invasion, nous privait d’éléments de rechange indispensable en raison de l’usure rapide de nos propres formations cuirassées. En sorte que, chaque jour, leur puissance allait en diminuant, cependant que les Allemands, bien pourvue en matériel de remplacement, pouvaient maintenir dans la bataille leur dix « Panzer », constamment recomplétées. »

Fin de citation (Préface du général Georges au Général Roton Années cruciales page XI)

Voilà pour la version autorisée, qui donne en postulat la faiblesse de l’armement français, au regard de la « Kolossale » puissance allemande, allant jusqu’à prétendre que le matériel allemand était constamment renouvelé, alors que les Français ne pouvaient recompléter le leur. Ce qui, selon les archives que nous connaissons et les études les plus récentes, est l’exact contraire de la vérité !!

Pourtant, comment imaginer que le général Georges, commandant en chef sur le Front Nord-est, ou Roton son chef d’état-major, ne connaissaient pas parfaitement le compte exact de leurs troupes et de leurs armes, tout comme celui de leur adversaire ?

Des chiffres réels pourtant accessibles dès 1956

Pour répondre au général Georges, le colonel Goutard est monté aux créneaux : « Mais que savons-nous de cette armée ennemie ? Une des caractéristiques les plus curieuses des mémoires de nos généraux et des relations des historiens officiels ou conformistes, est l’ignorance dans laquelle ils nous laissent de la situation réelle, matérielle et morale, de l’armée allemande de 1939 et de 1940. Comme elle nous a vaincus, ils nous la présentent comme un instrument formidable et irrésistible. »

Fin de citation (Goutard La guerre des occasions perdues page 12)

Puis il nous donne en 1956 un état de l’armement français, très comparable à celui que nous avons finalement admis, nous confirmant que l’armée française avait largement rattrapé son retard :

« Le « plan de quatre ans » et ses additifs devait permettre de créer deux divisions cuirassées et une troisième division légère mécanique, de porter à 10 le nombre des divisions motorisées et à 54 le nombre de bataillons de chars indépendants. (-) Or, les quantités suivantes sont sorties de fabrication avant la fin de mai 1940 :

Chars lourds B :   387 Pour un programme de 396.

Chars moyens D : 260 (ne figuraient pas au programme de 1936).

Chars légers (R, H, ou FCM) : 2791 Pour 2430 prévus.

Canon de 25 :   6000 Réalisés d’après la direction des fabrications,
4558 selon Gamelin.
6200 selon la direction des programmes                 

Canon de 47 : 1280 programme initial de 612, porté en 1937 à 2160.

Mortiers de 81 : 5000 pour un programme de 4800.

Mortiers de 60 : 5000 selon le général Gamelin.

6200 selon la direction des fabrications                      
Pour un programme initial de 4000, porté en 1939 à 6000.

Chenillette : 4300 selon le général Gamelin.

6000 selon la direction des fabrications

Pour un programme de 5000.

Fin de citation (Goutard, La guerre des occasions perdues pages 48, 49 et 50)

Chiffres auxquels ont peut ajouter 3 500 véhicules semi-chenillés Citroën-Kégresse, 2 500 tracteurs Laffly à roues, 500 chenillettes d’infanterie Lorraine. Soit un total de plus de 12 500 véhicules spécialisés.

Ainsi, comme le confirme le colonel Alerme, pourtant collaborationniste et partisan déclaré du Maréchal : « Les combattants de 14-18 avaient terminé la guerre avec des moyens qui l’emportaient sur ceux de leurs adversaires. Or, à l’automne 1939, ces moyens, notre armée les possédait toujours, perfectionnés, modernisés, pour une grande partie, multipliés aussi. Les corps de troupes, les arsenaux, les magasins et les dépôts disposaient d’un armement qui s’élevait à plus de quatre cent milliards. (-) On ne saurait prétendre que nous étions médiocrement armés ».
Fin de citation (Colonel Alerme Les causes militaires de notre défaite)  

Cet effort de réarmement avait été réalisé par le gouvernement socialiste sous la présidence d’Édouard Daladier qui, avec le concourt de son ministre de l’armement Raoul Dautry, organisa et rationalisa la production en nationalisant certaines entreprises, en constituant des stocks importants de matières premières stratégiques, en modernisant les outillages et en décentralisant les sites de production hors des zones de combat prévisibles. Ce qui permit un doublement rapide des capacités de production.

Quant à la qualité comparée de ces matériels

Concernant les chars, reprenons les démonstrations de Mrs. Frieser et Lormier.

Dans leurs exposés respectifs nous notons sans surprise que le spécialiste allemand va trouver plus de qualités aux chars français, notamment en termes de blindage et d’armement, afin de remettre en cause la suprématie des Panzer, tandis que M. Lormier estimera les blindés allemands, plus rapides et vifs à la manœuvre, moins gourmands en essence, ceci afin de mettre en avant le courage et la qualité des équipages français.

Il s’agit là de réflexes normaux d’auteurs. Rien d’étonnant ni de critiquable dans cette façon de traiter le sujet car, au bout du compte, ces historiens sont honnêtes et parfaitement d’accord pour reconnaître que les Somua et les chars B et B1 français étaient supérieurs aux meilleurs chars allemands, que seuls les canons de 75mm des Panzer IV avaient une chance de percer leurs blindages, tandis que le canon de 47 mm français pouvait percer tous ceux des Panzer.

Rappelons que le Panzer IV, le plus puissant des chars allemands, avait un blindage de 30 mm, alors que celui du char B français faisait 60 mm et que celui du char d’infanterie britannique Matilda, était de 80 mm.

Ce qui situe le problème, car si les 400 chars Somua français équipés d’un blindage incliné d’environ 50 mm en fonte de haute qualité et spécialement profilé pour faire ricocher les obus étaient, selon M. Lormier « considéré comme le meilleur blindé de ce début de conflit mondial, (-) parfait compromis entre puissance de tir, vitesse, autonomie et protection. Il surpasse ses adversaires allemands en de nombreux points », et si les chars lourds B1 étaient pratiquement invulnérables, ils se retrouveront bizarrement en panne sèche au beau milieu des combats lorsque, par extraordinaire, on parviendra à les faire monter en ligne.

Ce que nous verrons en détail[2], au moment d’étudier les différents actes de la bataille.

En attendant, voyons ce que valaient réellement les chars allemands : Le Panzer 1, à l’origine un véhicule d’entraînement, était seulement armé de deux mitrailleuses. Le Panzer 2, armé d’un faible canon de 20 mm, était nettement insuffisant même contre les automitrailleuses alliées.

Ces deux modèles légers représentaient presque les deux tiers des Panzer au cours de la bataille de France.

Dans la gamme des chars moyens et lourds, le Panzer III et les deux modèles tchèques n’étaient équipés que d’un faible canon de 37 mm, et même si de nombreux modèles avaient été transformés et armés d’un canon long, le Panzer IV, pourtant considéré comme à la pointe de la technique allemande, ne portait dans sa version originale qu’un canon court de 75mm et de ce fait, avait une précision et une portée fort limitée.

Selon Dominique Lormier, il était seul efficace contre les chars français D2, Somua S35 et B1bis, mais devait s’approcher au plus près des chars ennemis pour avoir une chance de les atteindre et même à cette distance, n’avait que peu d’espoir de transpercer les blindages des chars lourds alliés.

Le général Halder, parlant de ses Panzer, les juge ainsi :

– Pz I : seulement bon contre un ennemi faible et démoralisé.

– Pz II : un petit peu meilleur, pas bon contre les chars.

– Pz III : bon contre les chars ennemis. L’effet de ses armes est faible. Même remarque contre l’infanterie ennemie.

– Pz IV : bon contre les chars ennemis. Bon effet de ses armes aussi contre l’infanterie ennemie. »

En conclusion, la grande masse des chars légers allemands Type : Pz I et II, étaient totalement inefficaces contre les chars alliés et même contre leurs automitrailleuses, plus fortement blindées et plus mobiles.
Ainsi, pour estimer les forces en présence, il suffit de régler le problème du nombre de chars P 1 et P2 mis en ligne.

Par exemple, M. van den Bergh, en a compté 2389. Puis a rajouté 429 Pz III, 296 Pz IV et 391 chars tchèques, et là les chiffres correspondent à ceux de Frieser ou de Wikipédia.

Et c’est bien l’essentiel, puisque ces 1 116 Panzer lourds et moyens seront seuls aptes au combat contre les 735 chars français lourds et moyens type Somua et B1, et les 1400 Chars Renault R 35 et R 39.

Soit un rapport de force de plus du double pour les alliés !
Nous pouvons donc estimer, ainsi que tous les historiens en ont convenu aujourd’hui, que le combat était rarement inégal du fait de la qualité, ou la quantité du matériel.

Je suis donc en mesure de citer ici quelques chiffres donnés par M. Karl Heintz Frieser (Le mythe de la guerre éclair : pages 51à 53 et 59 à 64) autour desquels il semble finalement y avoir consensus, puisqu’ils sont utilisés à la fois par les Anglais et les Allemands : (Jacobsen, Fall Gelb- page 258 – 259 ; Umbreit : The Battle for hegemony » page 279), et même les Canadiens comme Benoit Lemay, ou le Français Dominique Lormier, qui parviennent à peu près à s’entendre sur l’essentiel.

Concernant le nombre de divisions : 
Pour les Allemands : 135 divisions, y compris 42 divisions de réserve très mal équipées et formées. Notons qu’au début de la campagne seules 93 divisions participent à l’assaut.

Pour les Français : 104 divisions, y compris 11 divisions de réserve.

Pour les Britanniques : 13 divisions, dont trois n’étaient pas au complet, mais auxquelles il convient de rajouter deux autres divisions, dont la première blindée, qui seront amenées sur le front pendant la bataille. 

À ces divisions franco-britanniques il faut également ajouter 22 divisions belges et 10 néerlandaises.

Soit au 10 mai 1940, un total de 135 divisions allemandes, contre 151 divisions alliées.

Concernant l’artillerie :

Pour les Allemands :            7 378 canons
Pour les Français :               10 700       
Pour les Britanniques :          1 280       
Pour les Belges :                   1 338
Pour les Hollandais :                656

Soit un Total de 7 378 canons allemands contre 14 000 pour les alliés.

Concernant les chars :

Pour les Allemands :     2 439   chars    
Pour les Français :         3 250   chars sur un total de 4 111 sans compter les 250 stationnés dans les colonies.     
Pour les Britanniques :     310 chars au 10 mai auxquels il faut rajouter les 330 chars d’assaut de la première division blindée qui débarqueront d’ici fin mai. Soit un total de      640   chars   
Pour les Belges :                         270   chars     
Pour les Hollandais :                   40   chars environ     

Soit un total de 2 439 chars allemands contre les 4 204 chars alliés.

En réalité, si les chars alliés furent détruits en masse, c’est essentiellement : Soit parce qu’ils ne furent pas approvisionnés en essence, soit parce qu’ils furent touchés par les bombardiers allemands, en particulier les Stukas.
Et la question se pose : Pourquoi les Panzer n’eurent-ils pas à subir les mêmes attaques ? Amenant une réponse sans ambigüité : Tout simplement parce que les avions français n’étaient pas là.
Alors qu’en réalité, là encore, ils étaient plus nombreux …

Concernant l’aviation

Selon la version officielle, la suprématie allemande dans les airs était due à un manque d’avion du côté allié, comme à la vétusté du matériel et à l’inexpérience des pilotes.

Considérons donc dans un premier temps le nombre total d’appareil dont disposait chaque pays, puis ceux qui seront effectivement engagés au cours de la bataille :

Pour l’Allemagne :                   3 864 avions de combat au total.
Parmi ceux-ci :                        2 756 seulement prêts à intervenir.
Mais sur ce chiffre il faut retirer ceux qui étaient en ligne en Norvège, il reste donc 2 589 avions pour le front français.

Pour la France :                      3 562 avions de combat au total (2 402 avions de chasse et 1 160 bombardiers) auxquels il faut ajouter 1 464 appareils de reconnaissance, donc en tout, 5 026 appareils.
Parmi ceux-ci :                           879 seulement prêts à intervenir sur le front du Nord-Est.

Pour la Grande-Bretagne :        1150 avions de combat au total
Parmi ceux-ci :                          384 stationnés sur le front français. Les autres intervenants au besoin, depuis les bases britanniques.

Pour les Belges :                      140 avions de combat au total.
Parmi ceux-ci :                          118 prêts à intervenir

Pour les Hollandais :                   82 avions de combat au total.
Parmi ceux-ci :                            72 prêts à intervenir.

Soit un total de 2 589 avions allemands engagés sur le front, contre seulement 1 455 avions alliés.

Il s’agit d’avions techniquement comparables.

Ici, nous constatons que la suprématie allemande annoncée est effective dans les airs le 10 mai, mais qu’en considérant les chiffres de la totalité des forces disponibles, les Alliés avaient bien plus d’appareils à leur disposition. Notamment plus de 5 000 pour la France. Et bien entendu, nous nous demanderons où ils sont passés…

Extraits du Tome N° 1 de la Série le Grand mensonge du 20ème siècle : La trahison militaire française. – 80 ans de mensonges d’États.

[1] Werner Baumbach : Zu spät ! Richard Pflaum Verlag, Munich. Le colonel Baumbach commandait à la fin de la guerre l’ensemble de l’aviation de bombardements allemande.

[2] Voir tomes 2, 3, 4, 5 et 6

Une Omerta mondiale

Une Omerta mondiale

Nous nous souvenons avoir entendu le général Jauneaud dénoncer la présence à son procès de deux officiers anglais, estimant qu’elle n’était : « pas fortuite dans l’enceinte d’un tribunal réuni pour condamner au silence celui qui fut le plus jeune général de l’armée française, celui qui en savait trop… »

Il n’est donc sans doute pas inutile de rechercher plus avant la manière dont les Anglais ont participé au secret de famille, car nous savons bien que leur silence depuis quatre-vingt ans est aussi éloquent que celui des gouvernements français…

C’est pourquoi je propose – au cas où certains douteraient encore de la collusion de TOUS les gouvernements concernés – un chef d’œuvre du genre dans le grand registre des mensonges :

Le compte rendu du Conseil suprême interallié du 9 avril 1940.

Réunion au cours de laquelle les représentants français et britanniques (Chamberlain-Churchill, et Reynaud-Daladier) vont feindre la surprise au moment de l’attaque allemande contre le Danemark et la Norvège, alors que nous savons que les dirigeants de tous ces pays étaient avertis des intentions d’Hitler par les réseaux de résistance allemands, ceci dès les premiers jours de mars[1].

Pour nous décrire cette réunion, nous suivrons M. François Bédarida, qui consacra un excellent ouvrage parfaitement documenté sur la question, mais dont les commentaires laissent songeur …

« Le conseil suprême du 9 avril 1940 constitue un cas à part dans la série des Conseils suprêmes. Décidé à l’improviste par suite de l’invasion, apprise au petit matin, de la Norvège et du Danemark, il se tient sans préparation aucune, sans même de véritable ordre du jour.

C’est dans la matinée, au cours du Comité de guerre français réunis d’urgence à l’Elisée à dix heures, qu’est adoptée l’idée d’une concertation immédiate avec les chefs civils et militaires britanniques.

Chamberlain ayant donné lui aussi son accord, les dirigeants français (sauf Gamelin qui reste à Paris pour préparer une entrée éventuelle en Belgique) prennent à midi l’avion pour Londres et le Conseil suprême siège à Downing Street au milieu de l’après-midi. »

Nous sommes le 9 avril. La version officielle, proposée ici par un expert, prétend que le général Gamelin, dont le rôle en tant que général en chef des armées Alliées est AVANT TOUT de participer à ses réunions, aurait tout simplement décidé de rester à Paris pour préparer une « éventuelle entrée en Belgique » …

En réalité, nous savons que le plan Dyle Breda est défini depuis novembre, et que si son concepteur est bel et bien occupé au point de ne pouvoir assister à cette réunion, c’est qu’à cette date il est en train de le modifier totalement pour y adjoindre le « piège sur la Meuse ».

Un piège dont tous ses alliés sont avertis, du moins au plus haut niveau !

Autre invraisemblance notable : Si réellement, cette attaque avait été une telle « surprise », sa présence n’aurait-elle pas été plus que jamais indispensable pour convenir des suites à donner ?

Une fois de plus, tout ceci ne tient pas debout.

Voyons la suite : « Réunion organisée à la hâte (la seule comparaison possible serait avec le Conseil suprême du 27 avril, lui aussi mis sur pied en catastrophe) la séance se déroule dans une atmosphère, sinon d’affolement, du moins de précipitation, d’anxiété et d’incertitude. (-) À tous moments arrivent des télégrammes. Certains d’entre eux sont fébrilement transmis aux chefs de gouvernements et aux ministres en train de siéger. À suivre le débat on est frappé par l’allure de stratégie en chambre – pour ne pas dire de Café du Commerce – que prend à plusieurs reprises la discussion. Aussi le compte-rendu est-il sans doute le moins riche de la série des procès-verbaux du Conseil suprême, encore qu’il apparaisse instructif par l’ambiance qu’il révèle et que plusieurs questions d’importance primordiale aient été soulevées au cours des échanges. »

Il est intéressant de constater que l’auteur, même s’il est à mille lieux de suspecter le moindre désir de berner les archivistes et les historiens, note chez les participants une ambiance inhabituelle. Comme si ces messieurs étaient détachés des réalités. Sentiment que l’on retrouve en lisant le compte-rendu de la même réunion sous la plume de quatre témoins différents : Villelume, Churchill, Reynaud, et Ironside…

Voyons maintenant comment M. Bédarida va faire passer la notion de « surprise » : « C’est que les Alliés, malgré plusieurs rapports de leurs services de Renseignements ont été complètement pris de court. Personne ne semble avoir attendu le coup, ni l’avoir prévu. »  
Toujours cette magnifique naïveté apparente de la part de l’historien : « malgré plusieurs rapports des SR » …

D’ailleurs en quoi ces apports pourraient-ils intéresser le lecteur, qui n’est censé s’intéresser qu’aux analyses de l’expert !
« Comme l’écrit avec humour le général Spears : « Nous n’aurions pas été plus stupéfaits si, en regardant un film de gangsters, nous avions soudain vu de vrais gangsters sortir de l’écran. »

Je rappelle que six jours plus tôt, le 3 avril, le colonel Oster informait que l’embarquement des troupes avait commencé au port de Stetin, et que l’attaque débuterait le 9 !
Accordons donc au général Spears, chef des services de Renseignements de sa Majesté que, dans le registre des digressions savoureuses, il n’avait rien à envier à d’autres « témoins » tels Beaufre, Paillole, Ruby ou Minart.

Voyons maintenant si les Français seront aussi doués : « Paul Baudoin, qui reconnaît dans ses souvenirs que « Dans la nuit du 8 au 9 avril, la réaction allemande éclata comme un coup de tonnerre » a raconté comment, réunis de très bonne heure dans le bureau du Président du Conseil, Reynaud et ses collaborateurs, après avoir attendu avec fébrilité l’arrivée des atlas, se mettent à chercher laborieusement sur les cartes l’emplacement des villes norvégiennes mentionnées dans les télégrammes, cependant que d’aigres échanges opposent Reynaud à Gamelin. »

Voilà donc les plus hauts responsables civils et militaires, qui depuis des mois préparent une attaque en Norvège pour couper l’approvisionnement en fer du Reich, se demandant soudain où sont les principaux ports du pays !!!
Apparemment M. Baudoin – dont chacun devine déjà le rôle déterminant qu’il prit dans le limogeage de Gamelin et le renversement de la IIIe République – concourrait lui aussi pour le Premier prix, du meilleur gag à servir à l’Histoire. 

Quant à l’état-major de l’armée britannique, il s’en est également donné à cœur joie :

« Dans ses Mémoires, le général Ismay confesse que, lui qui était au centre de tout le dispositif militaire d’information et de décision britannique, s’est trouvé réveillé à l’aube du 9 avril par un appel de l’officier de service au War Cabinet qui lui annonça, en bafouillant de stupéfaction, la nouvelle de l’attaque allemande : « Tandis que je m’habillais en quatrième vitesse, commente-t-il, je compris pour la première fois de ma vie l’effet dévastateur et démoralisant de la surprise ».

Soit une première ébauche de la version du château endormi du 10 mai et la preuve matérielle incontestable de l’entente franco-anglaise quant au secret de famille puisqu’Ismay, à la tête des SR britannique, prétend n’avoir jamais entendu parler des résultats obtenus par les SR alliés depuis quelques années…  On comprend à quel point il a pu être « dévasté ». Ce qui nous ramène une fois de plus au souci constant, qu’auraient eu à la fois certains Français et Anglais, qu’il n’arrive surtout aucun mal aux Allemands.
« Or, c’est bien justement sur l’atout de la surprise que comptaient avant tout les Allemands en montant une expédition aussi peu croyable que l’opération Weserübung. Un mois plus tôt, jour pour jour, (l’amiral) Raeder, dans son rapport à Hitler, ne s’était-il pas exprimé en ces termes : « L’opération en elle-même est contraire à tous les principes de la guerre navale. D’après ces principes, elle ne devrait être exécutée que si nous avions la supériorité sur mer. Or, nous ne l’avons pas. Bien au contraire, il nous faut mener l’opération en affrontant la flotte britannique qui nous est très supérieure. »

En réalité à 99% supérieure ! Puisque nous savons qu’à cette date, après les grandes batailles sur mer de la « drôle de guerre », la flotte allemande n’existe pratiquement plus.[2]

Les derniers gros navires seront d’ailleurs coulés ou fortement endommagés au cours de cette bataille en Norvège !
« Malgré cela, le commandant en chef de la Marine estime que, pourvu que la surprise soit complète, nos troupes pourront être et seront transportées avec succès en Norvège. En bien des circonstances de l’histoire militaire ce sont les opérations mêmes qui allaient contre tous les principes qui ont réussi, mais cela à une condition : la surprise »

Et l’on constate ici que l’incontournable « effet de surprise », pilier majeur de la théorie du Blitzkrieg, a également fonctionné sur mer !

Les alliés, pourtant parfaitement renseignés sur tous les détails de cette opération allemande sur la Norvège depuis des semaines n’étaient pas là pour attendre les Allemands. Soit un nouvel « aveuglement incompréhensible » certifié par un procès-verbal du Conseil suprême interallié !

Puis le rapport décrit la suite des évènements, avant de conclure :

« Il n’y a qu’à Oslo où la résistance inattendue de la forteresse d’Oscarborg retarde quelque peu la conquête de la ville. »

Résistance « inattendue » des Norvégiens prévenus à temps par Roessler. Ce qui a coûté le croiseur lourd Blücher à la flotte allemande, coulé à l’aube par les canons du fort….

Nouvelle démonstration que lorsque quelques officiers « oublient » d’être surpris, l’addition n’est plus la même.

« Au total, dans la matinée du 9 avril, les Allemands se sont rendu maîtres des principaux ports, des aérodromes et de la capitale de la Norvège, ainsi que de l’ensemble du territoire danois : Nouvelle et éclatante démonstration du pouvoir de la guerre-éclair. »

Fin de citation (Bédarida La stratégie secrète de la drôle de guerre pages 363, 364, 365)

Magnifique conclusion de « l’expert » : La « guerre éclair » est également devenue un concept maritime.  

Après celui si révélateur du 9 avril, venons-en, avec le témoignage du général Spears, à un autre Conseil interallié au cours duquel fut évoqué l’absence d’avions français sur le front du Nord-est : « Churchill me parla du changement d’attitude extraordinaire des Français au Conseil suprême tenu à Paris le 22 avril. Il n’était plus question d’aventures extérieures mais, comme si les écailles leur étaient tombées des yeux, ils révélaient maintenant un tableau, qui n’était que trop exact, (c’est moi qui souligne) de la faiblesse des Alliés comparée à leur situation lors de la guerre précédente. « Nous nous trouvons, dit Reynaud, en face d’une supériorité croissante de l’ennemi. Le rapport actuel est déjà de trois contre deux et va être incessamment de deux contre un. » Quant à l’équipement, l’Allemagne avait l’avantage, tant en ce qui concernait l’aviation et l’artillerie qu’en matière d’approvisionnements en munitions. » 

Or, ce « témoignage » prétendant que le président Paul Reynaud n’avait, à la veille de la bataille, aucune idée des forces en présence, ne peut signifier que deux choses :

– Soit que les véritables chiffres lui auraient été cachés à la fois par Daladier, Gamelin et tous les responsables militaires et politiques, y compris les parlementaires, puisqu’il en fut débattu à l’Assemblée.

– Soit que Reynaud les ait dissimulés en parfaite connaissance de cause, toujours dans le but d’engager les Britanniques à aider plus activement et rapidement à la défense commune. Ce qui est la proposition la plus logique.

Or, dans les deux cas, le témoignage du général Spears publié en 1954 dans sa version anglaise démontre que, tout comme les autres généraux britanniques et français ayant participé à la mascarade générale, il a menti.

En effet, ainsi que nous l’avons vu dans le tome N°1, les véritables chiffres allemands étaient déjà parfaitement connus dès le 25 septembre 1939 du lieutenant-colonel de Villelume, chef du Cabinet militaire du président Reynaud. Quant aux chiffres français nous savons qu’ils étaient connus de tout l’état-major.
Ainsi comment imaginer que les SR français et britanniques, qui travaillaient ensemble depuis des mois, n’aient pas échangé ces informations essentielles ?

D’autre part, nous savons par le colonel Masson, chef des SR suisses interviewé par M. Accoce, qu’il transmettait tous les renseignements obtenus de Rudolf Roessler au vice-Consul de Grande Bretagne à Genève, M. Victor Farell.
Cette « erreur » du patron des services de renseignements britanniques (MI6) n’est donc qu’un des innombrables mensonges de la version d’États.

Autre démonstration de la virtuosité du chef du MI6 britannique en matière « d’embrouillage » : « Ce qui demeurait incompréhensible pour moi, c’était la complète paralysie du commandement français en face des évènements. Qu’ils aient été surpris, c’était normal mais qu’ils n’aient pas réagi avec courage et célérité ne l’était pas. »
En effet, quoi de plus « normal » que de se trouver « surpris » par une attaque dont on connait tous les détails ? …

« Ils semblaient n’avoir aucun plan. Aucune mesure témoignant d’une réaction virile ne paraissait avoir été prise, ou même envisagée, jusqu’à l’arrivée de Weygand. Tout cela passait l’entendement me disait-on. »

Fin de citation (Spears Témoignage sur une catastrophe page 129, 186)

Oui… C’est bien le cas de le dire. D’autant que le général Dill était présent lors de la réunion du 19 aux Bondons, et avait assuré que le plan N°4 serait exécuté sans faillir par les Anglais !

Autres curiosités méritant d’être relevées dans ce rapport du 22 avril 1940 : « M. Paul Reynaud désire tracer un tableau de la situation actuelle. Dans le domaine terrestre les Alliés se trouvent en position d’infériorité à trois points de vue :

1° Au point de vue géographique, les Allemands ont l’avantage d’agir sur des lignes intérieures tandis que les Alliés doivent monter leurs opérations sur des lignes extérieures. (-)

2° Au point de vue des effectifs

3° Au point de vue des armements.

En ce qui concerne les effectifs, les Alliés ne disposent à l’heure actuelle que d’une centaine de divisions, contre 190 divisions allemandes, dont 150 peuvent être engagées sur le front occidental. »

Sur ce point, nous savons que subtilement Paul Reynaud ne comptabilise pas les divisions belges et hollandaises, sur lesquelles il est pourtant certain de pouvoir compter, et ne rappelle pas que le 10 mai, 135 divisions allemandes, affronteront 151 divisions alliées.

« En ce qui concerne le matériel de guerre, la situation actuelle est la suivante : Les Allemands ont une supériorité marquée pour ce qui est de l’aviation et de la DCA. Ils ont sans doute également une certaine supériorité pour l’artillerie et les stocks de munitions. Il ne faut pas oublier en effet que le Reich s’est emparé d’un butin considérable en Tchécoslovaquie et en Pologne. »
Là encore, nous savons que ces chiffres sont faux. Et que tous les responsables présents le savaient parfaitement ! [3]

« Quelles sont les perspectives d’avenir à ce point de vue ? Les Alliés font incontestablement de grands efforts, mais il n’est pas possible d’attribuer à ces efforts des chiffres ou des coefficients précis de manière à établir une comparaison avec l’effort allemand. »

Nouvelle affirmation étonnante : Paul Reynaud prétend ne pas savoir de combien de matériel les Alliés disposent ! 

Et nous sommes bien, à nouveau, au carrefour des enchantements !
« Certes les Alliés ont l’avantage de pouvoir procéder à d’importants achats aux États-Unis. Mais même en tenant compte de ce dernier facteur, il est impossible d’affirmer que les Alliés pourraient acquérir une supériorité écrasante sur l’adversaire. (-)

Reste l’arme du blocus. (-)

Le problème du pétrole est particulièrement difficile, parce que l’Allemagne dispose de moyens d’action puissants fournisseur qui est la Roumanie. Si le Reich attaque ce dernier pays, il parait impossible d’empêcher qu’il ne l’occupe entièrement.

Sans doute pourrait-il arriver au puits roumains certains accidents du genre de ceux qui se sont produits pendant la dernière guerre ; mais une destruction de ces puits ne serait pas durable. »

Fin de citation (Bédarida La stratégie secrète de la drôle de guerre pages 415, 416, 417, 418)

Ici nous verrons dans un prochain tome que ce problème de saisie du pétrole roumain ne se posait pas avant l’attaque. Nous sommes donc dans le domaine de la projection.
En réalité, avertis des déclarations du sénateur Jacques Bardoux et des chiffres fournis par le général Serrigny Paul Reynaud, tout comme les plus hauts responsables politiques français, savait parfaitement qu’Hitler n’aurait pas pour plus de deux mois de munitions et d’essence pour vaincre. Estimation qu’il confirmait officiellement dans son discours au Sénat du 16 mai 1940, et corroborée par les études les plus récentes, telle celle de Mr Tooze. [4]

Et la conclusion ne laisse plus place au moindre doute : 20 jours avant l’attaque allemande, les écailles ne sont pas « tombées des yeux de Paul Reynaud ». Par contre le mensonge fondamental de la toute puissance de l’industrie et de l’armée allemande était en train de s’installer officiellement dans la logique du conte.

Le grand capital noir au cœur du complot

En réalité, nous savons parfaitement que « tout le monde savait tout sur tout le monde », non seulement sur les capacités réelles des armées, ou sur les plans qui allaient être mis en œuvre, mais également sur les intentions des uns et des autres.

Et la meilleure preuve de cette connaissance parfaite des intentions des uns et des autres, comme des grands enjeux d’ailleurs, nous ramène une fois de plus au grand capital noir et ses chevilles ouvrières par un autre exemple parfaitement explicite, celui du voyage que fit M. Jacques Allier, membre du directoire de la Banque de Paris et des Pays Bas, chargé des relations avec la Société norvégienne de l’azote, (Norsk Hydro) – que la Banque de Paris et des Pays-Bas avait contribué à créer en 1905 avec le groupe Wallenberg.
Mandaté par M. Raoul Dautry ministre de l’armement français et artisan républicain du réarmement sous Daladier, il arrivait à Oslo en février 1940, soit un mois et demi avant l’attaque allemande et alors que le plan « Manstein » était toujours à l’étude, pour demander au directeur de lui remettre les 200 litres d’eau lourde que l’usine avait produite et qui aurait pu servir aux Allemands à fabriquer une bombe atomique.

Cette eau lourde, donnée gratuitement pour qu’elle échappe aux nazis sera transférée dans les caves du Collège de France à Paris en mars, puis évacuée à Londres avant la défaite.

Soit une nouvelle démonstration que les Alliés et les pays neutres étaient parfaitement avertis, non seulement par leurs meilleurs agents, mais également par le biais des « grands intérêts » et des cartels européens du projet d’Hitler d’attaquer la Norvège.

Et comment aurait-il pu en être autrement ? 

Tous les États Européens, avertis par Roessler, sont complices

Ainsi, n’est-il pas clair que tous les gouvernements impliqués par les grands enjeux de cette guerre, tant en Europe qu’aux États Unis ou en Russie, ont respecté la même omerta ! Leurs témoins ont menti, dans la même proportion que les Français et approximativement pour les mêmes raisons. Leurs historiens ont sciemment soit travesti la vérité, soit évité les questions dérangeantes sous les mêmes menaces.

Et lorsqu’ils eurent le malheur d’insister, mettant en cause leurs gouvernements comme de nombreux chercheurs britanniques et américains cités en introduction, ils furent accusés de servir des thèses complotistes, ou même violemment contrés par les Services Secrets de leur propre pays !

Ce qui fut le cas pour Mr. Martin Allen – que nous connaissons bien pour avoir dénoncer le complot Windsor et bien d’autres trahisons britanniques sur lesquelles nous reviendront très largement – lorsqu’il évoqua les innombrables réseaux sous contrôle du gouvernement américain et du Grand capital noir, passant par les pays neutres, afin d’exploiter puis mettre en sureté dans des paradis fiscaux le butin du pillage nazi en Europe.
À la sortie de son ouvrage, il fut faussement accusé d’avoir ajouté des archives falsifiées à celles existantes afin d’étayer son étude. Accusation suivie par tous les « historiens » militaires et autres historico-commerciaux français que nous connaissons.
Ceci alors que l’on reconnait aisément dans cette manœuvre l’expertise des Services Action (MI6) de Sa Gracieuse Majesté, spécialistes en faux et usage.

Services que je mets au défi de relever mon accusation, en prouvant le contraire, car il faudrait pour cela qu’ils démontrent que le Gouvernement de Sa Majesté n’aurait eu aucun intérêt à détruire la réputation d’un historien respecté. Donc qu’il n’y a jamais eu trahison militaire française, et que le Grand capital noir, ainsi que le parti européen britannique, ne furent pour rien dans cette guerre ! 

Et l’on comprend mieux pourquoi j’ai pris la précaution de ne jamais, ou presque, consulter les archives, et de ne me baser que sur des écrits connus de tous. Ouvrages rédigés par les meilleurs universitaires allant d’ailleurs totalement dans le sens de M. Allen et que les services secrets de sa Majesté auront beaucoup de mal à tous discréditer.

Si tant est qu’ils aient un jour l’honnêteté de les ouvrir …

L’on comprend également que, parce qu’il est très risqué de remettre en cause la « théorie » du complot, de l’autre côté du Channel les confrères de Mr Allen prirent le parti de s’exprimer avec les plus extrêmes précautions, tel Mr. Julian Jakson, qui, dans un ouvrage collectif, « osa » affirmer sous le titre :

Étrange défaite française, ou étrange victoire anglaise ?

« De nombreux faits sont là pour nous rappeler que les tendances à la collaboration avec les nazis existaient au moins autant en Grande Bretagne qu’en France. Imaginer Lloyd Georges ou le duc de Windsor dans le rôle de Pétain est loin d’être absurde. (-) Le célèbre spécialiste militaire Basil Liddle Hart croit, au mois de mars 1940, que la Grande-Bretagne devrait négocier aussi rapidement que possible les meilleures conditions (de traiter avec l’Allemagne) puisqu’il n’y a aucun moyen d’éviter la défaite ». Liddle Hart s’oppose jusqu’à la fin de la guerre, dans la crainte qu’une défaite de l’Allemagne n’entraîne une domination soviétique sur le continent européen. Il voit en Hitler un homme d’État raisonnable. (-)

Quelles que soient les arrière-pensées des uns et des autres dans ce débat, une chose est claire : L’idée de rechercher les conditions d’une paix est à l’ordre du jour au gouvernement britannique à la fin de mai 1940. »  

Fin de citation (Mai – Juin 1940 Défaite française, victoire allemande, sous l’œil des historiens étrangers pages 177, 198, 204)

« puisqu’il n’y a aucun moyen d’éviter la défaite ».

Soit le message commun adressé par tous les membres du complot international aux Peuples ébahis de tant de culot !

Et l’on ne s’étonne plus que la théorie du Blitzkrieg fut inventée par cet historien militaire, et qu’elle lui amena tant de médailles de la part des gouvernements, et tant d’audience médiatique. Donc une si belle fortune. Un si grand talent méritait bien reconnaissance ! 
Insolence nous ramenant aux documents découverts par M. Delpla évoquant les contacts pris par lord Halifax avec les Italiens pour tenter de court-circuiter Churchill, [5] et ne nécessitant donc pas plus de commentaire pour l’instant.

En Allemagne la même loi du silence

Autre victime de cette volonté délibérée de camoufler la trahison :

  1. Julius Mader, historien allemand – qu’on se souvient avoir déjà rencontré dans le 4e tome – auteur d’un livre sur les généraux ayant révélé le dessous des cartes côté nazi, notamment avec le témoignage écrit du général Piekenbrock qui attesta qu’il n’y avait aucune 5e Colonne allemande en mesure d’organiser toutes les trahisons constatées sur le terrain pendant la Bataille de France tels que: Déplacement des populations civiles, ponts non sautés, ordres de retraits en séries, assassinats d’officiers et autres « chars fantômes »…

Voici ce qu’il rapporte des pressions qu’il eut à subir pour avoir publié ce document dénonçant, entre autres, les relations entre le Reich et les cartels du Grand capital noir, AGFA, IG Farben, et autres assassins de masse qui, ayant implanté leurs usines au cœur des camps de concentration, utilisaient les déportés pour accroitre encore leurs pharamineux bénéfices sans se soucier des milliers de victimes qu’ils provoquèrent : « Le contenu de ce livre étant explosif, le commandement des services secrets de la république fédérale et celui de la Bundeswehr devaient s’employer, par tous les moyens dont ils disposent, à en empêcher, ou, du moins, en contrarier la publication. Ces réseaux qui continuent la tradition criminelle des généraux hitlériens craignent, en effet, la vérité comme le diable craint l’eau bénite. C’est ainsi que, par exemple, le Wehrkunde – journal traitant des problèmes militaires, organe officiel de la société militariste pour l’information des Armées, donna dès le mois de décembre 1966, cet avertissement solennel dans ses colonnes : « Tout récemment, Mader a adressé à d’anciens officiers de l’Abwehr des lettres « d’un bon Allemand » leur demandant de lui transmettre des renseignements, des rapports d’activité etc.., destiné à une documentation qu’il serait en train de constituer. En fait, il s’agit d’une attaque sournoise dirigée contre l’ancienne Abwehr et le Service d’Information de l’Allemagne fédérale (l’un des premiers bureaux de Services secrets de l’Allemagne de l’ouest dont le pouvoir se place immédiatement derrière celui de la Chancellerie elle-même) tout autant que contre le livre, récemment publié par Gert Buchheit, intitulé : Les services secrets allemands – Histoire de la Défense militaire…

Par conséquent, il est expressément recommandé de ne fournir aucune information, ni aucune documentation à des adresses situées en zone soviétique (c’est-à-dire en République démocratique allemande).

Quatre mois plus tard, des publications diffusées sous l’égide du Service fédéral pour la protection de la Constitution, renouvelaient ce genre de mise en garde avec plus de précision encore. Il y était écrit :

« Si vous recevez une lettre d’un certain Julius Mader, ne répondez pas et transmettez aux Services compétents de la Sécurité… L’ouvrage actuel auquel travaille actuellement Mader doit être publié sous le titre suivant : Les généraux espions d’Hitler déposent…
De ces réactions, qui par ailleurs, soulignent la nécessité et l’actualité de mon ouvrage, on peut déduire objectivement plusieurs points :

– Premièrement, les généraux espions d’Hitler bénéficient de complicités au sein même des cercles politiques de l’Allemagne de l’Ouest, mais ces complices ne sont plus pour nous des inconnus.
 – Deuxièmement, chacun des anciens officiers des services Secrets de l’Armée hitlérienne a eu la possibilité de faire la preuve de sa rupture avec son passé et d’apporter sa contribution à l’Histoire en disant la seule Vérité.

– Troisièmement, il est apparu clairement que les milieux capitalistes et les hauts fonctionnaires de l’administration fédérale ont intérêt à laisser dans l’ombre l’activité passée d’un grand nombre de criminels de guerre nazis en contrariant toute enquête à leur sujet. »

Alors bien sûr, j’entends déjà les « experts accrédités » affirmer que cet ouvrage de M. Mader était sans doute un instrument de propagande au bénéfice de l’Allemagne de l’Est, et qu’il faut le resituer dans le contexte de la Guerre froide, avant de juger de sa validité.

En ce cas, qu’ils veuillent bien répondre à ceci …

Le « sous-marin » allemand n’est toujours pas coulé

En effet, concernant les relations privilégiées entre le Reich nazi et les « démocraties » à la sauce anglo-saxonne, il n’est pas vain de revenir sur un énième « détail oublié » : L’importance qu’eurent les services de renseignements de la Wehrmacht (Abwehr) au cours de la période hitlérienne, puis après-guerre.

Importance largement minimisée depuis, en mettant en avant l’action de quelques-uns officiers démocrates ayant lutté de toutes leurs forces contre le nazisme, tels l’amiral Canaris, Oster, ou Lahoussen, mais à propos desquels il ne faut pas oublier qu’ils furent, pour la seule part qui put être démontrée, responsable dans 12 pays d’Europe, sans compter l’URSS, de l’exécution ou de la déportation de 1 million 277 754 résistants et sympathisants antifascistes.
Ce sont ces dirigeants de l’Abwehr, rebaptisés anti-communistes pour les besoins du conte de fées, qui furent soigneusement protégés après-guerre par le gouvernement américain, puis ré-infiltrés au plus haut niveau de responsabilité de l’Allemagne de l’Ouest, tels :

Joseph Müller, devenu un des leaders bavarois du parti démocrate-chrétien, ou Hermann Götz membre du comité directeur de la branche CDU de Hesse, président du comité pour les réfugiés, et du Comité de travail sur «les questions de sécurité intérieure et extérieure », directeur de la communauté fédérale de travail pour l’assistance aux soldats, membre de l’Ackermanngemeinde au sein de la Société des compatriotes Sudètes, parlementaire à Bonn à partir de 1949 et, à partir de 1968, Président de la Commission de travail de politique sociale du groupe CDU / CSU au Bundestag.         
Parmi les membres de la première heure du FDP on trouve également le docteur Victor Hoven qui fut autrefois capitaine et chef de bataillon dans la division Brandebourg de l’Abwehr, la section en charge de la liquidation des opposants, qui avait formé une « cinquième colonne » fasciste en Belgique.

En 1954, ce haut responsable nazi siégeait déjà dans le groupe F.D.P. du Land de Nordrhein-Westfalen, et en 1957 entrait au Bundestag.
Autre exemple notoire : Le capitaine de l’Abwehr 2, Theodor Oberländer, ex Gauleiter nazi qui réapparait d’abord sur la scène politique comme membre du F.D.P. pour devenir ensuite président de l’association fédérale des réfugiés et spoliés (BHE) et atterrir enfin, en 1956, dans la CDU d’Adenauer.        
Même présence au ministère des Affaires étrangères avec le vice-amiral Léopold Bürkner, ex chef du service étranger sous Canaris, devenu en 1949 conseiller des ministres des affaires étrangères, ou encore Otto Wagner, alias Docteur Delius, colonel à l’Abwehr et chef de la K.O. de Bulgarie qui, avec son ami le capitaine de frégate Alexandre Cellarius, ancien chef de la K.O. de Finlande Estonie, deviendront Conseillers permanents du ministère des Affaires étrangères pour les questions du sud-est et du nord-est européen.

Et tout cela se comprend, si l’on veut bien se souvenir que ces liens ne dataient pas d’hier, puisque ces hommes de l’Abwehr trouvèrent un appui inconditionnel auprès des plus hauts représentants allemands de la haute finance internationale, tel Hermann Abs, devenu après-guerre président-directeur général de la Deutsche Bank et conseiller des chanceliers successifs de la république ouest- allemande, mais qui occupait en 1942 en tant que président du conseil d’administration de la banque d’État et représentant de l’IG Farben, une quarantaine de postes de direction au sein d’entreprises industrielles aussi bien en Allemagne qu’à l’étranger. Qu’à ce titre, et en totale collaboration avec la Herman Goering Werke, il exerçait une influence directe sur La Minière du sud-est (sous contrôle de Goering) et la Continental Oil (sous contrôle de la Standard Oil de J.D. Rockefeller par la Ohio Oil Company) aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Pologne, dans les états balkaniques et au sein du comité « Russie » jusque dans les territoires occupé du Caucase, mettant les renseignements commerciaux et industriels obtenus par ses services d’espionnage au service de l’Abwehr.

Nous pouvons donc affirmer, sans crainte d’être contredit, que ces trusts sous contrôle américain, et les services secrets allemands travaillèrent tout au long de la guerre, la main dans la main, afin d’organiser le pillage de l’Europe.

Voici d’ailleurs ce que le docteur Ilgner, ancien directeur du «bureau NW 7» (service de la subversion) de l’IG Farben, et vice-président du comité économique d’Europe centrale, avoua de ses contacts avec le service de Canaris devant la commission d’enquête du tribunal militaire américain à Nuremberg : « L’Abwehr, de même que le service de l’économie de guerre, voulait obtenir des renseignements d’ordre économique sur les pays étrangers et s’intéressait beaucoup aux recherches du département d’économie politique… Il est vrai que les informations de l’IG Farben étaient si complètes qu’il n’y avait pas le moindre changement à apporter à ses méthodes d’investigation. Le département d’économie politique de l’IG était alors le meilleur et le plus complet d’Allemagne… »

Et quelle meilleure source de renseignement pour repérer tous les biens encore pillables en Europe, puis pour organiser la mise sous tutelle de la plus grande puissance industrielle du continent ?

Ainsi l’on comprend mieux pourquoi en 2019, l’Allemagne semblait soudain découvrir que plus de la moitié des hommes politiques et des hauts fonctionnaires en poste dans les années d’après-guerre étaient d’anciens nazis actifs… » [6]

En attendant donc que nos experts veuillent bien opposer d’autres archives et témoignages à ceux avancés par M. Mader, laissons notre témoin conclure : « Mais le fait qu’en fin de compte mon livre ait vu le jour montre bien que le bras de l’impérialisme allemand n’est plus assez long pour mutiler la vérité historique, pour empêcher la révélation de faits qui contribuent à sa connaissance.

C’est dans cet esprit de respect de la vérité historique, que je remercie les personnalités et la direction des services de la République Démocratique allemande et d’autres pays qui m’ont apporté une aide efficace en me communiquant leurs archives.
Je remercie tout particulièrement « l’équipe » de travail des anciens officiers de renseignements qui a organisé pour moi de nombreux contacts dans les deux Allemagnes et a contribué, par la masse de ses informations, à la matière première de cet ouvrage. »

Fin de citation (Mader Les généraux allemands déposent – Introduction)

Chacun le sait, la liste des anciens nazis totalement inféodés aux « Libérateurs » et leurs intérêts internationaux parvenus aux plus hauts postes de responsabilité de l’État allemand après-guerre est impressionnante. L’unique crime de M. Julius Mader fut donc de les citer, alors qu’il aurait fallu les « oublier ».

Tout comme il fallait faire disparaître du conte de fées le système « Octogone » monté par Allen Dulles toujours à la tête des Services Secrets américains, utilisant l’or volé aux Peuples d’Europe par les SS.

Un réseau qui, puisant dans ce « trésor de guerre » mis à l’abri dans les coffres suisses, monta un nouveau trafic d’armes pour réarmer l’Allemagne et donna tous les moyens financiers à la CDU de faire élire son candidat Konrad Adenauer à la Chancellerie afin de conduire la Guerre froide. [7]    

Et l’on comprend mieux pourquoi Adenauer replaça aux postes de commande des hommes tel Reinhard Gehlen, officier de liaison personnel en mai 1940 entre le Feld Maréchal von Brauchitsch et le groupe d’armée de Guderian, donc un homme ne pouvant qu’être informé de la trahison française, pour faire de lui le chef des services secrets de l’Allemagne de l’Ouest et mettre ainsi au service de la CIA des centaines d’autres hauts responsables nazis.

Juste retour d’ascenseur …


[1] Voir Tome N° 1 : La trahison militaire Française et Tome N°2 : Controverses sur quelques trahisons « oubliées »

[2] Voir tome 1 : La trahison militaire française   

[3] Pour l’artillerie : 7 378 canons allemands contre 14 000 pour les alliés. Pour les chars : 2 439 chars allemands contre 4 204 chars alliés. Pour l’aviation : 2 589 avions allemands, contre près de 6 000 avions alliés de qualité équivalente.

[4] Voir Tome N°1 : La trahison militaire française

[5] Voir également tome N°2 : Controverses sur quelques trahisons « oubliées »

[6] Signalons à l’attention des lecteurs curieux, la parution en 2005 d’un ouvrage de plus de 700 pages, rédigé par M. Ernst Klee intitulé : Das Personen lexikon zum drittent Reich. Wer war was vor und nach 1945 ? proposant la liste des milliers de nazis ayant obtenu après-guerre de hautes fonctions dans des multinationales, ou au sein du gouvernement allemand.

[7] [7] Cette société écran fut crée en Suisse par le marchand d’armes Rudolf de Ruscheweyh qui s’était fait connaître en tant qu’intermédiaire obligé entre l’usine suisse de machines-outils Oerlikon-Bührle, entièrement rachetée entre 1927 et 1929 par Herr Emil Jorg Bührle un des officiers déjà impliqué dans le réarmement secret de l’Allemagne en Russie et qui, depuis, produisait essentiellement des canons antiaériens vendus aussi bien aux alliés qu’aux forces de l’Axe. C’est sous cette couverture que Ruscheweyh put organiser la fuite des capitaux nazis vers les paradis fiscaux et les comptes ofshore du Grand capital noir.

Après la guerre, ce système économiquement « hors contrôle » des « démocraties » put donc librement rétablir les liens avec les « amis américains » par l’intermédiaire d’Allen Dulles, patron de l’OSS en Suisse (ancêtre de la CIA), qui recruta immédiatement les anciens nazis dont il avait besoin, en particuliers les SS ayant eu la haute main sur ce trésor et les membres des Services Secrets qui avaient été en charge de localiser les biens à piller.

La société Octogon Trust, officiellement spécialisée dans la gérance de fortune et l’import-export, fut alors chargée d’organiser la fuite des criminels de guerre, spécialement en Amérique du sud, où ils serviront à nouveau le Grand Capital noir, en fomentant à la demande les « révolutions spontanées » ou « contre-révolutions » nécessaires au renversement des gouvernements trop républicains…. Ce système sera décrit dans tous ses détails dans les tomes à paraître. Et pour les impatients dans : Le Testament de Sidney Warburg


 

Rudolf Roessler ? Jamais entendu parler…

Rudolf Roessler ? Jamais entendu parler…

1 – LUMIÈRES SUR LES SERVICES SECRETS

Une des premières explications présentées par l’historiographie mondiale pour accréditer « l’effet de surprise » du Blitzkrieg fut, nous l’avons vu, la prétendue inefficacité des Services secrets français qui auraient laissé le haut commandement dans l’ignorance, tant des capacités de l’armée allemande que des plans successifs adoptés par Hitler.

Thèse abracadabrante qu’il convient dès à présent d’analyser soigneusement, afin de ne laisser planer aucun doute sur ce point déterminant.

Sachant que les informateurs allemands les plus connus et efficaces étaient des officiers de très haut rang, appartenant soit à l’OKH  (Quartier général de l’armée de terre), soit à l’OKW (Quartier général de l’armée), qui allaient trahir le Reich nazi par conviction patriotique.

Il convient donc de citer l’exemple le plus frappant de leur efficacité :

Le réseaux Viking (Lucy pour les Anglo-saxons) animé par un certain …

Rudolf Roessler

Au cours de la Première Guerre mondiale, cet officier allemand se lie d’amitié avec d’autres officiers démocrates.

Quelques années plus tard, en 1933, écœuré par l’arrivée d’Hitler au pouvoir et sur les conseils de son ami Xavier Schnieper, – fils d’un conseiller d’État de Lucerne et officiers des SR suisses – il émigre pour fonder à Lucerne une petite maison d’édition, la Vita Nova Verlag, qui lui servira à publier des articles parfaitement documentés analysant à partir de 1933 la politique du Reich et dénonçant les projets d’Hitler. Tous renseignements obtenus de ses amis, restés dans l’armée et parvenus à des postes importants de responsabilités.
Les lettres codées qu’il reçoit ainsi que les fréquentes visites de ses contacts lui permettent d’obtenir des renseignements politiques et économiques qu’il publie dans son journal sous le pseudonyme d’« Hermes ».      

Quelques mois avant la déclaration de guerre de septembre 1939, Roessler, contacté par le colonel Masson chef des services de renseignements helvétique, accepte de cesser de publier ces informations dans son journal, pour les communiquer directement aux services suisses.

À ce moment le réseau se structure autour de quelques hommes :

1° Xavier Schnieper, qui a recommandé Roessler au colonel Masson, et deviendra son officier traitant.
2° Le colonel Masson chef des SR suisses, lui-même pro-allié, contrairement au chef de l’armée, le général Henri Guisan, pro-allemand.  Cette opposition obligera Masson à prendre des risques.

3° Le capitaine Hausamann qui a monté avant la guerre un service de presse camouflant un réseau de renseignement portant le nom de code de « Bureau HA ».

Hausamann fait porter chaque jour à Masson, par le capitaine Max Weibel, chef de la section 9 des SR suisses, les renseignements qu’il obtient quotidiennement de Roessler.

Il fournit les mêmes renseignements au colonel Barbey, chef de cabinet du général Guisan, ainsi qu’aux SR français, britanniques, belges, hollandais, norvégiens par l’entremise du capitaine Sedlacek (nom de code : oncle Tom) ancien des SR tchèques, émigré à Londres.
Les renseignements parviennent donc à TOUS les Alliés, ainsi qu’à tous les pays neutres menacés, comme nous le constaterons encore tout au long de cette enquête.

Les lettres codées passent sans difficulté la censure et, en cas d’urgence, les conversations téléphoniques permettent de transmettre les dernières décisions d’Hitler.

Le « Réseau Viking » qui, pour les Alliés deviendra le « Réseau Lucy », va ainsi fonctionner pendant toute la durée du conflit.

Seule condition imposée par Roessler : Ne jamais dévoiler les noms de ses camarades.

D’ailleurs aujourd’hui encore, personne ne peut prétendre connaître avec certitude les noms de ces héros allemands. Selon la CIA, outre Gersdorf et Thiele, « on trouve un lien avec les généraux Wirth, Mueller, Lemmer, Gisevius, Horkheimer, probablement Thormann, et peut-être Joachim Oster ».

En réalité, personne, hors Roessler, n’a jamais su qui étaient précisément ces hommes suffisamment haut placés (parmi « les cinq ») pour être en mesure de connaître les plus intimes décisions du Führer, quasiment en temps réel.

Gaston Pourchot, témoin clé

L’historien et journaliste Pierre Accoce couronné par de nombreux prix pour ses ouvrages, et en ce temps journaliste d’investigation à l’Express, a dévoilé le premier en 1965 dans son best-seller traduit en plusieurs langues : La Guerre a été gagnée en Suisse, l’existence de ce qui fut le réseau le plus mystérieux de la seconde guerre mondiale.
Ainsi qu’il me l’a personnellement confirmé en 2012 au cours d’un long entretien filmé, il a rencontré en 1963 les survivants du réseau Viking et interviewé, au cours de son enquête de plus d’une année, de nombreux membres des services secrets suisses ayant travaillé avec Roessler, décédé en 1958.

Parmi eux, Schnieper, bien sûr, et la veuve de Rudolf Roessler, mais surtout le colonel Masson, avec lequel il aura plusieurs entretiens d’abord à Lausanne, puis à son domicile de Vevey.

Celui-ci témoignera de ses relations avec le commandant Gaston Pourchot, attaché militaire adjoint à l’Ambassade de France.

Témoignage qui peut se résumer en quelques lignes : « La base des services de renseignements français en Suisse était située au premier étage du consulat français, rue Sulgenheim à Berne. Le commandant Pourchot y était assisté par le Commandant Trichet, le capitaine Mathiot, les lieutenants Duroux, Talichet, Nappey.

Ce « réseau Pourchot » avait des antennes à Bâle, Zurich, Lausanne, Genève. Une cinquantaine d’agents en 1940, puis 250 spécialistes dès 1942, époque à laquelle le réseau devient l’annexe du réseau national clandestin « Kleber ».  

Concernant l’engagement de ce témoin capital que fut le commandant Pourchot, précisons qu’il organisa l’évasion du général Henri Giraud en décembre 1940, avec le colonel Masson et les réseaux de résistance alsaciens, qu’en 1944 il sera décoré par le général Bethouard pour son action clandestine, puis recevra en 1946 la Légion du Mérite, et quelques hautes décorations US avec félicitations du président Truman pour avoir transmis aux Alliés des informations capitales jusqu’en 1945. (Il avait été contacté dès 1942 par Allen Dulles, agent de l’OSS commandée par le général US Donovan, et ancêtre de la future CIA)

Pourchot et Roessler se rencontraient régulièrement : « Les liens entre Masson et Pourchot remontaient au 1er septembre 1939. Ils se voyaient souvent, notamment au café Odéon, près de l’Hôtel de ville de Berne. »

C’est à Pourchot que le colonel Masson confiera le fameux message annonçant l’attaque allemande dix jours à l’avance.

Le colonel Masson a également confirmé à M. Accoce que Pourchot avait, dès sa réception, porté lui-même ce télégramme au Ministère des Affaires étrangères et au grand Quartier Général de l’armée à Vincennes. Que le général belge Maurice Delvoie, attaché militaire belge à Paris avait, dans le même temps, alerté les autorités militaires françaises de ce risque imminent.

Les faits et les hommes sont donc connus de tous depuis 1940 et les preuves de l’existence du message informant de l’attaque allemande imminente abondent dans les livres publiés par les officiers du renseignement, ou dans les journaux spécialisés, tel le Bulletin de la Société Jurassienne des officiers (suisses), 34e section Fédération Nationale des S/Officiers. Titre de l’article : « L’attaque allemande mai 1940 ». Sous la plume du capitaine Dunand, 2ème Bureau, adjoint et contact de l’attaché militaire français en Suisse : « Dès le 30 avril, nous recevons de Berne d’une source parfaitement autorisée et de première main (Roessler) le renseignement suivant : L’Allemagne attaquera entre le 8 et le 10 mai. Stop. Axe principal effort, Sedan. Stop. Occupation prévue de la Hollande et de la Belgique, du nord de la France en 10 jours. Stop. Occupation totale de la France en un mois. Stop. Fin »

D’autres témoignages confirment : « Des alertes émanant de Berlin pour la Belgique et la Hollande, de Berne, pour le compte de la Belgique et de la France. Source en Suisse ? Le service de Roger Masson, SR helvétique, via le commandant Gaston Pourchot, attaché militaire français. »       
Fin de citation (capitaine Dimitry Queloz Le service de renseignement suisse)

Apparemment, au vu de tous ces témoignages concordants, Roessler et son réseau Viking, ainsi que les informations qu’il a transmises, devraient figurer en bonne place dans l’histoire de cette bataille.
Or, curieusement, il n’en est rien.

Mieux ! Certains historiographes et journalistes de tous bords et de tous pays, tentent encore de passer sous silence, ou même de contester, l’existence de ces avertissements …

Les historiens tout aussi « sourds » que les généraux du conte de fées

Afin de ne laisser planer aucun doute sur cette volonté de désinformation, je me permets de citer ici M. Jean Vanwelkenhuyzen[1], expert belge bien connu qui, à la page 55 de son livre 1940 Plein feux sur un désastre publié en 1996, soit plus de 30 ans après celui de Pierre Accoce, mais toujours abondamment cité par tous les auteurs négationnistes, écrit : « Après les événements, comme pour redorer le blason du renseignement, il a été beaucoup question d’un mystérieux avertissement, lancé le 30 avril ou le 1er mai, par l’attaché militaire français à Berne et prophétisant, avec des variantes selon les versions, l’offensive pour le 8 ou le 10 mai, avec Sedan pour point d’application de l’effort principal. La Hollande, la Belgique et le Nord français étant occupés en 10 jours, la France en un mois. La preuve de ce message n’a jamais été fournie et c’est d’autant plus fâcheux qu’il offrirait un rare exemple de prémonitions puisque, le 30 avril ou le 1er mai, Hitler ne savait pas lui-même qu’il ouvrirait le feu le 10 mai. Sa décision n’est tombée que la veille. »

En inventant de toutes pièces ce message déterminant de Roessler, les dirigeants des Services de Renseignements français auraient donc voulu se dédouaner en faisant porter le chapeau aux politiques.

Et bien sûr, si l’on considère les brillants titres universitaires M. Vanwelkenhuyzen : Docteur es sciences politiques et diplomatiques, licencié en sciences économiques et financières, et constatant qu’il est à ce titre : directeur du Centre de Recherches et d’études historiques de la Seconde Guerre Mondiale, secrétaire général du Comité International d’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale et Vice-président du Comité national belge des Sciences Historiques, on ne peut qu’être très impressionné par une telle affirmation.


[1] L’auteur en question, pour appuyer sa démonstration, cite : Général Rivet : Etions-nous renseignés en mai 1941 : In Revue de défense nationale Juillet 1950 Page 36. Mais également : Gauché page 211, Reynaud page 422, Henri Navarre, le service de renseignement page 110.        


Sauf que … Le colonel Gauché, qu’il cite, est formel dans son témoignage (publié en 1953) : « Le SR, de son côté, apporte les précieuses indications reçues de ses antennes qui, depuis longtemps, sont alertées. Nous les reproduisons ici, sans divulguer la source, mais en respectant leur forme laconique ; elles n’en seront que plus frappantes :

Du début avril : « Le SR allemand s’attend à ce que la frontière belge soit fermée fin avril. »

11 avril : « Opérations imminentes à l’ouest, attention aux mouvements militaires des prochains jours. »

20 avril : « Le personnel du SR allemand abandonne ses lieux de stationnement en Belgique ».

1er mai : « L’armée allemande attaquera entre le 8 et le 10 mai sur tout le front, y compris la ligne Maginot. La région de Sedan, la Belgique, la Hollande et le nord français seront occupés en dix jours, la France en un mois. »

2 mai : « Fermeture des frontières belges et hollandaises imminentes »

Nuit du 5 au 6 mai : « Prochaine offensive générale qui englobera les Pays bas. »

6 mai : « L’antenne du SR allemand de Stuttgart stationnée à Luxembourg se replie. Attaque prête. L’armée française, dit-on dans les milieux du commandement allemand, sera incapable d’arrêter les formations blindées en rase campagne »

8 mai (par le détour de l’Italie) : « Attaque pour ce jour même. »

9 mai : « Attaque le 10, à la pointe du jour. »

Ce renseignement fut devancé par l’évènement. Il ne parvint au SR qu’au moment où l’attaque allemande venait de se déclencher. »  
Fin de citation (Gauché, Le deuxième Bureau au travail page 211)

Outre ce témoignage parfaitement explicite, bien d’autres, dont celui du général Navarre à l’époque membre des SR et chef du département Allemagne, ou de Paul Reynaud qui cumulait les fonctions de président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, confirment que leurs services avaient bien reçu ce message le 1er mai.
Le général Louis Rivet, dans son livre Carnets d’un chef des Services Secrets 1936-1944, rapporte également que le 2ème Bureau avait été averti par les SR suisses d’une attaque imminente dans le secteur de Sedan, tandis que d’autres témoins attestent que le commandant Pourchot a remis en main propre cette information au GQG de Vincennes, donc au généralissime Gamelin, mais également au N°2 de l’Armée, le général Georges.

Alors qui faut-il croire ? Ces hauts responsables militaires et politiques français et suisses, ou un brillant représentant de l’histoire officielle estimant que seul le héros de son propre livre, le colonel Oster de l’Abwehr, mérite de retenir l’attention du Centre de Recherches et d’Etudes Historiques de la Seconde Guerre Mondiale, du Comité International d’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, et du Comité national belge des Sciences Historiques ?

Pour les départager, considérons les bases de l’argumentation de M. Vanwelkenhuyzen en nous penchant, comme il le fit, sur les documents allemands selon lesquels, le 1er mai, Hitler avait fixé la date de l’offensive au 5, puis l’avait reportée plusieurs fois :

Le 8 mai, nous apprenons par Jodl : « Nouvelles alarmantes de Hollande. Annulation des permissions, évacuations barrages routiers autres mesures de mobilisation… Führer ne veut plus attendre. Göring demande jusqu’au 10 au moins. Führer très agité, puis consent à reporter jusqu’au 10, ce qui est contraire à son intuition dit-il. Mais pas un jour de plus »  
(cité par Shirer La chute de la IIIe République)      

Apparemment, Hitler hésitait effectivement.
Les arguments de M. Vanwelkenhuyzen semblent donc recevables.

Et tous cas si on ne réfléchit pas plus loin car, d’une part la date approximative a été fixée par Hitler dès le 27 avril et non le 1er mai, ainsi qu’en témoigne à cette date dans son journal le général Jodl chef d’état-major personnel d’Hitler : « le Führer à l’intention de déclencher le plan jaune entre le premier et le 7 mai. »

Ce qui nous permet de comprendre comment les amis de Roessler ont déjà pu en estimer la date probable dès le 31 avril.
D’autre part, celle-ci devait être décidée en fonction de deux éléments:

1er élément : La météo, très défavorable au début du mois de mai.

Or, pour exploiter au mieux la meilleure arme d’Hitler, l’aviation, il fallait un temps clément sur une longue période. Une éclaircie, même d’un jour ou deux, ne suffisait pas.

C’est pourquoi le 9 au soir, lorsque le chef de service météo de la Luftwaffe annonce enfin à son Führer pour le lendemain un ciel sans nuage, cette bonne nouvelle pousse ce dernier à lui offrir une superbe montre en or.

Mais ce geste signifie-t-il pour autant que, depuis le 30 avril, ce spécialiste météo avait été incapable, au moins approximativement, de prévoir la période de mauvais temps qui devait se prolonger du 1er au 9 mai ?

Une tempête au mois de mai, surtout si elle puissante au point de bloquer l’aviation est facilement indentifiable. On ne parle pas ici d’une simple période de mauvais temps en période hivernale, mais d’un phénomène important et exceptionnel, dont toutes les caractéristiques étaient parfaitement connues du maréchal Hermann Goering, commandant en chef de la Luftwaffe, qui, ayant la haute main sur les services météorologiques, avait fait affecter des vedettes de la marine et des sous-marins, postés dans les régions arctiques à la surveillance météo.
Or, en ce début de mois de mai, tous les spécialistes étaient unanimes : Il y aurait une période d’exceptionnel beau temps entre le 10 et le 17 mai : « Les rapports précisent ensuite que les vents seront « faibles ou modérés avec prédominance de courants venant du nord ». Leur vitesse moyenne atteindra six mètres seconde. Le ciel doit être peu nuageux. Dans les vallées des brouillards matinaux sont à prévoir, mais il ne se produira aucune précipitation. La moyenne des températures se maintiendra aux alentours de 14 degrés. Dans les Ardennes de faibles gelées nocturnes sont possibles, mais les journées seront lumineuses, avec une excellente visibilité. »

Fin de citation (Berben et Iselin Les Panzer passent la Meuse page 36)

Ainsi, que ce paramètre ait effectivement joué un rôle important n’est pas contestable. Par contre, qu’il ait été le seul à avoir retardé l’attaque est à écarter puisqu’on pouvait en prévoir la fin bien avant le 9 au soir.

2e élément : L’ultimatum qu’Hitler avait prévu d’envoyer aux pays neutres afin de justifier politiquement son attaque.

Voici les termes de ce document rédigé à partir du 3 mai : « Le gouvernement allemand sait depuis longtemps que le véritable but de l’Angleterre et de la France est l’attaque à l’ouest contre l’Allemagne, attaque soigneusement préparée et à la veille de se réaliser. Et qui consiste à pousser une pointe vers les territoires de la Ruhr, en passant par les territoires de la Belgique et la Hollande. (-) Le gouvernement de l’Allemagne n’entend pas, dans cette lutte pour l’existence imposée au peuple allemand par l’Angleterre et la France, attendre de laisser porter la guerre en territoire allemand. Il vient de donner aux troupes allemandes l’ordre d’assurer la neutralité de ces pays par tous les moyens de force militaire dont dispose l’Allemagne. »

À ce sujet, les archives nous disent que la Wilhelmstrasse (ministère des Affaires étrangères allemand) va se heurter à un problème imprévu car, de son côté, le Roi des Belges, parfaitement informé par son ambassadeur à Berlin M. Davignon, va employer tous les moyens à partir du 8 mai pour empêcher que l’ultimatum lui parvienne, fermant notamment sa frontière aux émissaires.

Épisode, là encore, « oublié » par Mr Vanwelkenhuyzen dans son raisonnement.

Mes questions sont donc :

1° Étant donné ces difficultés, était-il difficile de prévoir que l’attaque subirait des retards ?

2° Hitler attendait-il autre chose qu’une météo parfaite ou la remise de son ultimatum ? Comme par exemple, que le haut commandement français ait pu prendre prétexte du weekend de la Pentecôte, pour dégarnir comme il convenait son front Nord ?    
Dans cet ordre d’idée, est-il possible d’imaginer que les généraux démocrates allemands du réseau Viking, de par leur position au sein de l’OKW, de l’OKH et de l’Abwehr aient été informés de ce que les permissions avaient été rétablies côté français, et que les émissaires avaient des difficultés à accomplir leur mission ?

Qu’ils aient été en mesure d’intégrer ces différents éléments à leurs prévisions et aient donc eu une vue parfaitement claire de la situation, telle qu’elle se présentait le 30 avril ?
Ce qui leur permettait d’estimer, au vu des difficultés diplomatiques, de la météo, et du weekend de Pentecôte, que la date définitive de l’attaque ne pouvait se situer avant le 8 mai et plus certainement le 10, au moment où la météo serait favorable, et où 20% des effectifs de l’armée française, seraient effectivement loin du front !
Sachant que les correspondants de Roessler étaient de toute évidence mieux informés qu’Oster, – ce que confirment unanimement tous les historiens – et donc en mesure de connaître, bien avant tout le monde, les difficultés exactes rencontrées à tous niveaux, n’est-il pas logique d’estimer qu’ils n’eurent aucune difficulté à croiser tous ces paramètres ?        
Thèse qui nous permettrait d’évacuer de l’équation la possibilité que les SR allemands et alliés auraient eu, comme trait commun, d’employer de préférence des spécialistes sourds-muets, aveugles, et légèrement débiles de surcroit …

Quant à l’ultime raison pour laquelle Hitler était si impatient, elle nous est donnée à la date du 7 mai par le Journal du général Halder :

« Le Führer est très excité.  On vient de lui communiquer une conversation entre l’ambassadeur belge au Vatican et le ministre des Affaires étrangères belge à Bruxelles, permettant de conclure à une trahison de source allemande. »

Et tout ceci confirme que « Tout le monde savait bien tout, sur tout le monde » et que ce que le conte de fées officiel qualifie de « surprise », n’est qu’une vaste blague.

Ce que nous aurons encore mille fois l’occasion de vérifier …

La thèse d’État remplit les poubelles de l’histoire

Pour ce qui concerne la valeur et la qualité exceptionnelle des informations communiquées aux SR suisses, rappelons que dans la période allant de 1938 à 1941, Roessler et ses amis vont envoyer douze milles pages dactylographiées en simple interligne, l’équivalent de quarante livres normaux !

Soit infiniment plus que les informations fournies par le colonel Oster, personnage principal du livre de Mr Vanwelkenhuyzen.

Et on comprend que ce soit irritant pour cet expert !

D’autant que les résultats obtenus par Roessler furent déterminants sur le terrain, sinon lors de la campagne de France ou de Pologne pour les raisons que nous avons comprises, mais tout du moins par la suite, sur le Front de l’Est, ainsi qu’en témoigne le général Guderian :
« Lors des combats de la poche de Kiev, le général commandant de la 5e armée soviétique fut notre prisonnier le 26 septembre. J’eus avec lui un entretien intéressant, au cours duquel je lui posais quelques questions :
– Quand avez-vous appris que mes chars se déployaient dans votre dos?
–  Réponse : « Aux environs du 8 septembre »

Général Heinz Guderian Erinnerungen eines soldaten 1951   

Quant aux autres « menteurs » fustigés par Mr Vanwelkenhuyzen, ils témoignent de la même manière de l’efficacité du réseau « Viking-Lucy » : « Lucy tenait entre ses mains les fils qui remontaient aux trois grands commandements de l’armée allemande… L’effet de ses communications sur la stratégie de l’Armée rouge et sur la défaite de la Wehrmacht a été considérable. »
Alexander Foote ex-agent secret soviétique – Handbook for Spies 1947

« Les soviétiques exploitèrent alors une source fantastique, située en Suisse, un nommé Rudolph Roessler qui avait pour nom de code Lucy. Par des moyens qui n’ont pas encore été éclairés aujourd’hui, Roessler en Suisse parvint à obtenir des renseignements du haut commandement allemand à Berlin à une cadence à peu près ininterrompue et souvent moins de vingt-quatre heures après qu’eussent été arrêtées les décisions quotidiennes au sujet du front de l’est. »
Allen Dulles, ex-directeur de la Central Intelligence Agency – La technique du renseignement Paris 1964

Enfin, puisqu’il semble que M. Vanwelkenhuyzen ne tienne compte, comme tant de ses collègues, que de ce qui peut conforter sa propre contribution à la thèse du Blitzkrieg, je propose pour trancher la question de rappeler qu’en 1941, au cours du procès de Riom, le Président Caous et le Procureur Général Cassagneau – après avoir entendu les témoignages des plus hauts responsables des SR français – purent tirer les conclusions suivantes :

« La mobilisation de l’armée allemande a été suivie unité par unité, sans aucune lacune ni erreur.          
– Il en fut de même de la concentration des unités allemandes face à la Pologne, d’une part, à la France, au Danemark, à la Belgique et à la Hollande, d’autre part.
– La répartition des forces a toujours été parfaitement indiquée au Haut Commandement Français, pendant la campagne de Pologne, pendant l’intervalle des campagnes de Pologne et de France.          
– Le transfert vers l’Ouest des grandes unités ayant pris part à la campagne de Pologne a été suivi intégralement par le S.R. Français, sans que jamais une grande unité allemande eût été perdue de vue pendant plus de 24 heures.
– Le dispositif allemand à la veille du 10 mai 1940 était connu dans les moindres détails, ainsi que les possibilités de manœuvre qu’il portait en germe.
– La date et le lieu de l’attaque du 10 mai 1940 ont été communiqués au Commandement Français avec quelques réserves dès la fin mars 1940, et, avec certitude dès avril 1940. (C’est moi qui souligne)
– La constitution des armées de terre et de l’air allemandes a été tenue à jour sans lacune et cela aussi bien pour leur composition que pour leur équipement et leurs armes, et, pour si paradoxal que cela puisse paraître, le S.R. français a donné de l’armée allemande une description plutôt surévaluée : c’est ainsi que le nombre de chars des divisions blindées allemandes a été surévalué de 10 à 15 %, du fait que les sorties d’usine étaient en retard sur les prévisions.        
– Au cours de la campagne de France l’essentiel des mouvements allemands a été identifié de bout en bout. En particulier chaque division blindée a été suivie sans aucune erreur grâce à l’interception et à l’exploitation de tous les messages de commandement des grandes unités allemandes. Ainsi purent être annoncées et décrites : l’attaque sur la Meuse, la marche vers la Manche, les regroupements en vue des attaques sur la Somme, en Champagne, etc., etc ».

La Cour a même rendu hommage à l’efficacité et la clairvoyance des services secrets …

Quant à ce qui concerne la preuve matérielle indubitable, donc le message original, nous savons que les archives du Quai d’Orsay ont été brûlées le 16 mai 1940 au matin. Un énorme brasier dans la cour du ministère dans lequel les télégrammes, dont ceux qui émanèrent de Berne, partirent en fumée. Quelques années plus tard de nombreux documents saisis par la Wehrmacht dans un train abandonné à la Charité-sur-Loire furent eux aussi brûlés, lors de la chute de Berlin. Ces fameux télégrammes et leurs copies ont donc été détruits.

Mais cela autorise-t-il pour autant les historiens les plus renommés à affirmer qu’ils n’ont jamais existé ?

Enfin, et puisqu’il s’agit ici d’en finir avec cette fausse controverse, M. Vanwelkenhuyzen peut-il nous expliquer pourquoi il n’a pas mentionné dans son ouvrage, paru en 1982 le livre de Mrs Amort et Jedlicka : On l’appelait A 54, paru chez Robert Laffont en 1966 qui a révélé l’existence d’un autre agent, Paul Thümmel, qui donna exactement les mêmes renseignements que Roessler et dans les mêmes délais ?

Idem pour celui de Mrs Paul Berben et Bernard Iselin, deux excellents auteurs révisionnistes qui publient en 1969, dans leur ouvrage parfaitement documenté Les Panzer passent la Meuse, la liste des officiers ayant confirmé que ce message était parvenu à d’autres états-majors alliés. (texte déjà cité plus haut à la date du 30 avril)

Même question pour le livre du général Paul Paillole, en ce temps responsable du service Allemagne.

Témoignage publié en 1975, donc sept ans avant l’ouvrage de cet « expert » : « L’imminence d’une offensive allemande est apparue aux Anglais. Le 2 mai une réunion des chefs de service des deuxième et cinquième Bureaux français et britannique a lieu à l’ambassade d’Angleterre. Nos informations sont confrontées avec celle de nos alliés. Les liaisons sont encore renforcées. La sécurité des troupes britanniques qui opérerait en France sera assurée par nos B. C. R. auxquels seront adjoints des officiers de sécurité britannique.

Les services de Bertrand (grâce à la machine Enigma) révèlent chaque jour la préparation d’attaques aériennes sur nos terrains d’aviation. Le 6 mai l’antenne du S. R. Allemand de Stuttgart installé au Luxembourg se replie. »

Fin de citation (Paillole Services Spéciaux page 188)

« Le 2 mai » … Soit deux jours après les messages de Roessler depuis Berne, du commandant Munier depuis Budapest, et de Paul Thümmel depuis Prague. Et la confirmation que ces messages étaient également transmis aux SR britanniques. Qu’ils furent étudiés conjointement par les deux services.

De plus, nous savons que les SR britanniques seront renseignés par leur agent Sator de la date de l’attaque le 7 mai.
Et nous nous doutons que ces derniers devaient avoir d’autres sources, toujours inconnues des historiens.

En conclusion, tout ceci confirme qu’une certaine forme de négationnisme, orienté très précisément afin d’éluder le fait que les Alliés connaissaient non seulement le jour et la date de l’attaque, mais également depuis le 10 mars 1940 le plan Manstein dans tous ses détails, semble toujours pratiqué par les plus hautes instances universitaires européennes et même mondiales, puisque les apports de Roessler, Thümmel, Munier et Sator sont systématiquement éludés ou niés par les historiographes, surtout les plus prestigieux.

Nous sommes donc bien là devant une tentative majeure de désinformation.

2 – DES VOIX DISCORDANTES DANS LE CHŒUR DES APÔTRES

Dès le mois de mai 1940, de nombreux membres des Services de Renseignements français n’avaient pu ignorer la trahison en cours.

Ce sont eux qui fondèrent, dès la défaite, les premiers réseaux de résistance en France occupée et en zone libre et, même s’ils ne l’ont jamais dénoncée ouvertement, leurs écrits iront souvent à l’encontre de la thèse d’État.

Et nous sommes ici dans une véritable dissidence au sein de l’armée, car les officiers fidèles à Pétain ne retourneront leur veste en rejoignant ces réseaux, qu’après que les armées allemandes se soient trouvées bloquées devant Moscou, puis Stalingrad en automne 1942, et pour les plus lents après le débarquement américain en Afrique du Nord le 8 novembre 1942. Donc suite à l’occupation de la zone libre et une fois la défaite de l’Allemagne certaine.
Cette caste très particulière de la corporation militaire, républicaine et résistante dans l’âme, souffrit donc, non seulement de ce qu’ils savaient être une trahison, mais également de l’effet de meute qui fit après-guerre de ces spécialistes du renseignement capables et efficaces, la risée des « experts » et la honte de l’Armée.

Ce qui nous amène à cette rébellion des SR, bien plus difficile à gérer que lorsqu’il s’agissait de faire taire des officiers républicains sans connaissance exacte des dessous de la trahison, ou un généralissime à bout de force, usé par les polémiques. 

Car c’est ici qu’entre en scène un simple journaliste, sans grand pouvoir, mais curieux de tout …

On l’on voit resurgir la constante Roessler 

En effet, lorsque Mrs Pierre Accoce et Pierre Quet font éditer leur ouvrage sur le réseau Roessler en 1965, celui-ci a un retentissement international. Hollywood veut en faire un film, les auteurs participent à d’innombrables reportages, ou émissions télévisées à des heures de grande écoute.
En deux mots, le risque est grand de voir la curiosité de quelques historiens éveillée par ce nouvel éclairage. Ceci d’autant que le ministère de la Défense, toujours si soucieux de faire disparaître les preuves, ne devait sans doute pas ignorer que de leur côté messieurs Amort et Jedlicka, au terme de leur propre enquête, s’apprêtaient à sortir leur ouvrage On l’appelait A 54, paru chez Robert Laffont en 1966.
Il devenait donc impératif de rajouter quelques mailles au filet de mensonges.
Ce à quoi M. Vanwelkenhuyzen et quelques autres, que nous connaissons bien aujourd’hui car tout aussi dévoués que lui au maintien du secret de famille, se sont employés.

Ceci précisé, il n’est pas inutile de comprendre comment M. Accoce a pu retrouver les traces de Rudolf Roessler, en nous intéressant à l’un des héros les plus discrets de cette bataille de l’ombre :

Le capitaine de vaisseau Henri Trautmann.

Les SR, serviteurs muets ?  Pas tant que cela …

Né en 1901 à Woerth en Alsace, nommé en 1948 à la Direction de la recherche politique militaire et économique au Service de Documentation extérieure et de contre-espionnage (S.D.E.C).
Il y dirigeait le Service Action dans les années 1960, sous la direction du général Paul Jacquier, compagnon de la Libération, un des premiers aviateurs à avoir rejoint la Royal Air Force pour continuer la lutte en juin 1940, puis les Forces Françaises Libres.

Pour comprendre les circonstances exactes de l’entrée en jeu de cette autre pièce de l’échiquier revenons en 1963, date de sa rencontre avec Pierre Accoce, alors qu’il était proche de la retraite et maintenu en service en tant qu’agent de liaison du S.D.E.C entre le service action et les services du Premier ministre à Matignon.   

À cette époque, il entretenait encore des relations de confiance et d’amitié profonde avec un « ancien » des SR, prédécesseur de Paul Jacquier à la direction du SDEC, le général Paul Joseph Roger Grossin.
Cet autre irréductible républicain né en 1901 à Oran, avait été affecté de septembre 1939 à mai 1940, à l’état-major de la Ve armée, celle du général…Bourret, un des officiers républicains les plus actifs de l’armée, celui qui, sans relâche, dénoncera les efforts de la Cagoule pour la noyauter et que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises au cours de notre enquête.
Durant cette période, son chef d’État-major était le général de Lattre de Tassigny et, nous nous en souvenons, le commandant des chars le colonel de Gaulle !
On comprend donc à quel point ces « mauvaises fréquentations » allaient bien vite avoir sur lui une influence fâcheuse puisque, fait prisonnier fin juin 1940 dans les Vosges, il ne tarde pas à s’évader et rejoint la France où il intègre un groupe de résistants affiliés au groupe Combat. Ce qui le fera rayer des cadres par le gouvernement de Vichy en décembre 1941.  C’est au sein de ce réseau qu’il prépare en Algérie le débarquement allié.

Puis il intègre les Forces Françaises Libres du général De Gaulle, aux côtés de son ami de Lattre et c’est ensemble qu’ils prépareront le débarquement en Provence et remonteront jusqu’à Paris.
Après une longue période à l’état-major des Armées, il est nommé en 1957 patron du S.D.E.C. Fonction qu’il cèdera à son compagnon et ami en résistance, le général Paul Jacquet, celui qui guida si obligeamment M. Accoce, par l’entremise du commandant Trautmann dans les coulisses ténébreuses de la bataille …

Une manœuvre difficile et tortueuse qui nous a permis de comprendre comment le président de Gaulle, alors au pouvoir, mais en ce temps de Guerre froide très préoccupé de rétablir l’indépendance de la France par rapport aux Etats-Unis et l’Union soviétique, avait décidé de se venger de ses ennemis antirépublicains.

Car rien ne s’est fait sans son accord …

Ainsi, la boucle est bouclée, et l’on comprend mieux par quel autre tour de magie, le petit journaliste de l’Express a pu retrouver la piste « oubliée » du réseau Viking de Rudolf Roessler.

Les États font intervenir leurs Barbouzes pour museler les historiens

Les États font intervenir leurs Barbouzes pour museler les historiens

Chacun aura bien compris que l’État de Vichy puis les 4ème et 5ème Républiques eurent à cœur de dissimuler la trahison militaire.

Or, si l’on peut comprendre l’intérêt de Pétain et ses amis Cagoulards, et même de général de Gaulle, très occupé à redresser le prestige de la France, on comprend évidemment moins pourquoi et comment ce « secret de famille » fut si longtemps préservé depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Au regard de la position retrouvée par la France au sein du concert des Nations, rien ne justifiait plus une telle entorse aux principes républicains.

Autre grande question : Pourquoi les autres démocraties concernées n’ont-elles pas dévoilé le pot aux roses ? 

Après tout, si l’on peut comprendre l’attitude de l’Allemagne, principale complice, comment comprendre celle des victimes : Angleterre, Belgique, Hollande etc…

Il y a bien sûr là quelque chose « d’incompréhensible » et que nous verrons bien entendu très en détail au cours de notre enquête à suivre sur les grands enjeux impériaux et ceux des cartels mondiaux.

En attendant, et puisque le but de ce site des Historiens en colère, est bien de vous faire comprendre les raisons de nos ressentiments, il n’est pas vain de vous apprendre que les chercheurs révisionnistes français n’ont pas été les seuls à être sauvagement combattus pour que l’omerta subsiste.

Pour en être certains, je propose trois exemples frappants concernant trois historiens révisionnistes de premier plan : Aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne.

Antony Sutton et la rumeur

Revenons donc à M. Antony Sutton, économiste et historien d’origine britannique, chercheur à l’université de Standford  –  où il a pu analyser pendant cinq ans des milliers d’archives concernant les responsabilités de Wall Street en provenance de la fondation Hoover –

Puis professeur à la très célèbre université de Californie à Los Angeles (UCLA) où l’élite de la nation est formée ;

C’est lui qui, tous noms, dates et chiffres à l’appui, a dénoncé, dès les années 1960, la part prise par Wall Street dans l’arrivée au pouvoir des Bolcheviks en Russie et d’Hitler en Allemagne, puis les liens existants entre Wall Street et les grands trusts allemands et russes, et enfin l’étendue des responsabilités des plus beaux fleurons de l’industrie américaine dans le réarmement de ces deux pays.

Or, voici l’article paru à son sujet – et toujours en ligne en 2021 – sur la célèbre encyclopédie participative Wikipédia, bien connue par le fait qu’elle offre à chacun de pouvoir y intégrer un article de son cru, sans aucun contrôle sérieux.

Un article particulièrement tendancieux, présentant ce chercheur reconnus de tous ses confrères et des meilleurs intellectuels pour son honnêteté, en tant que chef de file des complotistes américains !

Article que je reproduis ici, selon ma bonne habitude, en sa totalité, afin de ne pouvoir être soupçonné de contrefaçon :

Antony Cyril Sutton

Données clés

Naissance

14 février 1925

Décès

17 juin 2002 (à 77 ans)

Nationalité

britannique

Profession

Essayiste
Économiste

Antony Cyril Sutton, né le 14 février 1925 et mort le 17 juin 2002, est un économiste et essayiste américain d’origine britannique, figure historique du conspirationnisme aux États-Unis1.

Sommaire

Biographie

Sutton fut chercheur à Stanford au sein de la fondation Hoover de 1968 à 1973. Il enseigna l’économie à l’UCLA. Il étudia à Londres, Göttingen et UCLA et fut titulaire d’un doctorat en sciences de l’Université de Southampton, en Angleterre. [réf. souhaitée]

Théories

L’historien Bernard Bruneteau observe que Sutton, « économiste britannique ultraconservateur devenu américain […] n’a cessé de dénoncer depuis les années 1970 les projets mondialistes de l’establishment bancaire américain, accusé de surcroît d’avoir favorisé à la fois l’avènement des bolcheviques et de Hitler afin de mieux contrôler la Russie et l’Allemagne dans le futur2. » Les ouvrages de l’économiste sont ainsi encensés par Pierre de Villemarest, journaliste et écrivain d’extrême droite 3,4, pour qui « Sutton fut le seul auteur qui ait jamais disséqué les contrats grâce auxquels les totalitarismes nazi et soviétique ont pu vivre et survivre économiquement »5.

En outre, Bernard Bruneteau note qu’Alain Soral puise ses références relatives à une soi-disant « mondialisation juive par essence » dans de « vieux chenaux idéologiques », ceux de « la vulgate courante du « judéo-bolchevisme » de l’entre-deux-guerres6 », mais également chez des « auteurs d’aujourd’hui, présentés comme « historiens » ou experts de leurs sujets, mais appartenant plus à une catégorie d’essayistes en rupture ou marginaux, ces « intellectuels prolétaroïdes » décrits en son temps par Max Weber7. » Diffusées par Égalité et Réconciliation, les publications d’Antony Sutton, Anne Kling et Daniel Estulin visent ainsi à « accréditer la thèse de l’origine commune de la double impulsion mondialiste du XXe siècle – libérale et marxiste7. »

Sur la société de la Skull & Bones

Selon Sutton, l’élite de la société des Skull and Bones développerait une vision de l’éducation des masses prônant non pas l’individualisme mais l’intégration dans une société organique – vision inspirée de la doctrine de Hegel sur l’État absolu. Dans ce type d’État, l’individu trouve sa liberté par l’obéissance aux lois de l’État8. Les libertés individuelles, quant à elles, doivent se soumettre à une tyrannie rationnelle9. De plus, Sutton soutient que la théorie de Wilhelm Wundt sur les similitudes entre psychologie animale et humaine10 ainsi que la notion hégélienne du conflit qui crée l’Histoire11, font partie intégrante de l’idéologie des Skull & Bones. Ainsi le conflit entre une thèse et une antithèse donne une synthèse et si le processus thèse-antithèse est sous le contrôle de cette société, la synthèse découlera forcément de sa volonté. En l’occurrence, il est question de l’organisation, par une société d’élite, du conflit Marxisme – Nazisme dans le but d’instaurer une seule idéologie mondiale[pas clair] 11. Pour Sutton, la synthèse ultime des Skull & Bones est le Nouvel ordre mondial12. [pas clair]

Sur les liens entre Wall Street et Franklin Delano Roosevelt

Pour Sutton, l’action de Franklin Delano Roosevelt s’est fait dans l’intérêt de la haute finance américaine par son New Deal et par d’autres lois promulguées à partir de 193313.

Œuvres

Livres en anglais :

  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1917-1930 (1968)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1930-1945 (1971)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1945-1965 (1973)
  • National Suicide: Military Aid to the Soviet Union (1973)
  • What Is Libertarianism? (1973)
  • Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999)
  • Wall Street and the Rise of Hitler (1976, 1999)
  • Wall Street and FDR (1976, 1999)
  • The War on Gold: How to Profit from the Gold Crisis (1977)
  • Energy: The Created Crisis (1979)
  • The Diamond Connection: A manual for investors (1979)
  • Trilaterals Over Washington – Volume I (1979; with Patrick M. Wood)
  • Trilaterals Over Washington – Volume II (1980; with Patrick M. Wood)
  • Gold vs Paper: A cartoon history of inflation (1981)
  • Investing in Platinum Metals (1982)
  • Technological Treason: A catalog of U.S. firms with Soviet contracts, 1917-1982 (1982)
  • America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (1983, 1986, 2002)
  • How the Order Creates War and Revolution (1985)
  • How the Order Controls Education (1985)
  • The Best Enemy Money Can Buy (1986)
  • The Two Faces of George Bush (1988)
  • The Federal Reserve Conspiracy (1995)
  • Trilaterals Over America (1995)
  • Cold Fusion: Secret Energy Revolution (1997)
  • Gold For Survival (1999)

Livres en français :

Notes et références

  • Pierre-André Taguieff, « Un portrait hagiographique d’Antony C. Sutton, figure majeure du conspirationnisme américain, principal diffuseur de la vision diabolisatrice de la société « Skull & Bones » », in La Foire aux illuminés. Ésotérisme, Théorie du complot, Extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005 (ISBN2-84205-925-5), pages 262 et suivantes.
  • · Bruneteau 2015, p. 231, n. 25.
  • · Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 469), 2012, 384 p. (ISBN 978-2-262-04101-4, notice BnF no FRBNF43781231, présentation en ligne [archive]), p. 189-190.
  • · Pierre Péan, Le mystérieux docteur Martin (1895-1969), Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le livre de poche » (no 13935), 1996, 535 p. (ISBN 978-2-253-13935-5, notice BnF no FRBNF36688158), p. 6 ; 497 ; 511.
  • · Pierre de Villemarest, Les Sources financières du nazisme, éd. CEI, 93 p., 1984
  • · Bruneteau 2015, p. 230.
  • · Bruneteau 2015, p. 231.
  • · America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 62)
  • · America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 73)
  • · America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 76)
  • · America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 92)
  • · Antony Cyril Sutton, America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 93)
  1. ·  (en) Bruce W. Dearstyne, « Compte rendu du livre d’Antony Sutton, Wall Street and FDR, 1975 », History : Reviews of New Books, vol. 4, n° 2, Routledge, 1975, p. 44, DOI:10.1080/03612759.1975.9946031.

Annexes

Bibliographie

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Dans cet article plusieurs points caractéristiques de la manière de procéder des services secrets, afin de discréditer les personnes dont on aimerait bien faire oublier l’existence :

D’abord, l’article est habilement rédiger de manière à ce qu’une personne non avertie puisse estimer que les historiens les plus honnêtes et prestigieux partageraient l’analyse de l’auteur.

Alors que pas un mot, pas une citation ne vient appuyer ce parti-pris narratif.

Ensuite, l’auteur anonyme cite M. Bernard Bruneteau, dont le domaine de compétence et les travaux n’ont rien à voir avec l’impérialisme américain et qui, s’il cite parfois Sutton, le fait de manière tout à fait superficielle, et sans jamais l’accuser de conspirationnisme ;

Autre expert cité : M. Pierre André Taguieff, excellent historien ayant parfaitement démontré les vices et intentions cachées des thèses conspirationnistes.
Or, dans son ouvrage cité en référence par l’auteur de cet article sur Wikipédia, et intitulé : la foire aux illuminés, jamais M. Taguieff ne met M. Sutton en cause !

En réalité : 

D’une part, les pages 262 et suivantes de cet ouvrage, données en démonstration de la vision hautement conspirationniste de M. Sutton, ne parlent pas des sujets évoqués par Sutton, mais de sujets totalement différents, et sans jamais même évoquer de près ou de loin son nom.

Il s’agit donc d’un faux pur et simple.

D’autre part, le document annexe, dans lequel un autre auteur évoque la personnalité de Sutton et la qualité de ses travaux, est entièrement en sa faveur. Loin de l’assimiler d’une manière quelconque à une thèse conspirationniste, il fait au contraire l’éloge de Sutton et de ses ouvrages, admirant la qualité des archives présentées et le sérieux de ses recherches !

Ainsi, mis à part peut-être la vision élargie et critique de la société Skull and Bones,

– société secrète américaine fondée à l’université de Yale et à laquelle ont effectivement appartenu, et appartiennent toujours, les principales figures de ce que j’appelle le Grand capital noir américain  – 

cet article est une parfaite démonstration de la manière dont certaines personnes sont en charge de désinformer les Peuples.

Car quel intérêt aurait un particulier quelconque, à mentir de manière aussi flagrante ?

Il est clair que ce fraudeur historique a profité de Wikipédia, et du fait que la plupart des gens ne vérifient pas les références apportées, pour salir la mémoire de M. Sutton et discréditer son œuvre.

Malheureusement pour lui, nous, nous lisons …

Autre exemple de ces tentatives de diabolisation :

  1. Martin Allen, et les services secrets britanniques

Cet excellent auteur à qui nous devons deux ouvrages essentiels quant à la compréhension de la Seconde Guerre mondiale et des grands enjeux du 20ème siècle :  Le roi qui a trahis et L’étrange voyage de Rudolf Hess, a lui aussi eu affaire aux services secrets, mais britanniques cette fois, et de son vivant.

En effet, dans son dernier ouvrage traitant de la participation essentielle d’Himmler – chef de la SS –  au pillage de l’Europe en faveur du Grand capital noir, M. Allen revient en détail sur les liens existants entre le Grand capital noir, Wall Street, les paradis fiscaux, et les nazis, lorsqu’il fallut – pendant et après la guerre – mettre en sureté le précieux butin.

Il affirme en outre qu’Himmler aurait fort logiquement été assassiné par les Alliés, comme tant de témoins de premier plan le furent, non seulement par les britanniques les Américains et les Français, mais également par les Allemands, puisqu’Hitler fit exécuter peu avant sa mort quelques centaines de témoins essentiels, qui auraient pu dénoncer à la fois la trahison militaire française et le complot mondial.

Voici l’article de Wikipédia concernant. Allen, toujours en sa version intégrale

Martin Allen

Pour les articles homonymes, voir Allen.

Ne doit pas être confondu avec Martin Allen (football).

Cet article est une ébauche concernant le Royaume-Uni.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Martin Allen

Biographie

Naissance

1958

Caerphilly

Nationalité

Britannique

Activités

Journaliste d’opinion, historien

Martin Allen est un écrivain britannique, auteur de trois livres d’histoire.

Biographie

Dans un livre publié en 2005, Martin Allen affirme, en s’appuyant sur des documents des archives nationales britanniques, que Himmler aurait été assassiné par les Alliés1, thèse qui est soutenue par David Irving. Ce livre d’Allen est encore qualifié d’excellent ouvrage dans le Journal of Military History de juillet 20062.

Quelques mois après la publication du livre, et à l’initiative du journal Telegraph, les responsables des archives nationales britanniques font expertiser par une spécialiste certaines pièces sur lesquelles s’appuie Allen. L’expertise conclut que plusieurs de ces documents sont des faux. Selon l’article publié à ce sujet par le Telegraph en juillet 2005, rien ne suggère que Martin Allen ait été de mauvaise foi en utilisant ces sources falsifiées3.

Un autre faux est détecté parmi les documents lui ayant servi de source pour son livre (Le roi qui a trahi, Éd. Plon, 2000) sur la supposée trahison du duc de Windsor4.

Les archives britanniques se sont abstenues de porter plainte en raison de l’état de santé de Martin Allen5.

Publications

  • Himmler’s Secret War: The Covert Peace Negotiations of Heinrich Himmler, Da Capo Press, 2005, (ISBN 978-0786717088)
  • The Hitler/Hess Deception : British Intelligence’s Best-Kept Secret of the Second World War, HarperCollins UK, 2004, (ISBN 978-0007141197)
  • Hidden Agenda: How the Duke of Windsor Betrayed the Allies, M. Evans and Company, Inc.; 1st Am. ed. edition, 2002, (ISBN 978-0871319937)

Notes et références

  1. ·  François Kersaudy, « Édouard VIII n’a jamais trahi » [archive], sur Le Figaro, 6 février 2013

Nous constatons que cette fois, l’auteur inconnu de cet article ne cherche pas de faux arguments, il se contente de citer quelques faits.

En oubliant bien sûr de donner la version de M. Allen quant à ces accusations de malversation.

Puis il conclue d’un laconique :  « Les archives britanniques se sont abstenues de porter plainte en raison de l’état de santé de Martin Allen »
Censé, en réalité, entériner de manière détournée la thèse de la falsification, par cette absence de commentaire ou d’analyse ;
En effet, connaissant l’état de santé de M. Allen, qui n’a rien d’inquiétant, n’est-il pas plus logique que l’issue d’un procès étant aléatoire, il était plus prudent de laisser planer un doute avilissant ?  Ce qu’on appelle la rumeur …

Autre argument en ce sens : cette accusation fut suivie avec enthousiasme par tous les historico-commerciaux français que nous connaissons très bien aujourd’hui pour leur participation à la thèse du « Blitzkrieg incompréhensible » ou à celle d’une guerre livrée par les puissances du Bien à celles du Mal, et que vous trouverez sans difficulté sur Internet parce qu’ils sont bien connus pour avoir chanté les louanges de la splendide démocratie britannique, de la famille royale et de Churchill.
Louanges bien entendue saluées par de nombreux prix littéraires, titres honorifiques et prébendes, et même dans le cas de M. Kersaudy par son élévation au rang de dignitaire de l’Ordre de l’Empire britannique …

En réalité, comment imaginer que M. Martin Allen, mondialement reconnu par ses pairs pour son courage et son honnêteté intellectuelle, ait pu risquer sa réputation et sa carrière en contrevenant de manière aussi stupide aux règles de sa profession ?

Comment imaginer qu’il ait pu jouer au faussaire en se procurant du papier et des machines à écrire d’époque, pour ajouter encore aux preuves qu’il apportait ?

C’est ridicule !

Par contre, comment ne pas reconnaitre la haute expertise des Services secrets britanniques, spécialistes en faux et usages ?!

Eux sont parfaitement outillés et motivés pour produire de tels documents et les glisser dans les archives que M. Allen consultait !

Services que je mets au défi de relever mon accusation, en prouvant le contraire, car il faudrait pour cela qu’ils démontrent que le Gouvernement de Sa Majesté n’aurait eu aucun intérêt à détruire la réputation d’un historien respecté. Donc qu’il n’y a jamais eu trahison militaire française, et que le Grand capital noir, ainsi que le parti européen britannique, ne furent pour rien dans cette guerre ! 

Et l’on comprend mieux pourquoi j’ai pris la précaution de ne jamais, ou presque, consulter les archives, et de ne me baser que sur des écrits connus de tous. Ouvrages rédigés par les meilleurs universitaires allant d’ailleurs totalement dans le sens de M. Allen et que les services secrets de sa Majesté auront beaucoup de mal à tous discréditer.

Si tant est qu’ils aient un jour l’honnêteté de les ouvrir …

Les officiers allemands ont également témoigné

Autre victime de cette volonté délibérée de camoufler la trahison :

  1. Julius Mader, historien allemand – qu’on se souvient avoir déjà rencontré dans le 4e tome – auteur d’un livre sur les généraux ayant révélé le dessous des cartes côté nazi, notamment avec le témoignage écrit du général Piekenbrock qui attesta qu’il n’y avait aucune 5e Colonne allemande en mesure d’organiser toutes les trahisons constatées sur le terrain pendant la Bataille de France tels que: Déplacement des populations civiles, ponts non sautés, ordres de retraits en séries, assassinats d’officiers et autres « chars fantômes »…

Voici ce qu’il rapporte des pressions qu’il eut à subir pour avoir publié ce document dénonçant, entre autres, les relations entre le Reich et les cartels du Grand capital noir, AGFA, IG Farben, et autres assassins de masse qui, ayant implanté leurs usines au cœur des camps de concentration, utilisaient les déportés pour accroitre encore leurs pharamineux bénéfices sans se soucier des milliers de victimes qu’ils provoquèrent : « Le contenu de ce livre étant explosif, le commandement des services secrets de la république fédérale et celui de la Bundeswehr devaient s’employer, par tous les moyens dont ils disposent, à en empêcher, ou, du moins, en contrarier la publication. Ces réseaux qui continuent la tradition criminelle des généraux hitlériens craignent, en effet, la vérité comme le diable craint l’eau bénite. C’est ainsi que, par exemple, le Wehrkunde – journal traitant des problèmes militaires, organe officiel de la société militariste pour l’information des Armées, donna dès le mois de décembre 1966, cet avertissement solennel dans ses colonnes : « Tout récemment, Mader a adressé à d’anciens officiers de l’Abwehr des lettres « d’un bon Allemand » leur demandant de lui transmettre des renseignements, des rapports d’activité etc.., destiné à une documentation qu’il serait en train de constituer. En fait, il s’agit d’une attaque sournoise dirigée contre l’ancienne Abwehr et le Service d’Information de l’Allemagne fédérale (l’un des premiers bureaux de Services secrets de l’Allemagne de l’ouest dont le pouvoir se place immédiatement derrière celui de la Chancellerie elle-même) tout autant que contre le livre, récemment publié par Gert Buchheit, intitulé : Les services secrets allemands – Histoire de la Défense militaire…

Par conséquent, il est expressément recommandé de ne fournir aucune information, ni aucune documentation à des adresses situées en zone soviétique (c’est-à-dire en République démocratique allemande).

Quatre mois plus tard, des publications diffusées sous l’égide du Service fédéral pour la protection de la Constitution, renouvelaient ce genre de mise en garde avec plus de précision encore. Il y était écrit :

« Si vous recevez une lettre d’un certain Julius Mader, ne répondez pas et transmettez aux Services compétents de la Sécurité… L’ouvrage actuel auquel travaille actuellement Mader doit être publié sous le titre suivant : Les généraux espions d’Hitler déposent…
De ces réactions, qui par ailleurs, soulignent la nécessité et l’actualité de mon ouvrage, on peut déduire objectivement plusieurs points :
– Premièrement, les généraux espions d’Hitler bénéficient de complicités au sein même des cercles politiques de l’Allemagne de l’Ouest, mais ces complices ne sont plus pour nous des inconnus.
 – Deuxièmement, chacun des anciens officiers des services Secrets de l’Armée hitlérienne a eu la possibilité de faire la preuve de sa rupture avec son passé et d’apporter sa contribution à l’Histoire en disant la seule Vérité.
– Troisièmement, il est apparu clairement que les milieux capitalistes et les hauts fonctionnaires de l’administration fédérale ont intérêt à laisser dans l’ombre l’activité passée d’un grand nombre de criminels de guerre nazis en contrariant toute enquête à leur sujet. »

Alors bien sûr, j’entends déjà les « experts accrédités » affirmer que cet ouvrage de M. Mader était sans doute un instrument de propagande au bénéfice de l’Allemagne de l’Est, et qu’il faut le resituer dans le contexte de la Guerre froide, avant de juger de sa validité.

En ce cas, qu’ils veuillent bien répondre à ceci …

Le « sous-marin » allemand n’est toujours pas coulé

En effet, concernant les relations privilégiées entre le Reich nazi et les « démocraties » à la sauce anglo-saxonne, il n’est pas vain de revenir sur un énième « détail oublié » : L’importance qu’eurent les services de renseignements de la Wehrmacht (Abwehr) au cours de la période hitlérienne, puis après-guerre.

Importance largement minimisée depuis, en mettant en avant l’action de quelques-uns officiers démocrates ayant lutté de toutes leurs forces contre le nazisme, tels l’amiral Canaris, Oster, ou Lahoussen, mais à propos desquels il ne faut pas oublier qu’ils furent, pour la seule part qui put être démontrée, responsable dans 12 pays d’Europe, sans compter l’URSS, de l’exécution ou de la déportation de 1 million 277 754 résistants et sympathisants antifascistes.
Ce sont ces dirigeants de l’Abwehr, rebaptisés anti-communistes pour les besoins du conte de fées, qui furent soigneusement protégés après-guerre par le gouvernement américain, puis ré-infiltrés au plus haut niveau de responsabilité de l’Allemagne de l’Ouest, tels :

Joseph Müller, devenu un des leaders bavarois du parti démocrate-chrétien, ou Hermann Götz membre du comité directeur de la branche CDU de Hesse, président du comité pour les réfugiés, et du Comité de travail sur «les questions de sécurité intérieure et extérieure », directeur de la communauté fédérale de travail pour l’assistance aux soldats, membre de l’Ackermanngemeinde au sein de la Société des compatriotes Sudètes, parlementaire à Bonn à partir de 1949 et, à partir de 1968, Président de la Commission de travail de politique sociale du groupe CDU / CSU au Bundestag.         
Parmi les membres de la première heure du FDP on trouve également le docteur Victor Hoven qui fut autrefois capitaine et chef de bataillon dans la division Brandebourg de l’Abwehr, la section en charge de la liquidation des opposants, qui avait formé une « cinquième colonne » fasciste en Belgique.

En 1954, ce haut responsable nazi siégeait déjà dans le groupe F.D.P. du Land de Nordrhein-Westfalen, et en 1957 entrait au Bundestag.
Autre exemple notoire : Le capitaine de l’Abwehr 2, Theodor Oberländer, ex Gauleiter nazi qui réapparait d’abord sur la scène politique comme membre du F.D.P. pour devenir ensuite président de l’association fédérale des réfugiés et spoliés (BHE) et atterrir enfin, en 1956, dans la CDU d’Adenauer.        
Même présence au ministère des Affaires étrangères avec le vice-amiral Léopold Bürkner, ex chef du service étranger sous Canaris, devenu en 1949 conseiller des ministres des affaires étrangères, ou encore Otto Wagner, alias Docteur Delius, colonel à l’Abwehr et chef de la K.O. de Bulgarie qui, avec son ami le capitaine de frégate Alexandre Cellarius, ancien chef de la K.O. de Finlande Estonie, deviendront Conseillers permanents du ministère des Affaires étrangères pour les questions du sud-est et du nord-est européen.

Et tout cela se comprend, si l’on veut bien se souvenir que ces liens ne dataient pas d’hier, puisque ces hommes de l’Abwehr trouvèrent un appui inconditionnel auprès des plus hauts représentants allemands de la haute finance internationale, tel Hermann Abs, devenu après-guerre président-directeur général de la Deutsche Bank et conseiller des chanceliers successifs de la république ouest- allemande, mais qui occupait en 1942 en tant que président du conseil d’administration de la banque d’État et représentant de l’IG Farben, une quarantaine de postes de direction au sein d’entreprises industrielles aussi bien en Allemagne qu’à l’étranger. Qu’à ce titre, et en totale collaboration avec la Herman Goering Werke, il exerçait une influence directe sur La Minière du sud-est (sous contrôle de Goering) et la Continental Oil (sous contrôle de la Standard Oil de J.D. Rockefeller par la Ohio Oil Company) aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Pologne, dans les états balkaniques et au sein du comité « Russie » jusque dans les territoires occupé du Caucase, mettant les renseignements commerciaux et industriels obtenus par ses services d’espionnage au service de l’Abwehr.

Nous pouvons donc affirmer, sans crainte d’être contredit, que ces trusts sous contrôle américain, et les services secrets allemands travaillèrent tout au long de la guerre, la main dans la main, afin d’organiser le pillage de l’Europe.

Voici d’ailleurs ce que le docteur Ilgner, ancien directeur du «bureau NW 7» (service de la subversion) de l’IG Farben, et vice-président du comité économique d’Europe centrale, avoua de ses contacts avec le service de Canaris devant la commission d’enquête du tribunal militaire américain à Nuremberg : « L’Abwehr, de même que le service de l’économie de guerre, voulait obtenir des renseignements d’ordre économique sur les pays étrangers et s’intéressait beaucoup aux recherches du département d’économie politique… Il est vrai que les informations de l’IG Farben étaient si complètes qu’il n’y avait pas le moindre changement à apporter à ses méthodes d’investigation. Le département d’économie politique de l’IG était alors le meilleur et le plus complet d’Allemagne… »

Et quelle meilleure source de renseignement pour repérer tous les biens encore pillables en Europe, puis pour organiser la mise sous tutelle de la plus grande puissance industrielle du continent ?

Ainsi l’on comprend mieux pourquoi en 2019, l’Allemagne semblait soudain découvrir que plus de la moitié des hommes politiques et des hauts fonctionnaires en poste dans les années d’après-guerre étaient d’anciens nazis actifs… » [1]

En attendant donc que nos experts veuillent bien opposer d’autres archives et témoignages à ceux avancés par M. Mader, laissons notre témoin conclure : « Mais le fait qu’en fin de compte mon livre ait vu le jour montre bien que le bras de l’impérialisme allemand n’est plus assez long pour mutiler la vérité historique, pour empêcher la révélation de faits qui contribuent à sa connaissance.
C’est dans cet esprit de respect de la vérité historique, que je remercie les personnalités et la direction des services de la République Démocratique allemande et d’autres pays qui m’ont apporté une aide efficace en me communiquant leurs archives.
Je remercie tout particulièrement « l’équipe » de travail des anciens officiers de renseignements qui a organisé pour moi de nombreux contacts dans les deux Allemagnes et a contribué, par la masse de ses informations, à la matière première de cet ouvrage. »
Fin de citation (Mader Les généraux allemands déposent – Introduction)

Chacun le sait, la liste des anciens nazis totalement inféodés aux « Libérateurs » et leurs intérêts internationaux parvenus aux plus hauts postes de responsabilité de l’État allemand après-guerre est impressionnante. L’unique crime de M. Julius Mader fut donc de les citer, alors qu’il aurait fallu les « oublier ».

Tout comme il fallait faire disparaître du conte de fées le système « Octogone » monté par Allen Dulles toujours à la tête des Services Secrets américains, utilisant l’or volé aux Peuples d’Europe par les SS.

Un réseau qui, puisant dans ce « trésor de guerre » mis à l’abri dans les coffres suisses, monta un nouveau trafic d’armes pour réarmer l’Allemagne et donna tous les moyens financiers à la CDU de faire élire son candidat Konrad Adenauer à la Chancellerie afin de conduire la Guerre froide. [2]    

Et l’on comprend mieux pourquoi Adenauer replaça aux postes de commande des hommes tel Reinhard Gehlen, officier de liaison personnel en mai 1940 entre le Feld Maréchal von Brauchitsch et le groupe d’armée de Guderian, donc un homme ne pouvant qu’être informé de la trahison française, pour faire de lui le chef des services secrets de l’Allemagne de l’Ouest et mettre ainsi au service de la CIA des centaines d’autres hauts responsables nazis.

Juste retour d’ascenseur …

Heureusement ces historiens ont défié les lois non écrites et, grâce à leur travail précis et obstiné, nous avons été en mesure de tirer tous les fils reliant entre eux les différents piliers du mensonge d’États.

Ce qui nous donne le droit, aujourd’hui, de qualifier les auteurs que j’ai dénoncés dans cet ouvrage comme des « experts » en désinformation, en tant que « négationnistes ».

Au même titre que ceux qui tentent de réhabiliter Hitler, ou de nier les crimes nazis, leurs écrits sont, nous avons pu le constater, entachés de la même mauvaise foi, et procèdent de la même perversité intellectuelle.

Ils servent donc une cause déterminée, et doivent être jugés pour ce qu’ils sont : des faussaires. Puis combattus en place publique, afin :

« que notre Patrie redevienne vraiment une grande puissance, la haute force morale et intellectuelle nécessaire à l’humanité, qu’elle était et doit demeurer ».   

Général Gamelin – Servir Tome 1 page XV

[1] Signalons à l’attention des lecteurs curieux, la parution en 2005 d’un ouvrage de plus de 700 pages, rédigé par M. Ernst Klee intitulé : Das Personen lexikon zum drittent Reich. Wer war was vor und nach 1945 ? proposant la liste des milliers de nazis ayant obtenu après-guerre de hautes fonctions dans des multinationales, ou au sein du gouvernement allemand.

[2] [2] Cette société écran fut crée en Suisse par le marchand d’armes Rudolf de Ruscheweyh qui s’était fait connaître en tant qu’intermédiaire obligé entre l’usine suisse de machines-outils Oerlikon-Bührle, entièrement rachetée entre 1927 et 1929 par Herr Emil Jorg Bührle un des officiers déjà impliqué dans le réarmement secret de l’Allemagne en Russie et qui, depuis, produisait essentiellement des canons antiaériens vendus aussi bien aux alliés qu’aux forces de l’Axe. C’est sous cette couverture que Ruscheweyh put organiser la fuite des capitaux nazis vers les paradis fiscaux et les comptes ofshore du Grand capital noir.

Après la guerre, ce système économiquement « hors contrôle » des « démocraties » put donc librement rétablir les liens avec les « amis américains » par l’intermédiaire d’Allen Dulles, patron de l’OSS en Suisse (ancêtre de la CIA), qui recruta immédiatement les anciens nazis dont il avait besoin, en particuliers les SS ayant eu la haute main sur ce trésor et les membres des Services Secrets qui avaient été en charge de localiser les biens à piller.

La société Octogon Trust, officiellement spécialisée dans la gérance de fortune et l’import-export, fut alors chargée d’organiser la fuite des criminels de guerre, spécialement en Amérique du sud, où ils serviront à nouveau le Grand Capital noir, en fomentant à la demande les « révolutions spontanées » ou « contre-révolutions » nécessaires au renversement des gouvernements trop républicains…. Ce système sera décrit dans tous ses détails dans les tomes à paraître. Et pour les impatients dans : Le Testament de Sidney Warburg.


[1] Signalons à l’attention des lecteurs curieux, la parution en 2005 d’un ouvrage de plus de 700 pages, rédigé par M. Ernst Klee intitulé : Das Personen lexikon zum drittent Reich. Wer war was vor und nach 1945 ? proposant la liste des milliers de nazis ayant obtenu après-guerre de hautes fonctions dans des multinationales, ou au sein du gouvernement allemand.

[1] [1] Cette société écran fut crée en Suisse par le marchand d’armes Rudolf de Ruscheweyh qui s’était fait connaître en tant qu’intermédiaire obligé entre l’usine suisse de machines-outils Oerlikon-Bührle, entièrement rachetée entre 1927 et 1929 par Herr Emil Jorg Bührle un des officiers déjà impliqué dans le réarmement secret de l’Allemagne en Russie et qui, depuis, produisait essentiellement des canons antiaériens vendus aussi bien aux alliés qu’aux forces de l’Axe. C’est sous cette couverture que Ruscheweyh put organiser la fuite des capitaux nazis vers les paradis fiscaux et les comptes ofshore du Grand capital noir.

Après la guerre, ce système économiquement « hors contrôle » des « démocraties » put donc librement rétablir les liens avec les « amis américains » par l’intermédiaire d’Allen Dulles, patron de l’OSS en Suisse (ancêtre de la CIA), qui recruta immédiatement les anciens nazis dont il avait besoin, en particuliers les SS ayant eu la haute main sur ce trésor et les membres des Services Secrets qui avaient été en charge de localiser les biens à piller.

La société Octogon Trust, officiellement spécialisée dans la gérance de fortune et l’import-export, fut alors chargée d’organiser la fuite des criminels de guerre, spécialement en Amérique du sud, où ils serviront à nouveau le Grand Capital noir, en fomentant à la demande les « révolutions spontanées » ou « contre-révolutions » nécessaires au renversement des gouvernements trop républicains…. Ce système sera décrit dans tous ses détails dans les tomes à paraître. Et pour les impatients dans : Le Testament de Sidney Warburg

La Justice au service du secret de familles

La Justice au service du secret de familles

Extraits du Tome N°7 de la Série le Grand Mensonge du 20ème siècle En vente sur :

Les éditions du Mouton noir

Une justice très, très « aveugle »

Chacun sait par quel biais, l’État, et son grand suppléant la Justice, purent faire respecter l’omerta sur la trahison militaire jusqu’en ce début de 21ème siècle, puisque, le 23 juillet 1945, alors que s’ouvrait le procès du maréchal Pétain, si l’acte d’accusation avait bien retenu :

« Crime d’attentat contre la sûreté intérieure de l’État et intelligence avec l’ennemi en vue de favoriser ses entreprises en corrélation avec les siennes. »

On écarta la première accusation portée au début du procès par le Procureur : « Trahison militaire. »

Résultat : Tout comme à Riom, la moindre allusion à la trahison militaire et au complot Cagoulard contre la République fut bannie des débats.
Triste réalité que rappellent les archives du procès à la date du 6 août 1945 : Ce jour-là, un officier qui eut le malheur d’évoquer le cas du général Huntziger en déclarant d’entrée de jeu : « Le général cagoulard Huntziger, affecté à l’ouverture de Sedan le 12 mai 1940 à la Wehrmacht », se vit rétorquer tout de go par le président Montgibaux, qui avait prêté serment à Pétain en 1941 et appliqué avec empressement les lois de Vichy contre les Résistants et opposants : « Il ne s’agit pas, actuellement, de la Cagoule, mais de la responsabilité du maréchal Pétain dans la politique qui a été pratiquée surtout après l’armistice. »

On ne pouvait être plus clair ! Ainsi les témoins militaires de l’accusation ne pouvaient ignorer qu’au cours de ce procès mené par les sbires de Vichy contre leur ancien patron, seuls les faits de collaboration seraient jugés.

Ou comment jeter pour la seconde fois dans les poubelles débordantes de l’Histoire, mais par la République cette fois, les sections spéciales cagoulardes et les chars fantômes de Bulson, les désertions d’officiers, les trahisons de généraux et tout ce qui risquait de nuire à la bonne ordonnance du conte si bien proposée par le bon maréchal Pétain.

Ainsi, selon le bon principe qu’il ne fallait pas réveiller les anciennes blessures et poser les questions susceptibles de nuire à l’autorité de l’État, – excuse universelle – le consensus se fit, et les témoins se turent sous peine de se voir condamnés pour « outrage » et leurs propos à nouveau censurés.
Ce qui permit de très vite oublier le sort de Marx Dormoy, ministre de l’Intérieur du Front Populaire qui mena la chasse aux Cagoulard et fut assassiné par la milice sous Vichy. De Georges Mandel député et ministre du Front Populaire, résistant de la première heure et assassiné en Juillet 1944 toujours par la Milice. De Jean Zay également député et ministre assassiné en juin de la même année, mais également les dizaines de députés placés en résidence surveillée après leur tentative malheureuse de rejoindre Alger à bord du Massilia pour former un Gouvernement républicain en exil.
Autres « oubliés » de l’Histoire, ceux qui, depuis la fin de la guerre, n’ont cessé de remettre en question la fable d’État, tel M. Pierre Chenevier, Président de la Fédération des Amicales de la France combattante qui, en 1973 lors de la remise des insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur à M. Pierre Mondanel, résistant et déporté, chef du contrôle général de la Police judiciaire ayant repris  avec obstination et malgré les pressions de Vichy l’enquête sur la Cagoule après l’assassinat de Marx Dormoy, rappelait : « Les Cagoulards les plus actifs ont été poursuivis, un certain nombre arrêtés par les services de la Sureté Générale, mais vous les avez retrouvés en 1940, à Vichy, au premier rang de la révolution nationale. Ils tenaient les leviers de commande dans le gouvernement. À noter que le IIIe Reich s’était empressé de faire libérer de prison tous ceux qui avaient été arrêtés. »

Et M. Baudier, maire de Vouziers et président de l’associations Ardennes, ceux qui ont combattu nous fait remarquer dans son ouvrage intitulé : que : « Bizarrement, l’on constate la disparition des Mémoires de Pierre Mondanel le policier qui a démantelé la Cagoule, manuscrit déposé après son décès par sa famille à la Bibliothèque nationale. »
Fin de citation (Baudier Portes ouvertes à Sedan)

Décidément, il semble que les archives de la France au cours de cette période soient très abondement la proie des « rats » du ministère de la Défense, sans que cela dérange beaucoup nos Gouvernements…

Autre sujet de « non étonnement » : L’inspecteur général Pierre Mondanel qui fut placé en congé avec solde par Vichy jusqu’en novembre 1943, puis révoqué après son arrestation en tant que dirigeant d’un réseau de résistance et déporté à Buchenwald, Lindau et Dachau, fut exclu de la police à la Libération !

Et l’on comprend mieux la logique des magistrats de l’épuration qui, à la Libération, révoquèrent Pierre Mondanel de ses fonctions d’inspecteur général de la Police, alors que tout le désignait pour en devenir le chef. Encore heureux qu’on ne l’ait pas jeté en prison pour sa participation à la lutte antifasciste !

Et comment s’étonner encore que des élus, tel M. Baudier, en soient encore aujourd’hui à réclamer justice pour ces hommes et pour toutes les victimes de cette trahison, donc de ce siècle :

« Républicain convaincu je souhaite que l’on applique la devise de notre patrie : Liberté, Égalité, Fraternité. Où est la liberté quand on ne peut accéder à la vérité parce qu’elle est volontairement camouflée ?  Où est l’égalité quand on choisit parmi les morts ceux qu’on honore et ceux qu’on oublie ? Où est la fraternité vis-à-vis de TOUTES les victimes civiles et militaires de cette guerre atroce où a été inventée l’industrie de la mort ?

Le sang qui imprègne notre terre exige que la vérité sorte du puit !!
Il exige aussi que la jeunesse soit informée non de sottises filmées, source de profits colossaux, mais de ce qu’ont vécu leurs familles et de ce qui peut leur arriver demain.
L’information fait partie des besoins essentiels des citoyens ! Il reste beaucoup à faire ! »
Fin de citation (Baudier Portes ouvertes à Sedan page 6)  

Enfin on a également écarté le fait, fort opportunément rappelé par Mme Lacroix Riz, historienne révisionniste de premier plan, qu’il n’y a pas eu plus « d’épuration » en France qu’en Allemagne ou partout ailleurs en Europe, et que la plupart des hauts responsables civils et militaires qui avaient mené sur tous les fronts la lutte contre les Résistances et les forces alliées avaient, soit été condamnés et graciés rapidement, soit pas inquiétés du tout, et se retrouvèrent très peu de temps après la Libération à nouveau aux plus hautes places de l’État. Le cas Maurice Papon était loin, et même très, très loin, d’être exceptionnel ! En fait ce fut plutôt la règle.

L’État français, grand ordonnateur, juge et bourreau

Quant à tous les témoins qui de toute façon auraient parlé, car il s’agissait pour eux de défendre leur vie, ils furent exécutés après un simulacre de procès que n’aurait pas renié une quelconque dictature bananière, au cours de la période dite de « l’épuration » – entendez par là, élimination des témoins gênants.

Tel celui de Pierre Laval, que le général Jauneaud commente ainsi : « L’instruction du procès Laval est close le 12 septembre 1945, après six interrogatoires. Les 18 jurés parlementaires sont choisis et non tirés au sort. Le procès se déroule en l’absence des avocats, mis dans l’impossibilité d’assurer la défense de leur client.

Le 6 octobre 1945, devant la partialité des déclarations, les injures et les menaces de ses juges, Pierre Laval déclare : « un crime judiciaire va s’accomplir. Je veux bien en être la victime. Je n’accepte pas d’en être le complice ! » Ses avocats se retirent : « L’honneur et le prestige de notre ordre nous interdisent de nous associer à des débats qui n’ont de judiciaire que le nom ! »

Le 9 octobre, Laval est condamné à mort. Il est fusillé cinq jours plus tard, le 15 octobre.

Ainsi disparut l’homme d’État qui était le plus conscient des dangers que faisait courir à la France l’étouffement de la vérité concernant la conspiration internationale, et la trahison qui provoquèrent la défaite et l’esclavage de notre pays. » (c’est moi qui souligne)

Puis Jauneaud cite quelques phrases que Laval lui a dites parmi lesquelles : « La France n’est pas libérée puisqu’on ne veut pas qu’elle connaisse la vérité !! »

Fin de citation (Jauneaud J’accuse le maréchal Pétain page 570) 

Sachant que Pierre Laval était l’homme des cartels français, en étroite liaison pendant toute la guerre avec les Américains par l’intermédiaire de son gendre le comte René de Chambrun, descendant de Lafayette, possédant la double nationalité franco-américaine, neveu par alliance de Theodore Roosevelt (président de 1901 à 1909) donc cousin de Franklin Delano Roosevelt, et chouchou de Pétain qui le surnommait « lapin ». Mais surtout que, bien au-delà ces considérations familiales, il était avocat d’affaires en relation étroite avec les grands intérêts de Wall Street que nous connaissons, donc avec Charles Bedaux et bien sûr un certain Jean Monnet, principal artisan de ce que sera la nouvelle Union européenne amenée dans les bagages des « Libérateurs » américains.

N’y avait-il pas effectivement tout intérêt à faire taire au plus vite ce témoin embarrassant, pivot politique incontournable de cette combinaison entre Grand capital international noir français, et Wall Street ?

« Dites-vous bien ma chère que quand il y a un mauvais coup qui se prépare, il y a toujours une République à sauver ! »

Le Président (film d’Henri Verneuil, dialogues Michel Audiard)

Et puisque nous en sommes à évoquer les victimes de la « Justice » façon épuration des républicains, pourquoi ne pas évoquer le général Jauneaud, républicain convaincu, l’un des principaux artisans du rétablissement de l’armée de l’Air sous le Front Populaire, dont il est établi aujourd’hui qu’il fut victime de ce qu’il est convenu d’appeler une « malheureuse erreur judiciaire » à la Libération, qui décrivit fort bien le contexte politique qui allait présider à son procès :

« Le général De Gaulle est dangereusement affaibli par la situation de guerre civile dans laquelle nous nous trouvons, alors que Roosevelt et Churchill sapent l’autorité du gouvernement provisoire, afin de pouvoir développer leurs actions hostiles à notre empire d’outre-mer.

D’ailleurs les services secrets américains et britanniques sont installés à Paris. Ils exercent une forte pression sur les personnalités de la Résistance dont ils ont été les financiers. Il y a tout lieu de penser qui vont s’acharner particulièrement sur ceux qui ont manifesté leur volonté de défendre notre empire. »

Chacun à ce stade de notre enquête, s’il prend soin de lire attentivement ces lignes comprendra pourquoi j’ai souligné un aussi long passage. Chaque mot, chaque phrase, contiennent en substance tous les enjeux cachés de cette trahison, donc de ce terrible conflit mondial de cinq ans.
 « Le 27 octobre 1944, je suis arrêté et emprisonné à Fresnes. Je prends comme défenseur maître Combescure, qui me dit : « vous êtes dangereusement menacé. La violence et l’acharnement des attaques dirigées contre vous sont hors de proportion avec les faits qui vous sont reprochés ! »

Jauneaud demande alors la citation de plusieurs témoins : dont l’ex ministre de l’Air du Front Populaire Pierre Cot, Joxe, Litvinov, etc. et la divulgation de sa note sur l’existence du

« document Vuillemin », portant sur les responsabilités du général Vuillemin commandant en chef de l’armée de l’Air, dans les défections de la chasse et du bombardement au cours de la bataille en mai-Juin 1940.

Mais : « Le 8 janvier 1945, Maître Berry vient m’annoncer que le ministre de la justice refuse la convocation des témoins cités. « Depuis le début de ma carrière, ajoute-t-il, c’est la première fois que j’enregistre une telle décision. »

Et le 27 février, on vient m’annoncer que je suis cité à comparaître devant la cour de justice du département de la Seine le 3 mars 1945 à 15 heures. Je suis inculpé d’avoir entretenu, en temps de guerre, des intelligences avec l’ennemi, crime prévu par les articles 75 et 76 du code pénal. L’acte d’accusation me considère comme « aveuglé par les tentations pécuniaires de Laval ». (-) Les accusations portées contre moi sont à la fois ridicules et graves. Elles sont manifestement destinées à m’envoyer au poteau d’exécution… Par ailleurs, le refus d’entendre les témoins de la défense transforme le jugement en crime judiciaire. En effet je suis considéré par certains services secrets comme un témoin gênant. Les Pétainistes, les Allemands, les Anglais et les Américains ont, pour des raisons différentes, intérêt à empêcher la révélation de la vérité concernant la trahison, ainsi que la conspiration internationale dirigée contre la France et son empire d’outre-mer. Quand un témoin devient un peu trop gênant on le supprime… »

Soit un parfait résumé de ce que nous pensons avoir établi…

Voyons maintenant de quel prix il va devoir payer sa contribution à la vérité historique : « Après les plaidoiries, et le réquisitoire qui demande aux jurés de prononcer ma condamnation à mort, je prends la parole : « il ne faut pas que l’arbre cache la forêt ! Il n’y a pas d’affaires Jauneaud. Par contre l’affaire Vuillemin me semble aussi grave que l’affaire Dreyfus. Elle révèle les circonstances dans lesquelles nous avons capitulé à Munich, l’ouverture de la « porte de Sedan » à Hitler, l’assassinat de la IIIe République, et la collaboration de Vichy avec l’ennemi !… »

Je suis condamné aux travaux forcés à perpétuité. Je ne veux pas épiloguer. »

Voilà comment on a traité les généraux qui s’étaient dévoués pour servir la République en tentant de réarmer à temps, puis en dénonçant clairement les membres du complot ! Lorsque l’État français ne réussissait pas à les assassiner au cours de procès truqués, il les condamnait aux travaux forcés à perpétuité !

Le général Jauneaud, autre victime des ministres du culte

Dans la longue rubrique des témoins écartés, le général Jauneaud directeur de cabinet et principal collaborateur de Pierre Cot tient une place de choix, puisqu’en tant que témoin gênant il se trouvera à la Libération faussement accusé de « collaboration » avec l’occupant, ceci avec la complicité active du Gouvernement français de la IVe République, puis proprement mis à l’index de l’Histoire, ainsi qu’en témoigne Gérard Watelet, directeur des Éditions Pygmalion (aujourd’hui racheté par Flammarion), qui osa publier le livre du général en 1977 :
« Avertissement : L’auteur de ce livre, héros de la guerre 1914 – 1918, général aviateur, a été condamné aux travaux forcés à perpétuité le 15 mars 1945 par la Haute Cour de justice de la Seine. Libéré par décision du président Vincent Auriol le 3 janvier 1951, il fut amnistié le 18 février 1954. Avec le recul et aussi grâce à l’examen des divers documents que nous avons eu en main, il semble maintenant établi que cette condamnation a été une erreur judiciaire. En fait Jauneaud fut considéré, aussi bien par ses détracteurs, que par Pétain lui-même, comme un témoin gênant qu’on devait à tout prix réduire au silence… Aussi, l’auteur, dans les trente et une dernières années de sa vie, s’acharnait-il à démonter le mécanisme de l’injustice dont il avait été la victime. Il accumulait les preuves militaires de ce qu’il dénonce comme un complot antirépublicain fomenté par le clan pétainiste entre 1934 et 1940, en faisant très notamment toute la lumière sur le drame de notre armée de l’Air. C’est pourquoi il nous a semblé important et équitable de permettre au général Jauneaud, aujourd’hui disparu, de verser son témoignage au dossier de l’histoire contemporaine. Signé : L’éditeur. »
Fin de citation (Jauneaud J’accuse le maréchal Pétain Avertissement page 5)

De nombreux historiens comptant parmi les premiers révisionnistes, comme Henri Guillemin auteur de La vérité sur l’affaire Pétain et de tant d’ouvrages de première importance, ont également reconnu l’importance de Jauneaud.

Voici la préface de cet excellent auteur : « Ceci est un livre important, un témoignage considérable. Il est possible que, dans le détail, des affirmations un peu trop catégoriques subsistent dont je ne dis pas qu’elles sont contraires à la vérité, mais seulement qu’elles manquent encore de preuve formelle pour les étayer et rendre la déposition invulnérable. Ces preuves verront sans doute le jour (-)

Mais l’essentielle demeure, et inentamé. Et où est-il cet essentiel ?

Il est dans la responsabilité, discrète mais infiniment lourde, du Maréchal Pétain quant au désastre de 1940. (-)

L’ouvrage du général Jauneaud prendra place dans la « bibliographie du sujet » parmi les sources d’information les moins négligeables. »

Enfin, le général Jauneaud a reçu l’appui du colonel Goutard, dont le franc-parler est légendaire parmi les historiens : « Le général de corps aérien Henri Jauneaud mérite d’être lu avec autant d’autant plus d’attention que ses vues d’avenir, entre les deux guerres, ont été extraordinairement lucides et même prophétiques. Il a été, en effet, pour les grandes unités aériennes, ce même précurseur qu’ont été, pour les grandes unités blindées, les de Gaule, Liddell Hart, Fuller et Guderian. (-)

Stagiaire à l’école de guerre de 1920 à 1922, il remettait un rapport concluant à la « nécessité de doter la France de grands unités aériennes de bombardements et de chasse » qui agirait en liaison avec des grandes unités de choc à base de chars, d’artillerie tractée et d’infanterie portée. Affecté à l’état-major de l’armée, à sa sortie de l’école de guerre, il eut l’honneur de servir sous les ordres du général Buat, un des meilleurs cerveaux militaires de notre histoire. Celui-ci approuva son projet et décida de doter la France d’une véritable armée de l’air. Il le chargea donc de rédiger une Instruction sur l’emploi tactique des grandes unités aériennes, qu’il signa le 9 octobre 1923.
Cette instruction, qui prévoyait la création de 186 escadrilles – dont 38 de bombardement lourd et très lourd, groupés en brigade mixte et division aérienne – mettait entre les mains du commandant en chef en temps de guerre une « réserve aérienne », prête à intervenir massivement dans la bataille, au point crucial, et à créer, avec une terrifiante soudaineté, « l’événement » dont parlait Napoléon.(-)

Le 22 décembre 1923 le général Buat disparut, enlevé subitement par un mal foudroyant, sa « doctrine », en mai, disparut avec lui. Son instruction fut oubliée, et quelque mois plus tard son conseiller technique, le commandant Jauneaud, fut affecté à Rio de Janeiro où, pendant huit ans de 1924 à 1932, il put enseigner sa doctrine aérienne… Aux Brésiliens !
Et en septembre 1939, quand éclatera la deuxième guerre mondiale, nous n’aurons ni les divisions cuirassées réclamées par Charles De Gaulle, ni les divisions aériennes qui avait été prévues par l’instruction Buat- Jauneaud de 1923. (-)

La porte de Sedan a-t-elle été, en fait, ouverte aux panzers et à la Luftwaffe, et pour quelque raison, autre que militaire ?

Laissons à l’auteur, qui a une vision si nette de l’avenir, le soin de répondre à cette angoissante question du passé. »

Fin de citation (préface du colonel Goutard)    

Invitation à laquelle le témoin répondit de son mieux avec une sincérité que nous a plus d’une fois guidée dans notre longue enquête sur la trahison militaire et le complot qui y présida.

Et tout ceci nous amène à l’admonestation du général Gamelin qui rappela aux générations à venir qu’ils auraient à faire la lumière sur cette trahison : « Pour que notre Patrie redevienne vraiment une grande puissance, la haute force morale et intellectuelle nécessaire à l’humanité, qu’elle était et doit demeurer, il lui faut à la fois refaire son union et condamner de façon irrémissible ceux qui l’ont conduite à pire que la défaite, au risque de la honte. » 

Fin de citation (Gamelin Servir tome 1 Introduction page XV)

Or furent-ils entendus ?  Avons-nous aujourd’hui la preuve que les États concernés aient fait autre chose que maintenir le « secret de famille » ?

La question est donc bien : Quels intérêts supérieurs les gouvernements successifs de la France, comme de tous les États concernés ont-ils voulu défendre ?

Une question à laquelle Pierre Laval ou le général Jeaunaud aurait sans doute pu répondre, en tous cas si l’on en juge par la conclusion que ce dernier a donné à son réquisitoire :

Et j’ajoute ceci : la président de la présence aux trois audiences de mon procès de deux officiers anglais n’est pas fortuite dans l’enceinte d’un tribunal réuni pour condamner au silence celui qui fut le plus jeune général de l’armée française, celui qui en savait trop… » (c’est moi qui souligne)

Fin de citation (Jauneaud J’accuse le maréchal Pétain pages 158, 160, 166)

LES LEÇONS À TIRER

Nous l’avons constaté tout au long de notre enquête :

Tout, absolument tout, est FAUX dans cette version « incompréhensible ». RIEN ne tient debout dans ce conte de fées aussitôt qu’on le confronte aux archives et à la plus élémentaire logique.

Que ce soit sur le plan purement militaire, politique, économique, les mensonges s’empilent et leur cohérence n’est qu’apparente.

Ainsi ce barrage systématique à la vérité a fait de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale un bourbier sans fond, où l’on trouve aujourd’hui tout et n’importe quoi. Et ceci sans contrôle des Peuples, puisque chaque adepte de la « théorie de l’illogisme » ayant développé sa religion selon la politique qu’il sert, et l’ensemble ayant été repris et mélangé à loisir par les médias les plus divers, plus personne ne s’y retrouve !

Résultat : Ces « forces du mal » présentées de façon manichéennes peuvent au choix, et selon les convictions politiques de l’auteur, s’appliquer au fascisme, au communisme, au libéralisme, à l’idéologie du mal, ou à la volonté divine, car la proposition est vraie dans tous les sens …

Voilà pourquoi le conte de fées officiel, en ce qu’il offre l’inégalable avantage de satisfaire tout le monde, en permettant de dire n’importe quoi sans qu’une réalité clairement définie lui soit opposable, et parce qu’il rend cette instrumentalisation de l’Histoire possible à n’importe qui, était, est, et demeurera s’il perdure, un véritable danger pour toute démocratie !

Le secret d’États, une atteinte aux droits des Peuples

Il convient donc de dénoncer violemment cette perversion, en rappelant à ces censeurs moraux improvisés, que l’Histoire attend à chaque instant de pouvoir être révisée :

« L’écriture de l’histoire, consiste en une révision sans fin du passé. La réalité effective de l’histoire demande à être envisagée en même temps que ses possibilités ».  John Lukaks

« Toute vérité est bonne à dire pour l’historien, même et surtout celle qui dérange les préjugés, heurte des idées reçues, ou des intérêts partisans. »  Raymond Aron

« Comme l’a écrit l’académicien Jean d’Ormesson : « si vous refusez la liberté à ceux qui se trompent, il n’y a plus de liberté. Défendre la liberté c’est défendre ces abus. » Ce que j’interprète ainsi : « il ne faut pas nier la liberté à ceux qui, selon vous, se trompent. Car vous saurez alors seulement si ce n’est pas vous qui vous trompez. »  Nerin E. Gun

Voilà le véritable devoir des historiens !

Et non pas, comme au temps de l’inquisition, de veiller à l’orthodoxie, en usant de n’importe quel prétexte pour excommunier n’importe qui !

Car c’est bien ce qui guette le chercheur révisionniste, s’il ose contester la thèse « incompréhensible ». S’il ose mettre en doute le dogme imposé !

D’ailleurs nous savons tous en France pour le vivre quotidiennement, que certains mots sont devenus susceptibles de condamner, de prime abord, ceux qui les emploieraient.

Voilà pourquoi tous les historiens, sans exception, n’ont jamais osé employer le terme de « trahison », mais préféré ceux « d’étrange » victoire ou défaite, en variant à loisir et en jouant sur les mots ! J’évoquais en introduction, une « suspicion de bon aloi » …

En vérité, nous sommes ici dans le cadre de la propagande : Il s’agissait pour certains « experts » et médias accrédités d’établir un nouveau dictionnaire, basé sur le politiquement correct, afin de manipuler sournoisement par l’incessante répétition d’arguments mensongers, les opinions et les consciences.

Soit la « fabrique du consentement » inventée en 1917 par Edward Berneys, père de la publicité moderne et de la propagande d’État, afin de convaincre le peuple américain d’entrer en guerre, et si violemment dénoncée par M. Noam Chomsky.

Révisionnisme n’est pas négationnisme  

Et je pense ici tout aussi bien à l’amalgame systématiquement proposé au plus large public par certains médias, entre les historiens fort justement qualifiés de « négationnistes », car remettant en cause la Shoa et autres massacres organisés par les nazis, et les « révisionnistes » puisque, jouant sur l’imprécision des formules et une certaine consonance des mots, ces censeurs de tous bords politiques vont immédiatement attaquer, ou boycotter, un chercheur qui mettrait en doute la thèse du Blitzkrieg mythique et sa ribambelle de miracles, en le qualifiant de « négationniste » !

Par une incroyable pirouette intellectuelle, dans leur bouche le mot « révisionniste » devient injurieux, et ceci même si les archives présentées par l’historien sont irréfutables !

Le malheureux se verra alors regardé comme un suppôt du nazisme, désireux de contester la victoire des « forces du Bien contre celle du Mal », aussitôt qu’il prononcera le mot de « trahison ».

Et si, suprême offense, il osait remettre en question le dogme de la puissance industrielle et militaire du Reich, ou évoquer les apports du Grand capital international, on l’accusera de sacrifier aux thèses conspirationnistes !

Enfin, s’il s’intéresse de trop près à la véritable personnalité d’Hitler, ou aux « miracles » qui lui ont permis de traverser les Ardennes et la Meuse, voilà qu’il porte atteinte aux fondements même de la religion !

Et l’on crie à l’anathème !

Voilà pourquoi il n’est jamais vain de rappeler à ces, soi-disant, serviteurs de la « démocratie » les principes de notre République :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1993

Ou encore cette phrase du discours de Condorcet lorsqu’il présenta à l’Assemblée son projet « d’École de la République » laïque et gratuite :

« Puisqu’il s’agit ici d’instruction publique, tolérer une erreur, ce serait s’en rendre complice ; ne pas consacrer hautement la vérité, ce serait la trahir. Et quand bien même il serait vrai que des ménagements politiques dussent encore, pendant quelque temps, souiller les lois d’une nation libre ; quand cette doctrine insidieuse ou faible trouverait une excuse dans cette stupidité, qu’on se plaît à supposer dans le peuple pour avoir un prétexte de le tromper ou de l’opprimer ; du moins, l’instruction qui doit amener le temps où ces ménagements seront inutiles, ne peut appartenir qu’à la vérité seule, et doit lui appartenir tout entière. »

Nicolas de Condorcet discours sur L’organisation générale de l’instruction publique (20 et 21 avril 1792)

« La Vérité seule doit lui appartenir toute entière. »

Une vérité sans doute bien moins confortable que le « secret de famille ». Mais il faut bien choisir dans quel monde on veut vivre !

La loi, ultime instrument de l’Omerta

D’autant que le dogme officiel est imposé par nombre d’États avec une violence extrême, puisqu’outre leur prétendue légitimité à occulter certaines vérités dérangeantes afin de ne pas imposer aux Peuples « pour leur bien » certaines vérités choquantes, on trouve les outils de cette condamnation au « silence à vie » dans leurs lois.

Autre instrument de l’autorité, et combien efficace, car tout historien susceptible de dénoncer certains mensonges historiques s’expose ainsi aux aléas de procès en diffamation.

Procès intentés soit par le mis en cause, soit par ses descendants, et dont l’issue ne fait généralement aucun doute puisque les juges n’ayant aucun moyen d’appréhender par eux-mêmes la qualité des écrits du contestataire, nomment des « experts » en la matière.

Des experts faisant bien entendu autorité au plus haut niveau de l’Armée et de l’État, et reconnus par tous ceux qui leur octroyèrent les distinctions et prébendes garantes de la « qualité » de leur jugement.

Et la boucle est bouclée. Voilà l’accusé livré à l’appréciation « d’experts », qui ne sont autres que ceux qu’il met en cause !

La véritable question, et l’unique solution à ce dilemme, est donc de demander aux Peuples de statuer sur la légitimité de ces tribunaux civils. Car existe-t-il, hors la loi Gayssot se rapportant au crime de déni de l’holocauste et autres thèses niant les crimes de guerre, un seul article de loi permettant à un quelconque juge civil de statuer sur la validité d’une thèse historique portant sur un aspect de ce conflit ?

Qu’il soit militaire, ou économique ?

Et la réponse est connue de tous les juristes : Aucune.
Ainsi, où est l’autorité de la loi en ce cas précis ?

De l’esprit des lois

Et puisqu’on parle d’intimidation, revenons un instant sur cette fameuse loi Gayssot qui, en France, prétend imposer une vérité historique concernant la Shoa. À ce propos, même si bien évidemment je ne remets pas cette évidence de l’holocauste en question, je m’interroge sur le bien-fondé d’une loi en mesure de réglementer la recherche historique, et sur l’existence d’un arsenal répressif pouvant mener un chercheur, quel qu’il soit, en prison.

En effet, Barthélémy Saint-Hilaire, philosophe républicain, historien, homme d’état, écrivait en 1849 que : « Le citoyen doit à la patrie le fruit de ses méditations. » Ce petit traité, publié par l’académie des sciences morales et politiques, établit les principes démocratiques :

Les lois sont faites pour servir, non pour opprimer. Sauf, évidemment, si le but de l’auteur est de nuire à la morale commune et à « la paix même de la cité et l’existence de l’État ».

Mais en quoi la Vérité pourrait-elle nuire à la Cité ? En rien. Proposition qui n’est pas forcément vraie pour l’État …

En deux mots, on n’impose pas une thèse historique par le bâton !

La loi Gayssot en ce que son application interdit, sous peine de condamnation judiciaire, tout dialogue sur certains sujets, limite en pratique toute controverse, donc par voie de conséquence le champ des recherches, puisque dans le domaine historique, TOUT est lié.   
Je sais bien que le législateur semble avoir cherché à rendre justice aux victimes de l’holocauste, et il a eu raison dans ses intentions, mais le danger est qu’en voulant établir un ordre moral il a, de fait, limité la recherche en mettant des bornes aux confrontations d’idées, donc d’archives, entre ceux qui se trompent et ceux qui sont dans le vrai.

Et ceci n’est pas tolérable puisque l’Histoire n’est pas un domaine de réflexion d’ordre religieux, intemporel, il n’y est pas question de foi, elle n’est pas immuable, mais reste vivante, actuelle et influente, présente dans notre vie de tous les jours, en tous cas tant qu’elle demeure révisable …
Le piège dans lequel cette loi a entraîné la société française est ainsi évident : En figeant une partie de son Histoire, l’État entérine, volontairement ou non, le conte de fées, et ceci quelle que soit la validité du prétexte moral avancé par le législateur.
Pour en être certains, prenons un exemple simple : La société IG Farben, fabricant de produits chimique dont les capitaux et les véritables dirigeants, suite à divers montages financiers parfaitement reconnus des chercheurs du monde entier, étaient en majorité américains. Cette multinationale a employé des milliers de déportés dans son usine située au cœur du camp de concentration de Dachau provoquant la mort de nombre d’entre eux et, de ce fait, honteusement enrichi l’État américain, Wall Street et les petits actionnaires de ce pays, même après l’entrée en guerre des États-Unis.

C’est une réalité incontestable et incontestée, d’ailleurs un des innombrables scandales de cette guerre. Ce qui est moins connu, c’est que, sous prétexte de protéger le grand public de toute influence négationniste, on évite de parler de ce genre de sujets !

L’argument permet ainsi d’éviter toute confrontation d’idées et de chiffres et d’évacuer non seulement le sujet, mais ses corolaires. Ainsi l’exploitation sans limite et le décès de dizaines de milliers de déportés devient un excellent argument pour insidieusement « oublier » d’aller voir où pourrait nous mener une réflexion librement menée sur ce sujet brûlant des profits, et autres enjeux politico-financiers.
La loi Gayssot est donc, dans les faits, un énième paravent en ce qu’elle sert, en s’appuyant sur la réalité de l’holocauste, à occulter cet aspect dérangeant, alors que, je l’ai dit et le répète, en attendant de le démontrer aussi sûrement que cette trahison militaire : Cette guerre, comme toutes celles qui suivirent, ne fut pas uniquement celle des démocraties contre le totalitarisme, ceci ne fut que la part émergée de l’iceberg. En réalité, ces centaines de millions de morts ont été sacrifiés sur l’autel du profit !

Voilà pourquoi je m’oppose à cette loi qui pourrait servir demain à protéger les véritables coupables que je dénonce. Car jusqu’où l’État sera-t-il en mesure de l’étendre ? Jusqu’où iront les manœuvres des bien-pensants, pour continuer à imposer les seules versions « politiquement correctes » ?

Ce qui nous ramène à la volonté des Peuples. Car la question bien entendu se pose : Voudront-ils ouvrir les yeux ?

Ou préfèreront-ils continuer de laisser museler les historiens trop curieux, et condamner des innocents tels le général Gamelin ou le général Jauneaud, « pour leur plus grand bien » ?

La démocratie en question

Questions que les révisionnistes seront sans doute prochainement amenés à leur poser, car ce sont des dizaines de milliers d’euros d’amendes que ces juges exigent de ces briseurs de mythes et lanceurs d’alertes ! 

Et l’on comprend malheureusement pourquoi, confrontés à cette menace concrète brandie par une « démocratie » usant sans limites de ce qu’elle appelle « secret d’État », et capable de briser une carrière, une réputation et même une vie, tous les historiens n’eurent pas le même goût du risque, et pourquoi les plus « raisonnables » ont continué d’estimer que les trois tomes de Souvenirs du général Gamelin n’étaient qu’un vulgaire plaidoyer partisan sans la moindre valeur historique. Pourquoi AUCUN de ceux ayant établi leur renommé pendant tant d’années en publiant de nombreux ouvrages souvent récompensés par tant d’académies, n’estima indispensable de se pencher sur les nouvelles archives de la bataille ouvertes en l’an 2000. Enfin pourquoi personne, ni en France, ni ailleurs, n’a dénoncé haut et fort le vol du Journal de Marche du Cabinet Gamelin et des autres pièces essentielles sur lesquelles comptaient sans doute tous les grands témoins pour éclairer toute l’affaire en temps utile. Vol pourtant parfaitement connu de tous.

Omerta sur les archives doublée d’une propagande de tous les instants, ainsi que le rappelle Noam Chomsky, considéré par ses pairs comme le plus brillant intellectuel du siècle :
« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature. (-) L’endoctrinement n’est nullement incompatible avec la démocratie. Il est plutôt, comme certains l’ont remarqué, son essence même. (-) Si l’État perd son bâton et si la force n’opère plus et si le peuple lève la voix, alors apparaît ce problème. Les gens deviennent si arrogants qu’ils refusent l’autorité civile. Il faut alors contrôler leurs pensées. Pour se faire, on a recours à la propagande, à la fabrication du consensus d’illusions nécessaires. »
Noam Chomsky, Interview à la radio étudiante American Focus

Obstacles innombrables accumulés par les plus hautes instances universitaires, politiques et militaires de TOUTES les démocraties, que dénoncent depuis près de soixante ans les historiens révisionnistes, sans jamais que leurs plaintes soient entendues des médias.

La question est donc bien : Quels autres secrets honteux protègent-ils tous ?

Secrets  d’une importance telle qu’il faille ainsi priver le citoyen de son droit le plus élémentaire : La liberté de choisir son avenir en toute connaissance des véritables enjeux.

Liste des informations obtenues avant la bataille

Liste des informations obtenues avant la bataille

L’un des grands piliers de la théorie du Blitzkrieg « incompréhensible » soutient que les états-majors, tout comme les responsables politiques alliés, n’avaient aucune connaissance du plan  allemand, dit Manstein, qui prévoyait d’encercler les armées alliées en Belgique, et qu’ils n’étaient pas plus avertis de la date de l’attaque.

Or, rien n’est plus mensonger.

En réalité, les alliés furent parfaitement avertis de tous les détails de ce plan à partir du mois de février 1940. 

Quant aux date et heure de l’attaque, elles leur furent communiquées le 31 avril, donc dix jours avant le 10 mai.

Liste non exhaustive des renseignements obtenus par les plus hautes autorités alliées, avant la bataille :  (extrait du Tome N°1 de la série le Grand mensonge du 20ème siècle)

Entre la fin de novembre 1939 et la fin de janvier 1940, les Services de Renseignement alliés notent que le nombre de divisions ennemies sur les frontières belge et luxembourgeoise passe de 25 à 57.

Outre ces renseignements, ils disposent, à compter de cette date, de bien d’autres informations de première main : 

Dès janvier 1940, date des premiers changements d’Hitler en ce sens, le général Gamelin est prévenu par ses contacts militaires belges, que les forces du Reich pourraient également attaquer dans les Ardennes. 
Le 11 janvier, une note du 2ème Bureau fait état de la possibilité d’une action allemande contre les pays scandinaves.

Le 12 janvier à 9 heures du matin, le général Gamelin convoque d’urgence à Vincennes son subordonné direct, le général Georges commandant les armées du Nord pour l’informer des renseignements obtenus de Léopold III de Belgique, du pape Pie XII et du comte Ciano ministre des Affaires étrangères italien, indiquant l’imminence d’une attaque – Le 14 janvier à l’aube – contre la Belgique.
Les renseignements étaient exacts, l’attaque fut reportée.

Le 1er février le poste de Berne, qui maintient des contacts discrets avec les SR helvétiques exploitant le réseau Roessler, signale que « l’état-major suisse est convaincu que l’Allemagne va, d’ici quelques semaines, attaquer la Belgique et la Hollande ».

Le 2, la source  » A  » une jeune communiste dont le père est général et sert au ministère de la guerre, traitée par le capitaine chef du SR à La Haye, situe cette offensive au printemps.

Le même jour, le poste de La Haye recueille une information analogue, restreignant cependant l’attaque allemande au territoire hollandais mais l’assortissant de raids aériens massifs sur l’Angleterre.
Information correcte, nous sommes quelques jours AVANT l’adoption définitive du plan allemand, dit « Manstein » qui fera porter l’effort principal dans les Ardennes.    

Le 17 février le général von Manstein fait officiellement part de son plan à Hitler, et celui-ci l’adopte définitivement le 20.
Quelques jours plus tard, le lieutenant René Hauth, un officier du 5e Bureau français stationné à Longwy, en rapport avec les SR du Luxembourg est informé des grandes lignes de ce plan, notamment du fait que le groupe d’armées A passera par le Grand Duché pour rejoindre la Frontière française. Il transmet immédiatement le renseignement aux plus hauts responsables du GQG à Paris. 

Le 26 février, le « bureau Ha » correspondant du réseau Roessler confirme les grandes lignes de ce plan et le transmettra aux SR suisses, qui répercutera immédiatement à tous les Alliés.

Le 27 février, la source  » T  » un jeune patriote autrichien, traité par l’attaché militaire français à Vienne, le colonel Saland, informe de vive voix son correspondant : « Les atermoiements successifs depuis novembre dernier ont été la conséquence d’une opposition larvée des généraux allemands à la volonté, maintes fois réitérée, d’Hitler d’en finir à l’ouest. Celui-ci est toujours fermement décidé à attaquer simultanément la Belgique, la Hollande et la France. En même temps, la Luftwaffe écrasera l’Angleterre par des bombardements massifs.

En attendant, son objectif immédiat réside dans la mainmise sur le Danemark et la Suède, afin d’interdire aux alliés les accès de la Baltique, d’isoler la Suède et d’assurer la livraison par ce pays du minerai indispensable à l’industrie de guerre allemande. »

Il s’agit très exactement du plan général d’attaque à l’ouest.

Au courant du mois de mars, sept divisions blindées seront repérées face à la frontière et le déploiement des troupes indiquera clairement que la principale poussée ennemie s’exercera au centre du front, approximativement entre Sedan et Namur à la charnière des IIe et IXe armées. Ce déploiement sera accompagné de tous les renseignements nécessaires :

Le 1er mars, Hitler adresse une directive à ses généraux concernant la future opération du Danemark, opération conjuguée avec celle qui sera menée par Falkenhorst contre la Norvège.

Dans les jours qui suivent, la Scandinavie, le Danemark et la Norvège, sont avertis par le réseau Roessler. Information confirmée par les autres agents.

Le 2 mars, selon les SR français : « un informateur en situation d’être très bien informé sur les opinions exprimées dans les milieux du Haut-commandement allemand, fait savoir qu’une offensive allemande serait imminente sur le front occidental ; elle comporterait l’invasion de la Belgique et de la Hollande. »
Le même jour, l’information concernant l’invasion du Danemark est retenue comme exacte par le haut commandement.

Le 8 mars, les Suisses reçoivent les premiers détails du plan d’attaque de la France par l’entremise du réseau Roessler.

Suite aux précédents renseignements concernant la Pologne ou la Norvège, la fiabilité des renseignements communiqués à TOUS les alliés (France Angleterre, Belgique, Hollande etc…) par le Colonel Masson, chef du service de renseignement suisse, n’est pas contestable.

Le même jour, le roi Léopold III de Belgique informe son gouvernement que toutes les indications reçues faisaient prévoir une poussée allemande concentrée : « par les Ardennes en direction de Dinant – Saint-Quentin, dans le dessein de couper Paris des armées alliées en Belgique et de les encercler dans le Pas de Calais ».
Il charge son attaché militaire à Paris d’en informer le général Gamelin et d’insister sur la « certitude fondée sur des documents probants, que l’axe principal de la manœuvre ennemie serait orienté perpendiculairement au front Longwy – Givet. »

Le 10 mars, le colonel Delvoie attaché militaire belge reçoit, toujours en provenance de Roessler, donc des SR suisses, les nouvelles mesures du plan Manstein (Fall Gelb N°4) définitivement adopté trois jours plus tôt par Hitler.
Il y est spécifié que : « l’offensive allemande sera dirigée sur la Meuse, entre Charleville et Sedan. La percée sera effectuée à travers les Ardennes, pendant que le gros de l’armée allemande fixera l’essentiel des forces françaises, belges et britanniques sur la frontière belge. Les chars du général Heinz Guderian exécuteront la percée à Sedan, puis pivoteront en un gigantesque coup de faucille, en direction de la basse Somme. Ils s’efforceront de parvenir à la mer, espérant prendre au piège le gros des armées alliées. » 
D’ordre de son gouvernement, Delvoie transmet officiellement cette information à l’état-major du Général Georges.
Tous les détails de ce nouveau plan (nombre de division, plan de répartition, potentiel matériel etc…) seront transmis aux différents QG alliés entre cette date, et la fin avril.

Le même jour, le colonel Navarre, rencontre à Lugano un de ses grands agents, Hans-Thilo Schmidt, (alias Ashe) frère du général de blindés Schmidt, commandant le 39e corps d’armée intégré au groupe d’armées A. Celui-ci confirme que « au lieu de porter comme prévu l’effort principal de la Wehrmacht sur la Belgique et la Hollande » le plus fort de l’attaque serait porté dans les Ardennes belges et françaises et que « l’offensive se poursuivrait en direction de l’ouest vers la basse Somme. Ainsi seraient enfermés dans une véritable nasse les forces alliées du Nord et bien entendu les armées belges et hollandaises. »
Fin de citation (Paillole Notre espion chez Hitler page 198)

Le 13 mars, le colonel Delvoie reçoit du général van Overstraeten, conseiller militaire du Roi, l’ordre de transmettre officiellement cette information au QG du général Gamelin généralissime des armées alliées et à l’état-major du Général Georges commandant en chef des armées du Nord. Il précise que « selon toutes les données recueillies, l’axe principal de la manœuvre adverse était orienté perpendiculairement au front Longwy-Givet » mais ignore à ce moment que le haut-commandement français disposait déjà de toutes ces informations, transmises par ses attachés militaires à Berne.

Dans le même mois de mars 1940, sept divisions blindées sont repérées dans des positions qui leur permettaient de faire mouvement vers l’ouest au sud de Liège : « Ainsi, à cette date, le déploiement des troupes et des Panzer indiquait clairement que la principale poussée ennemie s’exercerait au centre du front, approximativement entre Sedan et Namur, secteur tenu par la fragile IXe armée. »

D’autre part, le génie allemand commence à jeter sur le Rhin, entre Bonn et Bingen, huit ponts de bateaux. Ces ponts sont photographiés par le capitaine Antoine de Saint-Exupéry en mission d’observation au-dessus de l’Allemagne à bord de son Bloch 141.
Comme le dit Shirer qui a relevé ces faits : « Tant de pontons dans le secteur indiquait clairement l’endroit où l’ennemi avait l’intention de frapper le plus fort avec ses blindés et ses troupes motorisées. L’indication devint plus claire encore quelques jours après, quand plusieurs autres ponts semblables furent jetés sur la Moselle et l’Ohr, à la frontière du Luxembourg sans défense, où une véritable panique s’ensuivit. »

Parallèlement, un rapport de René Marty, officier d’état-major au QG de Gamelin, chargé depuis janvier d’étudier les conditions d’arrivée des forces allemandes sur la Meuse, concluait que la percée serait effective en 48 heures. Selon la version officielle, le rapport n’est pas pris en considération : « Pour ne pas démoraliser les troupes ». 

Le 14 mars, Roland de Margerie, chef de cabinet de Paul Reynaud, président du Conseil, reçoit confirmation écrite du plan d’attaque par Elisabeth Wiskemann une journaliste anglaise possédant des relations étendues dans les milieux allemands anti-nazis, en Suisse et en Italie.  Elle termine sa lettre par ces mots : « Excusez-moi si vous savez déjà tout cela, mais mon informateur pense que « es kann sehr bald losgehen » (cela peut commencer très prochainement)

Le 16 mars l’agent A 54 des SR tchécoslovaques, de son vrai nom Paul Thümmel, haut fonctionnaire allemand qualifié par les Alliés de source parfaitement sûre, ayant déjà averti des attaques contre Prague, la Pologne, puis la Norvège, confirme qu’Hitler a décidé de violer la neutralité de la Hollande et la Belgique, pour attaquer la France et l’Angleterre, et donne à son tour d’autres détails du plan « Manstein ».

Le 3 avril, le colonel Goethals transmet aux SR belges une nouvelle information en provenance du colonel Oster, commandant l’Abwehr de Berlin. Celui-ci informe les alliés depuis des mois, et affirme :

« Il est faux de croire qu’il ne se passera rien au front ouest. J’ai la profonde conviction que cela se déclenchera bientôt. Je ne puis fixer de date, mais mon impression personnelle est que le 15 avril pourrait être le début d’une action offensive, menée d’abord contre le Danemark en direction de la Norvège et trois ou quatre jours plus tard devant la Belgique et la Hollande. Je répète que je suis absolument convaincu d’une offensive à l’ouest. »
Le lendemain 4 avril, le colonel Oster confirme : « Vous ne me croirez peut-être pas, mais une expédition de grande envergure se prépare dans le but d’occuper le Danemark et la Norvège. Les troupes destinées à la Norvège embarquent en ce moment même à Stettin. L’occupation se déroulera mardi prochain (9 avril). L’offensive contre l’Ouest suivra peu après. L’opération est une initiative personnelle du Führer. Le secret a été si bien gardé que personne, sauf à l’échelon le plus élevé, n’en a connaissance. Pas plus de cinq autres personnes en Allemagne pour le moment. Je suis la sixième. Il est de la plus haute importance que le Danemark, la Norvège et l’Angleterre soient mis en garde. Faites tout ce que vous pourrez ! »
Nous noterons ici que l’un, au moins, des informateurs du réseau Roessler, qui sera toujours mieux et plus vite renseigné que le colonel Oster, devait faire partie de ces « cinq personnes ».

Nous y reviendrons …

Le général Navarre témoigne : « L’incertitude fut levée tout au début d’Avril par un renseignement provenant d’un très bon agent, signalant des concentrations de troupes et de navires dans les ports de la Baltique et annonçant l’invasion imminente du Danemark et de la Norvège. Les 5 et 6 Avril étaient décelés des préparatifs d’embarquement à Stettin.
Le 7 Avril, l’action était jugée certaine par le SR »

Concernant l’attaque à l’Ouest il précise : « À partir du début avril, le rythme des renseignements de toute nature annonçant l’offensive alla en s’accélérant. Furent notamment signalés : La construction de ponts et d’embarcadères sur la Moselle et sur le Rhin, des mouvements de forces blindées, la distribution de cartes du Luxembourg et de la Belgique, l’augmentation de certains dépôts à l’ouest du Rhin, la réduction du trafic civil sur les voies ferrées conduisant vers l’ouest, le retrait des avions allemands en Hollande, la préparation de points de passages sur l’Oure et sur la Sure, le replis des antennes du SR allemand opérant en Belgique et en Hollande.

Les informations situant l’attaque allemande à travers la Belgique, la Hollande et le Luxembourg étaient souvent mélangées avec d’autres attirant notre attention sur la ligne Maginot, l’Alsace ou la frontière suisse. À aucun moment le deuxième bureau et le SR ne se laissèrent ébranler par ces fausses indications, dont le caractère d’intoxication fut décelé. »

Fin de citation (Navarre Le service de renseignement page 108)

11 avril : « Opérations imminentes à l’ouest, attention aux mouvements militaires des prochains jours. »

12 avril : Le capitaine Paul Paillole du 2e Bureau, est averti par un de ses agents double Schlochoff, qui travaille également pour l’Abwehr, que les postes Abwehr 1 de Munster et de Stuttgart s’intéressent avec insistance à tous les détails topographiques et militaires de cette zone  et viennent de lui confier la mission de relever sur l’axe Sedan, Charleville, Saint-Quentin, Amiens, la largeur des cours d’eau, l’état des berges, la force portante des ponts et d’identifier les troupes françaises sur place, ainsi que les dépôts d’essence. Les agents chargés de cette prospection doivent fournir les éléments de réponse avant le 15 avril. »

Il s’agit très exactement de l’axe d’attaque décrit par Roessler et les autres informateurs.

Le Capitaine Paillole est expédié à la Ferté sous Jouarre pour attirer l’attention du chef du 3ème Bureau (opérations) du commandement Nord-Est, sur ces faits troublants. Sur le vu des questionnaires, le 5ème Bureau (renseignements Allemagne) confirme qu’il peut s’agir de l’axe principal de l’offensive allemande. Passant par les Ardennes, celle-ci viserait à atteindre la mer du nord.
La date du 15 avril permet par ailleurs de supposer que cette offensive pourrait avoir lieu fin avril début mai, compte tenu des délais nécessaires à l’exploitation des renseignements recueillis.

Le 13 avril le roi Léopold III de Belgique insiste et demande à son conseiller militaire, le général van Overstraeten, de confirmer à l’attaché militaire Français, le colonel Hautcoeur, que selon les renseignements fournis par ses SR, la tactique d’Hitler sera « d’aspirer les franco-britanniques en Belgique avec le dessein de les écraser par une riposte enveloppante, débouchant du grand-duché du Luxembourg. » Il ajoute qu’il lui « parait désormais évident que les Allemands espèrent attirer les forces alliées en Belgique et les y détruire par le sud, au moyen d’armées remontant du Luxembourg ». Information transmise par Hautcoeur le lendemain.

Le 18 avril le colonel Gauché, patron du 2e Bureau français en charge de rassembler et synthétiser les renseignements, confirme :

« Une excellente source diplomatique rapporte les entretiens qu’un informateur a eu avec différents chefs militaires allemands : Hitler a ordonné d’attaquer prochainement la Hollande et la ligne Maginot. Cette action serait conjuguée avec une action contre la Suède. »

– À la même date, une haute personnalité politique allemande de la République de Weimar déclare que le commandement allemand se disposerait à attaquer la Hollande. La même source signale qu’un informateur, qui avait déjà annoncé l’invasion du Danemark, fait savoir que l’attaque contre la Belgique, la Hollande et le front Ouest était à prévoir dès le 8 mai au matin en cas de beau temps et, dans le cas contraire, dans un délai de quelques jours. »

Fin de citation (Colonel Gauché Le 2ème Bureau au travail)

Le 20 avril : « Le personnel du SR allemand abandonne ses lieux de stationnement en Belgique ».

Le 24 avril, le colonel Oster donne l’information suivante :

« Le Führer a écrit à Mussolini qu’il a décidé de déclencher bientôt les opérations dans l’Ouest. Sur la base des informations reçues et de mes impressions personnelles, je crois que l’offensive pourrait démarrer la semaine prochaine. »

Le 29 avril, l’agent A 54 envoie au 2e Bureau tchécoslovaque à Londres le message suivant, écrit à l’encre sympathique :

« Des unités allemandes et du matériel sont transportés vers l’Italie.  Peut-être la Yougoslavie sera-t-elle occupée. L’Italie envoie en Albanie de nombreuses unités pour entrer en Yougoslavie du sud.
La division en sphères d’influence entre l’Allemagne et l’Italie a été négociée par Hitler et Mussolini. Fiévreux préparatifs pour l’attaque aérienne de l’Angleterre… L’URSS est présente derrière la frontière roumaine, d’où la pression allemande sur la Roumanie.

L’invasion militaire de l’Angleterre qui avait été envisagée, est remise à plus tard car on a besoin des troupes en Norvège… À l’entrée de l’Italie dans la guerre, la Suisse sera probablement envahie… (-) »

Tous ces renseignements ont été confirmés aux SR britanniques tout au long de cette période par une autre de leurs sources directes : l’agent Sator, stationné en Silésie.

Il ne fait donc aucun doute que les dirigeants des deux pays alliés ont été parfaitement informés, puisqu’ils croisaient leurs renseignements.

Seconde information indispensable : Le jour J

Outre toutes les dispositions du Plan Manstein, que les hauts commandements alliés connaissent maintenant parfaitement, nous en arrivons au second problème posé à leurs Services de Renseignements : La date de l’attaque.
Rappelons qu’elle se produira le 10 mai à l’aube.
Sachant que la thèse officielle affirme que les SR seront jusqu’à la dernière minute incapable de la prévoir, voyons ce qu’il en fut réellement.

Le 30 avril l’attaché militaire français en Suisse le commandant Gaston Pourchot, qui depuis le mois de mars transmet tous les détails du plan Manstein, reçoit l’information suivante des SR Suisses, donc de Roessler, une source qu’il qualifie de « parfaitement autorisée et de première main » : « L’Allemagne attaquera entre le 8 et le 10 mai. Stop. Axe principal effort, Sedan. Stop. Occupation prévue de la Hollande et de la Belgique, du nord de la France en 10 jours. Stop. Occupation totale de la France en un mois. Stop. Fin »
Le même jour, le renseignement est confirmé :

1° Par l’agent Paul Thümmel ( agent A 54) depuis Prague.

2° Par le commandant Munier des services de renseignements français de Budapest.
Donc TROIS sources de premier plan, et reconnues comme parfaitement sûres.

Enfin, « depuis La Haye, le capitaine Truttat, qui appartient aussi aux SR, a retransmis en fin de soirée les alarmes de l’état-major néerlandais, de même que l’attaché naval, le capitaine de corvette Guichard. »
(Berben et Iselin Les Panzer passent la Meuse page 78)

Vu l’importance de l’information, Pourchot se rend en personne à Paris pour la communiquer plus en détail à l’état-major, aux généraux Gamelin et Georges, au ministre de la Guerre Édouard Daladier, et au Ministre des Affaires étrangères, donc à Paul Reynaud, qui cumule cette charge avec celle de Président du Conseil, depuis le 21 mars 1940.
Le même jour, se tient au GQG de Montry la conférence périodique du renseignement groupant les spécialistes français et britanniques, présidée par le colonel Gauché, chef du 2ème Bureau du général Gamelin. Le commandant Maisonneuve, affecté au 2ème Bureau du QG Nord-est, fait le point sur la situation : « Action massive de parachutistes, bombardements aériens intenses paralysant la riposte alliée, submersion de la Hollande et de la Belgique, bataille en rase campagne entre le poing blindé allemand et les divisions alliées, percée fulgurante ennemie prenant à revers la ligne Maginot et ouvrant la route aux fantassins s’engouffrant en masse sur le territoire français. »
Soit un parfait résumé du plan Manstein.

Le 1er mai, l’agent A 54 transmet les mêmes informations à son contact à la Haye et précise : Attaque sur la Hollande le 10 mai.

L’information est portée à la connaissance des autorités intéressées. Grâce à ce télégramme, la famille royale et le gouvernement hollandais ne seront pas pris au dépourvu, et pourront quitter le pays à temps.
– Les nombreux observateurs sur le terrain confirment de toute part, et le Colonel Gauché, témoigne dans son livre : « Au cours de la seconde quinzaine d’avril et au début de mai, les renseignements, par leur caractère alarmant, vont se faire de plus en plus pressants à l’approche des belles journées du printemps. »

En effet, des concentrations de troupes au nord de la Moselle, face au Limbourg hollandais, à la Belgique, au Luxembourg sont notées par le renseignement français.

– Enfin toujours le 1er mai, à la légation de Suède à Belgrade, l’attaché militaire allemand déclare, au cours d’une réception bien arrosée, que l’offensive est proche, qu’elle sera foudroyante et que Paris tombera le 15 Juin. Il ne se sera trompé que de vingt-quatre heures !

Le 2 mai, le capitaine Paul Paillole des Services de Contre-espionnage témoigne que les Anglais ont, eux aussi, été informés par les SR suisses et tchèques : « L’imminence d’une offensive allemande est apparue aux Anglais. Une réunion des chefs de service des deuxième et cinquième bureaux français et britannique a lieu à l’ambassade d’Angleterre. Nos informations sont confrontées avec celles de nos alliés. Les liaisons sont encore renforcées. (-) Les services de Bertrand (grâce à la machine Enigma) révèlent chaque jour la préparation d’attaques aériennes sur nos terrains d’aviation. Le 6 mai l’antenne du S. R. Allemand de Stuttgart installé au Luxembourg se replie. Les 7 et 8, tout confirme les dispositions offensives de la Wehrmacht. »

Sachant que les renseignements transmis par les agents Roessler et A 54, ont été communiqués aux Anglais, le doute n’est plus permis : leur importance n’a pu en aucun cas échapper à aucun des Alliés.

C’est pourquoi, le même 2 mai, le général Gamelin ordonne au général Condé : « Entrez au Luxembourg. Départ urgent ! »

Le 3 mai, le colonel Oster de l’Abwehr dit à son ami, le colonel Sas attaché militaire néerlandais à Berlin, que le général Keitel en personne lui avait confié que l’attaque contre les Pays-Bas et la Belgique étaient prévues pour les tous prochains jours, sans doute à partir du 8 si le temps le permettait.

Toujours le 3 mai, Le pape Pie XII prévenu par le docteur Joseph Muller, représentant secret au Vatican du groupe de résistance de l’amiral Canaris, demande au Nonce apostolique à Bruxelles et à l’inter-Nonce à la Haye de prévenir les plus hauts responsables belges et hollandais : « l’offensive allemande est imminente ».
Date prévue : Entre le 8 et le 10 mai

Le 4 mai, le nonce apostolique prévient le roi des Belges, et deux jours plus tard le souverain pontife le confirme en personne à la princesse Marie-Josée qui en avisera son frère, le roi Léopold.

Le 5 mai, Mgr Maglione secrétaire d’État du Pape, adresse un télégramme chiffré aux nonces de Bruxelles et de La Haye, annonçant une offensive prochaine sur la Hollande et la Belgique, ce dont les souverains sont avertis.

La même information est confirmée par l’ambassadeur de Belgique au Vatican qui informe Bruxelles téléphoniquement.

Tous ces renseignements proviennent des généraux allemands démocrates.

– Le même jour, le vice-amiral Abrial, commandant la flotte Nord, est averti par l’attaché naval en Hollande. Il transmet l’information au GQG. Le général Giraud, qui commande la VII° armée, et premier concerné par le plan Breda, est également informé par Abrial,

Préventivement et, selon la version d’État « de leur propre initiative », les deux hommes ordonnent alors l’embarquement de troupes dans le cadre de la variante Breda, prévoyant d’amener un premier contingent de la VIIe armée, occuper les îles de Zélande, donc l’embouchure de l’Escaut, à la frontière entre Belgique et Hollande.

Sans doute avaient-ils l’intention de déclencher la guerre à eux seuls, en attaquant deux pays neutres …

Les 4, 5 et 8 mai, le Grand Quartier Général à Vincennes, ainsi que les chefs des 2ème et 5ème Bureaux de l’état-major du général Georges, reçoivent de Roessler de nouveaux renseignements confirmant l’imminence de la percée à Sedan et du coup de faucille en direction de la mer du Nord, ainsi que les derniers détails de l’opération. 
– Parallèlement, « une source sûre » fait savoir que le gouvernement hollandais a été avisé le 5 mai, par une très haute personnalité neutre, qu’une attaque allemande était à craindre à bref délai.

– La même source signale qu’un informateur, qui avait déjà annoncé l’invasion du Danemark, fait savoir que l’attaque contre la Belgique, la Hollande et le front Ouest était à prévoir dès le 8 mai au matin en cas de beau temps et, dans le cas contraire, dans un délai de quelques jours. » (Je précise qu’il s’agit de Roessler)

Fin de citation (Colonel Gauché le 2e Bureau au travail)

Nuit du 5 au 6 mai : Les SR français enregistrent : « Prochaine offensive générale, qui englobera les Pays-Bas. »

Dans la même soirée, le Major Sas attaché militaire hollandais à Berlin, informé par son ami le colonel Oster de l’Abwehr, alerte La Haye, que « l’invasion est pour demain ».

La Hollande prend des mesures immédiates (ponts minés, permissions supprimées)

Le 6 mai, le colonel Gauché précise que ses services sont informés que : « L’antenne du SR allemand de Stuttgart stationnée à Luxembourg se replie. Attaque prête. L’armée française, dit-on dans les milieux du commandement allemand, sera incapable d’arrêter les formations blindées en rase campagne ».
– Le même jour, le commandant Gustave Bertrand, agent du chiffre en charge de décrypter les messages les plus secrets de la Luftwaffe codés par la machine Enigma, avertit des préparatifs d’attaque sur les aérodromes français.

Un renseignement qualifié « de bonne source » par les SR, annonce à son tour : « Prochaine offensive générale qui englobera les Pays-Bas. »

Le même jour, le Pape en personne reçoit en audience privée le prince Humbert de Piémont et son épouse la princesse Marie-Josée de Belgique, pour leur confirmer ces renseignements. Celle-ci en avise son frère le roi Léopold de Belgique, qui transmet les mêmes renseignements aux gouvernements français et britanniques.

– Le soir, l’ambassadeur anglais au Vatican rend compte à son gouvernement : « le Vatican s’attend à une offensive allemande à l’ouest au début de la semaine. (-) Il se dit aussi à la Curie que les opérations peuvent s’étendre non seulement à la ligne Maginot, la Hollande et la Belgique, mais encore à la Suisse. »
– Enfin les mouvements de troupes allemands en direction des frontières du Luxembourg, de la Belgique et de la Hollande sont confirmés à tous les gouvernements. Soit au total 73 divisions concentrées sur la partie du front allant de Kleef à la Moselle.

Le 6 mai en soirée, le colonel Oster recontacte son ami Sas, attaché militaire hollandais à Berlin et lui dit que la date prévue pour l’attaque est le 8 mai. « Les forces allemandes sont en position d’attaque et pourraient déclencher l’offensive dans les 12 heures suivant l’ordre définitif. L’offensive sera probablement précédée d’un ultimatum aux capitales concernées, à très brève échéance. »

Celui-ci informe comme d’habitude l’état-major hollandais et le général Goethals, attaché militaire belge à Berlin.
Le 7 mai, les antennes du SR français au Luxembourg communiquent les objectifs exacts des parachutistes allemands.

Vers 10 heures, l’Auswaertige Amt (Office des affaires étrangères allemand) téléphone à l’ambassadeur de Hollande à Berlin pour demander d’urgence des visas diplomatiques pour quatre importants personnages officiels qui doivent partir pour la Hollande immédiatement. Parmi eux se trouvent Fritz Todt, le grand bâtisseur du Reich créateur de nombreuses autoroutes, Richard von Kuehlmann connu pour avoir été l’un des protagonistes du sévère traité de Brest Litovsk dicté à la Russie soviétique en 1918, et enfin un certain Kiewitz « envoyé personnel du Führer à la chancellerie du Reich ».

Il s’agit de la délégation qui devra porter un ultimatum à la Belgique.

– Peu après, toujours à Berlin, Leonardo Simoni ambassadeur d’Italie, reçoit de l’ambassadeur de Belgique un billet écrit au crayon l’avisant que des motifs sérieux l’obligent à croire inévitable et imminente une attaque contre son pays. Au cours de l’après-midi, note Simoni, « l’inquiétude croit encore. Une réception a lieu à l’ambassade de Suisse. Ce ne sont que des nouvelles désastreuses circulant de l’un à l’autre, visages défaits et bouleversés. Dans le bureau de l’ambassade d’Italie c’est une véritable procession d’officiers et de fonctionnaires agités qui apportent tous la même nouvelle : C’est la guerre totale qui s’annonce ! »

Toujours le 7 mai, l’agent britannique « Sator » confirme aux SR de  Londres la date du 10 mai, comme étant celle de l’attaque.

– À Paris, dans la salle de conférence du Luxembourg, l’ex-président du Conseil Pierre Laval, très entouré, parle de l’imminence de l’attaque allemande.

Notons ici que M. Laval, que nous retrouverons bien des fois au cours de cette enquête, semble parfaitement informé de la situation, même si selon la version officielle tous ses braves gens se trouveront très « surpris » au matin du 10 mai…

–  À 15h15, on supprime les permissions dans l’armée néerlandaise.

–  Dans la soirée, Oster informe son ami que « l’affaire est remise à plusieurs jours ». Le major Sas transmet immédiatement aux GQG hollandais et belges.

– Dans le même temps, les agents français au Luxembourg communiquent les objectifs exacts des parachutistes allemands.      
–  Les officiers de reconnaissance belges sont mis en pré-alerte. Chaque soir, on ferme les dispositifs d’obstruction, et un certain nombre de dispositifs de destruction sont amorcés.

– Enfin, concernant cette journée de branle-bas, le général Ruby témoigne que, contrairement à ce que prétendent les fanatiques de thèses « incompréhensibles »: « L’aviation a été alertée le 7 mai, par le général Vuillemin. » !
Ce qui, nous le verrons, permettra aux chasseurs français de tendre un piège aux bombardiers allemands au matin du 10 mai. [1]

Dans la nuit du 7 au 8 mai, un pilote français, le colonel François, revenant avec son escadrille après avoir lâché des tracts sur Düsseldorf, signale une colonne blindée ennemie longue de plus de 120 kms se dirigeant tous feux allumés vers la frontière belge. « L’officier fait promptement connaître son observation à ses supérieurs, la jugeant d’une importance capitale. Ils refusèrent de le croire. »  (Déposition de Daladier au procès de Riom)

Le 8 mai 1940, nous sommes deux jours avant l’attaque, deux dépêches chiffrées envoyées à Bruxelles par le vicomte d’Avignon ambassadeur de Belgique à Berlin apportent une nouvelle confirmation : la Wilhelmstrasse (ministère des affaires étrangères du Reich) a terminé de rédiger l’ultimatum en forme d’acte d’accusation qu’ils ont décidé d’adresser au Roi afin d’établir un semblant de légitimité à leur action, et l’attaché militaire affirme que l’ordre d’attaquer à l’ouest vient d’être donné par l’OKW.

Renseignement que le colonel Gauché témoigne avoir reçu : 

« l’arrivée prochaine à la Haye de trois fonctionnaires de la Wilhelmstrasse qu’on suppose porteurs d’une note ou d’un ultimatum. Ces renseignements, choisis parmi les plus importants, indiquent tous la même intention connue depuis de longs mois (c’est moi qui souligne) et situent l’évènement autour du 10 mai. »

En même temps, l’attaché militaire belge à Berlin câble que le commandement suprême allemand a diffusé l’ordre d’attaque.
À midi, le général Delvoie téléphone de Paris à la 2e section belge pour annoncer : « On croit à une attaque possible à bref délai sur le front : Grand-duché, Belgique, Hollande. Recoupement par ambassade. »

Plutôt étonnant ce message sibyllin au vu de la masse d’information à la disposition des SR français depuis avril, et apparemment la seule communication d’alerte officiellement enregistrée provenant du GQG français en direction de ses alliés belges.

–  Le même jour, le colonel Oster, annonce au major Sas le départ du Führer pour l’Ouest, en ces termes: «Le cochon est parti pour le front».
L’ambassadeur français au Vatican, Charles Roux, recueille le renseignement suivant : « Avant la fin de la semaine, les forces du Reich envahiront la Belgique, la Hollande et peut-être la Suisse. L’invasion de la Suisse n’est qu’hypothétique, mais les autres sont annoncées de source sûre. »

Dans ses souvenirs, il témoigne avoir télégraphié à Paris :
« Mon télégramme dût être à Paris dans la journée du 8. Je ne doute pas qu’il ait été communiqué au G.Q.G. de Vincennes, qui devait, du reste, être en possession d’indices concordants. »

Toujours, le 8 mai les observations aériennes des Alliés indiquent que de nombreux blindés et des troupes allemandes s’acheminent en direction du massif ardennais. 

L’alerte générale est déclenchée à 23h15 en Belgique. La France et la Grande-Bretagne en sont informées.

Les observations aériennes des Alliés indiquent que de nombreux blindés et des troupes allemandes s’acheminent en direction du massif ardennais. Il s’agit de la moitié de l’armée allemande, soit des centaines de milliers d’hommes, de chevaux et de véhicules.
Dans la foulée, le bulletin du 2ème Bureau informe le général Gamelin : Alerte en Hollande, suppression des permissions, rappel des permissionnaires, accentuation des mesures de mobilisation.
La radio commente largement la nouvelle et une dépêche de l’agence Havas signale que le président Roosevelt est rentré de Hyde Park plus tôt qu’il n’était prévu, « parce que la situation en Europe lui causait de l’inquiétude. » 
Le 9 mai, 75 divisions allemandes gagnent leurs emplacements de départ. Elles se déploient sur une largeur de 400 kilomètres et en profondeur jusqu’aux rives de la Weser et aux monts de Thuringe.

Il y a là 6 armées, 25 corps d’armée, 10 divisions blindées, 3 flottes aériennes, une division aéroportée et des unités de commandos ; soit environ deux millions d’hommes, attendant anxieusement le mot de code « Dantzig », qui leur permettra de s’élancer. 

Ce jour-là, à Bruxelles, après information fournie par un journaliste allemand, le directeur du service de presse du ministère des Affaires étrangères fait vérifier par la police que l’ambassade d’Allemagne est bien en train de détruire par le feu tous les dossiers.
L’informateur, a précisé que « Cela commence demain à 5 heures. (-) je ne veux pas être dans le bain. » Il prendra le train pour Aix la Chapelle dans l’après-midi.

Du Vatican, l’ambassadeur de Belgique rend compte par téléphone à son ministre des Affaires étrangères de l’imminence de l’attaque.

L’après-midi, un observateur clandestin avertit le PC des SR à Longwy de la mise en place de matériel de franchissement sur le Rhin, et le dernier message de Roessler et de ses amis officiers est transmis au GQG de Vincennes : « Attaque le 10 mai, dans la trouée de Sedan. Plan jaune maintenu. Cinquante divisions massées le long des frontières belges et hollandaises. Guderian et Hoth prêts à foncer sur Sedan. » La dépêche se termine par ces mots : « Tenez bon ! »

Dans la matinée le colonel Oster a informé Sas : « Cet après-midi, Hitler a fixé le déclenchement de l’offensive sur l’ensemble du front Hollande, Belgique, Luxembourg pour le 10 mai à l’aube. L’ordre peut encore être annulé, mais pas au-delà de 21 heures ce soir. »

Dans la soirée les deux hommes dinent ensemble pour la dernière fois et Oster confirme l’attaque pour le lendemain à l’aube.  
Le même soir, le général Ironside, chef d’état-major impérial de l’armée britannique, note dans son agenda personnel qu’il a bien reçu l’information selon laquelle : « Les Pays-Bas seront attaqués dans quelques heures par la Wehrmacht. »

Vers 20h30, la deuxième section de l’état-major général de l’armée française reçoit une communication téléphonique chiffrée de l’attaché militaire belge à Berlin, annonçant que l’invasion est prévue pour le lendemain à l’aube. Un contrordre demeure néanmoins possible jusqu’à 21 heures. Mais le colonel Georges rappelle vers 22h30 pour prévenir qu’aucune annulation n’était intervenue.
Vers 21h, la 2e section des SR belges reçoit un cryptogramme de Berlin en provenance du colonel Goethals : « Informateur habituel (c’est-à-dire Oster) : Le Führer a décidé aujourd’hui après-midi, déclenchement offensive générale sur front Hollande-Belgique-Luxembourg le 10 mai à l’aube. Un contrordre toujours possible ne pourra toutefois plus être donné après 21 heures pour raisons technique. Réserve d’usage. Activité aux abords OKW normale. »
À 22 heures, Oster ressort du Haut commandement de la Wehrmacht, il retrouve Sas, qui l’attend à l’extérieur : « Mon cher ami, cette fois, c’est vraiment fini, il n’y a pas eu de contrordre. » 
Information confirmée par le major Sas, à 22h35.

Immédiatement les Hollandais et les Belges rappellent la totalité du personnel de leurs quartiers généraux, et lancent l’alerte générale.
Les derniers permissionnaires sont rappelés, les ponts sont minés.
En Belgique vers 22 heures les observateurs aux frontières signalent les mouvements de troupes, révélateurs de l’imminence de l’agression.

Le même soir, le représentant du Service de Renseignement français à la Haye reçoit communication du même renseignement : « L’attaque aurait lieu dans la nuit. Objectif, la Hollande et Sedan ».

Il informe son gouvernement que « l’invasion est pour demain ».
À la même heure, les ministres belges du cabinet Pierlot se réunissent d’urgence au ministère des Affaires étrangères, et s’interrogent : Faut-il appeler immédiatement à l’aide la France et la Grande-Bretagne ? Finalement, ils décident d’attendre.       

Ce qui est compréhensible, ils ont donné l’alerte à leurs alliés, ceux-ci vont pouvoir se préparer, l’essentiel est fait. Autant laisser Hitler commettre la faute d’attaquer deux pays neutres.
Ce soir-là, à La Haye, le ministre de la Défense Dijxhoorn et les membres du cabinet de Geer se sont séparés vers 2h du matin.
Le ministre passera la nuit dans son bureau. Par mesure de sécurité, ses deux principaux collaborateurs logent déjà au ministère depuis quelques jours : « Il vaut mieux demeurer habillé a conseillé le ministre.  Le message reçu de Berlin est si affirmatif que nous devons être prêts à toute éventualité. »
22h20, l’ambassadeur de France au Luxembourg est prévenu de l’imminence de l’attaque « à quatre heures du matin » le lendemain 10 mai. La Grande Duchesse et sa cour font leurs bagages pour venir se réfugier en France.  
22h30, le 3e Régiment de Chasseurs Ardennais passe en état d’alerte.

22h35, le colonel Sas appelle le lieutenant-colonel Post Uyterweer attaché naval du ministre de la défense hollandaise, et sans préambule lui crie : « Post, vous reconnaissez ma voix, je suis Sas, à Berlin. Je n’ai qu’une chose à vous dire : Demain à l’aube ! Tenez bon ! Voulez-vous répéter ? Vous comprenez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? »
23h45, « POLUX », une antenne des SR français signale au Bureau central de la circulation, du capitaine Kleinman à Longwy :

« D’importants mouvements de troupes allemandes à la frontière germano-luxembourgeoise à Palzem ».

Le général Navarre témoigne que « Dans la nuit du 9 au 10 mai, les réseaux d’alerte, (postes radios confiés à des sympathisants et à des gendarmes luxembourgeois) mis en place par le SR français à la frontière germano-luxembourgeoise, se manifestèrent à partir de 23h45. L’alerte fut également donnée par les antennes de Lorraine de Belgique et de Hollande. »
À 23h30 aux Pays-Bas, la reine Wilhelmine et toute sa famille, descendent dans l’abri souterrain du palais royal, dans le même temps la marine et l’armée néerlandaise sont mises en état d’alerte et les destructions programmées.
En Belgique le 10 mai à 0 heures vingt minutes, le Grand quartier général donne l’ordre de se tenir prêt à faire jouer les destructions, et les 750 000 soldats belges sont alertés.        
À 0h30, l’ambassadeur de France à Bruxelles, Paul Bargeton téléphone à Paul Reynaud, qui cumule les charges de ministre des affaires étrangères et président du Conseil, pour confirmer l’attaque imminente.
À la même heure, au Luxembourg, l’armée est mise en état d’alerte. Le ministre de France téléphone lui aussi au Quai d’Orsay.

– 1h30, tous les postes de l’armée belge reçoivent le mot codé : «René». C’est l’alerte réelle ! Les divers régiments montent en ligne de la Meuse aux Ardennes, les aéroports sont alertés et le fort d’Eben-Emaël tire les six coups de canon réglementaires, pour confirmer le branle-bas de combat.  
– 2h50, la Grande duchesse de Luxembourg et son mari quittent la capitale et se dirigent vers la frontière française. C’est la route de l’exil, et de la résistance.     
À 3h du matin, l’action allemande se déclenche. Tandis que les parachutistes s’apprêtent à sauter sur leurs objectifs, les avions s’envolent pour aller bombarder les aérodromes alliés.

Peu après 3h, d’importants passages d’avions sont signalés en Belgique, en provenance de l’est. Les bombardiers allemands envahissent le ciel, la DCA tire. Dijxhoorn appelle personnellement le service central de garde aérienne. 

– 3h30, les services de la marine annoncent les premiers bombardements à Waalhaven et à Bergen. 

–  3h35 le réseau d’alerte luxembourgeois de Vernier signale la prise de possession des ponts sur la Sûre et la Moselle. Ils seront franchis une heure plus tard par la Wehrmacht.

–  3h45, en Belgique, l’ordre de mise à feu des destructions routières est transmis aux groupes d’artificiers de Saint-Vith, de Burg, de Reuland, de Gouvry et de Sommerain pour le secteur du 3e régiment de chasseurs ardennais. Les premiers ponts et routes sautent dans les minutes qui suivent.

Enfin, à 3h50 le GQG des forces terrestres hollandaises à Korte Voorhout annonce la poussée des Panzer en direction d’Arnheim et de Roermond, tandis, le colonel van Alphen sous-chef d’état-major, avertit le général Winkelman : « Franchissements de la frontière à Vaals et à Kerkrade. »

La France attend sereinement un choc inévitable

« Nous vaincrons, parce que nous sommes les plus forts » proclamait Paul Reynaud le 10 septembre 1939, alors qu’en tant que ministre de l’économie, il venait de relever les finances de la France.

Deux mois plus tôt, le 4 juillet, le général Weygand venait d’affirmer à Lille : « Je crois que l’armée française a une valeur plus grande encore qu’à aucun moment de son histoire : elle possède un matériel de première qualité, des fortifications de premier ordre, moral excellent et un Haut-commandement remarquable. »

En ces premiers jours de mai 1940, les tankers américains débarquent encore des tonnes de pétrole dans les ports français, les grandes raffineries tournent à plein régime, les réservoirs stratégiques construits spécialement sont pleins à ras bord, tout comme les dépôts d’approvisionnements et d’armement.

Des millions d’hommes, même si on les a contraints à se tourner les pouces pendant huit mois, savent que l’issue est proche et l’attendent avec une impatience partagée par toute la population : « Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! »

On retrouve la même détermination dans les usines qui tournent à plein rendement. Le président Daladier a confié à Raoul Dautry la mission de terminer le réarmement et fait taire toute contestation. L’union sacrée est faite. Il a éliminé depuis deux ans toute menace de sabotage ou de coup d’état civil, en s’attaquant au noyau dur formé par les chefs communistes aux ordres de Moscou, mais également aux forces réactionnaires d’ultra droite. Patronat et syndicats marchent, bon gré-mal gré, main dans la main et les députés communistes et de la droite nationaliste ont fini par voter d’un même élan les crédits nécessaires à un réarmement intensif.

Les réserves d’or sont suffisantes pour payer les armes commandées à l’étranger et assurer la production nationale.

Au 10 mai, chars, canons et avions sortent chaque jour par dizaines des usines réparties sur tout le territoire.     
La France est prête, et attend l’ennemi de pied ferme.

Toute la France ? …

À l’exception de l’armée française au grand complet, qui dort …

Officiellement, à Paris, il n’y a pas lieu de s’attendre à une attaque.

Le général Gamelin, commandant en chef des armées alliées parti se coucher vers 22h, dort sur ses deux oreilles dans sa forteresse de Vincennes et le Grand Quartier Général semble avoir été transformé en château de la Belle au Bois dormant …
Non seulement on n’a pas expédié un seul homme, pas un canon sur la ligne de front pour tenter de combler cette brèche dénoncée depuis des mois, mais tout le monde est en vacances !
C’est le weekend de Pentecôte et les permissions, logiquement suspendues le 14 avril, ont été rétablies le 26. Dans certaines unités jusqu’à 15 % des effectifs manquent à l’appel !

Les généraux Prételat et Billotte, responsables du front Nord depuis Dunkerque jusqu’en Alsace, le général Besson qui commande le 3e Groupe d’Armées stationné en Alsace du Sud, ainsi que le général Bourret qui commande la 5e Armée en Alsace du nord, sont absents.

Sur les 94 divisions françaises du front Nord-Est, 78 n’ont plus de chefs !

Absence de commandement qui n’a pas été sans inquiéter les Services Secrets. Pourtant le 9 mai, à l’état-major de l’Armée à Paris, lorsque le commandant Baril du 2e bureau suggère au général Colson, responsable des effectifs, de rappeler les permissionnaires, celui-ci lui fait cette réponse « surprenante » : « Rappeler les permissionnaires ? Pour quoi faire ? Ce n’est pas demain qu’ils auront à se battre ! L’Allemagne se désagrège ! »
(Cité par l’encyclopédie « La France contemporaine » – 1971)    

Tandis que les officiers allemands démocrates de l’OKH risquent leur vie pour assurer la victoire alliée, le même soir le général Huntziger, commandant la IIe armée sur laquelle portera tout le poids de l’attaque, est à son QG de Senuc et se prépare à aller sereinement inaugurer le foyer du soldat à Vouziers.

Le lieutenant-colonel Paquin, chef du 3e Bureau va l’accompagner. Tandis qu’il s’habille, un des hommes de son service, le capitaine de Lombarès, lui apprend qu’un ingénieur des Ponts et Chaussés belge vient de l’informer que l’attaque allemande est attendue pour le lendemain à l’aube.

Réponse de Paquin : « Bon, mettez-moi tout cela par écrit… »

Avant son départ, Huntziger s’arrête au PC du 18e Corps d’armée à Dun-sur-Meuse et entre au troisième bureau, où veille le commandant Rollot. Ce soir-là, Rollot note sur son carnet de route : « vers 20 heures, le Général Huntziger passe à mon bureau. Je lui dis que nos aviateurs ont pris des photos sur la Sûre, que de multiples passerelles y apparaissent tout récemment construites. Le général me répond qu’il ne peut s’agir que d’exercices et il ajoute, un peu vivement : « Les Allemands ne sont pas fous ! Ils ne vont pas risquer de se mettre en ce moment les 26 divisions belges sur le cul en violant la Belgique ! » Puis il emmène son staff à Vouziers, à 50 kilomètres de Sedan, pour assister, en grande tenue de soirée, au cinéma Stella, à une représentation du théâtre aux armées : 20 chansons animées, mises en scène par Xavier de Courville suivies de la comédie : Le mariage forcé, pièce de Molière en un acte.

Il rejoindra son quartier général à Senuc le 10 mai, à deux heures du matin.

Quant au général républicain Corap, commandant la IXe armée également concernée au premier plan, il est à son poste. Réveillé à 4h45 par les sirènes d’alerte de son QG de Vervins, il rejoint son bureau avec son ordonnance le capitaine Audigier et fait réveiller ses hommes à la hâte.

Pourtant, l’ordre d’alerte N°3 ne lui parviendra qu’à 6 heures du matin et l’ordre de mise en route ne sera donné qu’à 6h30.

Le temps de réveiller les troupes et de les préparer, la plupart des grandes unités ne bougeront pas avant midi. Soit douze heures de retard, aux mieux, pour les plus légères !

Alors que chaque minute compte …

Et ce scénario, se reproduisant sur tout le front, pénalise lourdement la manœuvre Dyle-Breda qui prévoyait de bloquer au plus vite et au plus loin, l’avance allemande. 

Ainsi, les premières divisions : 3e DLC, 1ère Brigade de Spahis, et 5e bataillon de chars de combat (BCC) qui devaient entrer au Luxembourg dès la violation de la neutralité du territoire, n’y pénètreront qu’à partir de 7h30, soit quatre heures après l’attaque, pour se retrouver presque immédiatement face aux éléments avancés de la Wehrmacht. « L’aide » française s’arrête ainsi à quelques kilomètres seulement de la frontière.

Selon certains auteurs qui semblent trouver cela tout à fait normal, les Services de renseignement n’auraient donc informé de rien les plus hauts responsables français.

Pourtant, outre les renseignements fournis par ses SR, difficile de prétendre que le généralissime ne s’y attendait pas un peu, puisque dès le 16 décembre 1939, alors qu’il reçoit à Vincennes son ami Jules Romain, il lui confie : « J’imagine que la période d’immobilité actuelle sera rompue par une action dans laquelle on jouera le tout pour le tout… La décision se produira alors bien plus vite qu’on ne le croit… Oui, ce sera rapide et terrible ! »
Et lorsque Romain l’interroge quant à la date probable, son ami lui répond franchement : « La fin de janvier n’est pas hors de question. » Puis après réflexion : « Mai. Oui, mai. C’est plus probable. »
Et tout aussi difficile pour lui et ses généraux d’ignorer, la veille, les principaux titres des quotidiens parisiens : Le 9 mai Le jour écho de Paris, annonce : « Alerte aux Pays-Bas. Une véritable atmosphère de mobilisation en Hollande. Des précautions spéciales ont été prises sur les côtes. La population est calme. La Hollande aura ainsi, après le rappel des pensionnaires sous les drapeaux, l’armée la plus nombreuse qu’elle ait jamais possédé au cours de son histoire. » Le Journal affiche en première page : « La Hollande qui mobilise toutes ses forces, attend, sûre d’elle-même, les événements. » 
Quant à la blague qui court dans l’armée, elle résume assez bien le sentiment général :  
–   Tu as vu, les Hollandais ont rappelé les permissionnaires ?
–   Heureusement qu’on n’est pas Hollandais… »

Ces quelques faits, connus de tous, illustrent ce que certains décrivent comme une « vision inexplicablement mal appropriée des évènements ».  Admirable euphémisme …

Le roi du conte s’éveille enfin

C’est donc, à 6h 30, que serait enfin apparu le général Gamelin.

Selon Minart : « Son visage ne décèle aucune émotion apparente, aucun trouble intérieur. Le commandant en chef a gardé ce calme souple et cette affabilité un peu doucereuse qui ont tant contribué à donner à sa personne ce charme de séduction, auquel ceux qui n’avaient avec lui que des contacts superficiels ou mondains, ont su rarement résister ».        
Tout guilleret après une sereine nuit de repos, il envoie alors l’élite des forces alliées au secours de la Hollande et de la Belgique. En plein dans le traquenard qu’il est censé parfaitement connaître même si, aujourd’hui encore, les historiographes du monde entier s’obstinent à feindre ignorer les renseignements sûrs et recoupés, dont dispose son état-major.

Un des problèmes que nous posera cette enquête sera donc de définir dans quel mesure le chef suprême des armées alliées, – dont le cerveau était gravement atteint par les effets dévastateurs de la syphilis et qui était soigné dans le plus grand secret à l’hôpital militaire du Val de Grâce – fut ou non, instruit des évènements par la garde rapprochée de ses officiers d’état-major l’entourant jour et nuit dans son château de Vincennes, contrôlant les visiteurs comme, peut-être, les informations qu’il convenait, ou non, de lui transmettre. Ce qui autoriserait à penser que Gamelin, placé à la tête de l’Armée par Pétain et maintenu à son poste par Daladier, pourrait avoir été la marionnette qui convenait pour endosser la responsabilité de la défaite.

Donc, pendant que celui-ci, semblant totalement inconscient des réalités va, en sifflotant, donner l’ordre à ses meilleures divisions de se jeter dans le « piège belge », les colonnes blindées allemandes du groupe d’armées A, devenues « invisibles » marchent vers Sedan. 

[1] Voir les détails de ce piège tendu à la Luftwaffe dans les tomes 2 et 5 de la série Le Grand mensonge du XXe siècle.

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